(BiotechFinances n°959 lundi 4 oct 2021) L’initiative TIBI est excellente mais elle ne sera un succès que si elle peut s’adosser à un écosystème bien avancé avec de belles start-up solidement épaulées pour éventuellement devenir de futures licornes. Voilà un sentiment partagé par les fonds d’amorçages, acteurs inspirés de la fertilisation nationale. Advent France Biotechnology est de ceux-là. La société de capital-risque, pilotée par Alain Huriez et Matthieu Coutet vient d’annoncer le premier closing de son second fonds à hauteur de 86 M€ – contre 65 M€ pour le véhicule initial – sur un objectif final de plus de 100 M€. Dans ce nouveau véhicule se retrouvent les partenaires traditionnels que sont le Fonds Européen d’Investissement, le Fonds National d’Amorçage 2 géré par BPI France, Boeringher Ingelheim Venture Fund, quelques family office fidèles et nouveaux qui représentent entre 10 et 20% du montant total et aussi le management plus fortement impliqué encore que dans le fonds 1. Les souscripteurs historiques sont rejoints par Pierre Fabre et un groupe pharmaceutique chinois de premier plan en termes de chiffre d’affaires et de nombre d’employés qui n’a pas souhaité se dévoiler.
L’humain en priorité
« Les succès et l’expérience acquis au fil des années d’investissement nous ont appris que l’humain était une donnée clef dans nos dossiers, » note Matthieu Coutet. « Les datas sont fondamentales certes, mais le lien que l’on parvient à créer avec les personnes accompagnées, leur capacité à réagir en période de stress ou de difficulté seront plus que jamais au coeur de notre focus de sélection des projets. », ajoute-t-il.
Tickets moyens de 6 à 7 M€
Au total, ce second fonds soutiendra une quinzaine de dossiers – comme le premier – mais avec des tickets moyens plus élevés de 6 à 7 M€. Il sera majoritairement investi en France en Europe avec une attention sans doute particulière pour la Belgique et l’Espagne ou AFB a ouvert un bureau au printemps dernier. Deux investissements seront annoncés avant la fin de l’année. « Le fait d’avoir un plus gros fonds nous permettra de rester en ligne avec les tours de table en seed ou des séries A qui ont tendance à prendre plus d’envergure. Nous pourrons aussi consolider notre positionnement au sein des sociétés investies, » souligne Alain Huriez qui précise : « nous resterons bien sûr dans le thérapeutique, notre cœur de cible et par ailleurs, pour des secteurs sur lesquels nous pourrions avoir moins d’expérience, nous privilégierons la syndication avec des spécialistes ».
Les américains à l’affût
Des sociétés mieux capitalisées dès le départ, capables de générer plus de datas et d’attirer un management plus capé constitueraient parallèlement un signal fort envoyé vers les Etats-Unis. « Les investisseurs américains, on le sait, s’intéressent de plus en plus au territoire européen » observe Matthieu Coutet. Autant donc exciter leur appétence avec des dossiers plus consistants dès le départ. Et cette approche stratégique pourrait servir au-delà à convaincre les fonds de fonds français à s’engager davantage dans l’amorçage. Une situation qui distingue encore à ce jour les fonds français de leurs homologues scandinaves, allemands, belges ou encore espagnols qui, pour des montants similaires de 100 M€, sont beaucoup plus soutenus par des financements privés.





