Cette medtech française vise un lancement commercial de sa technologie de tri et de lavage cellulaire dès l’an prochain.
Aenitis Technologies, une medtech développant une technologie « qui améliore la fabrication des thérapies cellulaires » vient de lever cette semaine 6,5 M€ – dont 3,5 M€ en fonds propres. Elle annonce l’entrée à son capital du Fonds du Conseil Européen de l’Innovation (EIC), accompagné par la Banque Européenne d’Investissement, ainsi que du fonds Quadrivium I, géré par Seventure Partners, Mifani Invest, Stamos, Weaving Invest, suivis par « quelques business angels » et les fondateurs de la société.
« Depuis notre création, nous avons collecté 14,5 M€ en financements dilutifs et non-dilutifs », explique Emmanuel Vincent, PDG et cofondateur d’Aenitis, qui dispose de 14 familles de brevets et fait désormais partie des 54 entreprises françaises (sur un total de 218 en Europe) figurant dans le portefeuille de l’EIC. Aenitis a obtenu pour moitié des financements publics, en grande partie non dilutifs, lors de levées successives autour desquelles l’entreprise n’avait guère communiqué jusqu’à présent. L’entreprise, qui dispose de 14 familles de brevets, profite ainsi du caractère souverain conféré à la bioproduction pour s’attirer les faveurs des financeurs.
Des avantages significatifs pour la biomanufacturation
« Notre travail consiste à développer et à commercialiser des dispositifs pour la préparation des produits de biothérapie. Notre technologie est fondée sur l’acoustique. Nous utilisons cette force pour déplacer les cellules dans un canal, permettant ainsi de les manipuler délicatement, de les isoler, de les trier et de les concentrer en fonction de leurs caractéristiques, comme leur taille ou leur densité, avant des étapes critiques telles que la congélation« , détaille le dirigeant de cette société spin-off du CNRS et de l’ESPCI Paris.
Si les propriétés de la force acoustique sont connues, elles distinguent Aenitis des technologies concurrentes qui utilisent soit les forces gravitationnelles et/ou la filtration, lesquelles, selon Aenitis, génèrent « un stress mécanique sur les cellules« , soit des approches microfluidiques, « qui ne permettent de traiter que quelques millilitres par heure, alors que notre produit phare, baptisé Mitis (une marque déposée, ndlr), permet de traiter, sans perte cellulaire, jusqu’à 40 ml par minute, que ce soit dans des applications de tri, d’isolement ou de concentration cellulaire. »
Pour mettre au point sa technologie, le groupe – qui fait fabriquer Mitis en France par le groupe Mora – a notamment travaillé avec l’Établissement Français du Sang. Il vise les marchés européens, américains et asiatiques.
« Nous sommes actuellement en phase de finalisation du développement, d’optimisation des lignes de production et de perfectionnement de nos offres pour répondre aux normes les plus strictes. Notre technologie présente des avantages significatifs pour la biomanufacturation, tels que des rendements accrus, des coûts de traitement réduits et une qualité cellulaire améliorée« , vante Emmanuel Vincent.
Sur le plan financier, l’entreprise dispose de deux ans et demi de trésorerie. Sa clientèle sera composée d’unités de thérapie cellulaire dans les CHU, mais aussi de l’industrie biopharmaceutique, des CDMO, et, bien sûr, du monde de la recherche.
Guillaume Mollaret





