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vendredi 20 mars 2026

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1ER SEMESTRE CONTRASTÉ POUR LES REFINANCEMENTS SUR EURONEXT

▶️ 4 min

BiotechFinances n°949 28 6 2021 – Une quinzaine de biotechs et medtechs françaises se sont refinancées en Bourse depuis le début de l’année, levant en cumulé près de 500 M€. Pour la première fois, les investisseurs européens n’ont pas manqué ce rendez-vous, offrant aux émetteurs une profondeur de marché proche de celles des américains. Mais derrière les têtes d’affiches, le parcours s’avère chaotique pour une partie du secteur constitué de sociétés trop jeunes dans leur développement, trop fragiles financièrement, pour l’univers impitoyable des marchés. Retour sur les principales opérations et les perspectives de rentrée.

« Une année honnête et décente ». Le bilan des six premiers mois de 2021 en termes de financements boursiers pour les biotechs et les medtechs ne restera pas dans les annales selon Hervé Ronin, associé « healthcare » chez Bryan, Garnier & Co

Davantage de profondeur de marché

Les professionnels s’attendaient tous à un bon millésime pour cette période post-covid, mais « au final, il n’y a pas eu tant de dossiers que cela qui ont abouti », regrette le banquier. « Une quinzaine environ, parmi lesquels figurent néanmoins de belles opérations », reconnaît-il.

À commencer par l’augmentation de capital de 114 M€ de Carbios en mai. La biotech verte dont la technologie permet la destruction des plastiques par des enzymes a, en effet, séduit de nombreux fonds d’investissements socialement responsables. Au même moment, Valneva, le spécialiste des vaccins, est parvenu à lever 89 M€ à l’occasion de son IPO au Nasdaq. Et trois autres placements privés ont dépassé 30 M€. Ils sont signés Carmat pour financer son cœur artificiel, Gensiht en vue de la commercialisation en Europe de sa première thérapie génique dans la NOHL (Lire Biotech Finances n° 938 du 5 avril 2021 « Gensight dernier tour à Paris ») et enfin Transgène dernière opération en date cette semaine (Lire page 5).

« Une grande partie de ces titres ont été placés auprès d’investisseurs européens » souligne Hervé Ronin, « ce qui démontre que le marché est en train de prendre un peu plus de profondeur, rivalisant avec les sommes levées aux États-Unis », se réjouit-il. L’afflux de liquidités dans la santé dans le contexte pandémique a donc eu un effet bénéfique sur l’eco-système et permet aujourd’hui d’envisager des opérations de taille plus importante en Europe.

Les covid recovery story préférés à la santé

Néanmoins derrière les têtes d’affiches, la réalité est moins enthousiasmante. Et plusieurs opérations de refinancements n’ont pu se réaliser faute d’intérêt des investisseurs. « Certes depuis deux mois les indices boursiers montent, mais ce sont surtout les autres secteurs qui bénéficient de la hausse. Avec la perspective d’une reprise de l’économie, les gérants se sont lancés dans la chasse au covid recovery story au détriment des valeurs de la santé », explique Hervé Ronin.

Conséquence, pas mal de préplacements échouent entraînant le report des opérations. Certaines sociétés ont cependant un besoin urgent de trésorerie pour poursuivre leur activité. Et faute d’accès au marché de capitaux, elles se tournent alors en dernier recours vers des solutions alternatives de financement en fonds propres (1). Le cas le plus récent et sans doute aussi le plus emblématique par sa taille est celui de Pharnext. La biotech a obtenu 80 M€ via l’émission d’Oceanes mais la conversion de ces titres va diluer de 60 % ses actionnaires. A l’arrivée ce type de financement pèse lourd sur la dynamique de cours.

Le retour timide des IPO

Du côté du marché primaire, on assiste cette année au retour des introductions en bourse dans la healthtech. Il n’y en avait plus depuis 2018 ! Au total, 5 entreprises sont venues se faire coter sur Euronext Paris : trois biotechs (Medesis, Pherecydes (Lire Biotech Finances N° 928 et 929) et bientôt NFL Biosciences dont l’offre est en cours), ainsi que deux medtechs (Affluent Medical et Theravet (Lire Biotech Finances N° 945 du 31 mai 2021). Ensemble, ces cinq entreprises ont levé seulement 53 M€, dont près de la moitié collectée par Affluent. Résultat, l’essentiel des actions offertes se retrouvent entre les mains de petits porteurs car il s’agit souvent d’entreprises trop jeunes pour intéresser les institutionnels. Or, « en bourse c’est structurellement très compliqué de se développer avec un flottant inférieur à 30-40 M€ et même ainsi la liquidité du titre est difficile à obtenir », confirme Hervé Ronin.

En attendant on devrait revoir à la rentrée, les dossiers qui ont tourné au printemps mais ne se sont pas matérialisés, sur le marché primaire (IPO) ou secondaire (augmentation de capital). « La visibilité est réduite mais nous pensons que la reprise de la vie économique et des affaires après 1 an et demi de trou d’air pourrait soutenir l’activité et stabiliser un peu les cours en septembre », estime l’associé de Bryan Garnier. Par ailleurs, « une fois épuisée la thématique d’investissement des recovery, les portefeuilles des gérants vont se structurer et revenir aux fondamentaux », conclut-il.

LES ADS, SEULE VOIE D’ACCÈS AUX POCHES PROFONDES

Alors que la plupart des groupes du CAC 40 ont racheté dans les années 2000, leurs American Depositary Shares (ADS) cotés à Wall Street, parce qu’ils les jugeaient trop peu liquides par rapport à leur marché de référence à Paris, ces titres retrouvent une nouvelle jeunesse auprès des biotechs françaises.Elles sont donc neuf biotechs françaises à avoir opté pour une double cotation Euronext/ Nasdaq (cf tableau). Face aux faibles valorisations européennes et à la pénurie d’investisseurs spécialisés, c’était aussi le seul moyen d’atteindre des poches de capital profondes. « Si vous êtes un groupe du CAC 40 vous êtes suffisamment connus pour attirer dans votre capital les fonds de pensions américains et autre géant anglo-saxons de la gestion. Mais ce n’est malheureusement pas le cas des small et mid caps européennes dont les valorisations passent sous les radars US », explique Hervé Ronin. Dans ces conditions, la cotation au Nasdaq via des ADS leur permet de lever des sommes importantes. « On a l’habitude de dire que lever entre 50 et 75 M c’est jouable en Europe mais pour aller chercher 100-150 M une cotation américaine est nécessaire », ajoute-t-il. Ensemble, les 9 biotechs françaises qui ont franchi l’Atlantique ont levé au Nasdaq plus d’1 Md$, la moyenne des opérations se situant autour de 130 M$ soit environ 109 M€.

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