(BiotechFinances n°979 du 14 mars 2022) Lyse Santoro, Franck Mouthon et Jean-Christophe Dantonnel. Trois candidats connus pour un seul fauteuil, celui de la direction générale de l’Agence de l’Innovation en Santé (AIS).
Cette future organisation née des préconisations du CSIS au printemps 2021 après synthèse des témoignages collectés tant auprès des associations professionnelles représentatives dont France Biotech que de nombreux autres professionnels engagés dans le secteur de la santé est le siège de fébriles impatiences. Le nom du patron ou de la patronne sera connu sous peu. Sa désignation a pris – dit-on – du retard en raison du conflit Russo-Ukrainien. Mais un collège de personnalités dont nul, sauf quelques initiés, ne saurait dire ni le nombre, ni les qualités est à la manœuvre. Ce « groupe de sélectionneurs » aurait été constitué par les 3 ministères concernés, celui des Solidarités et de la Santé, celui de l’Économie, des Finances et de la Relance et de sa déléguée chargée de l’Industrie et de l’Enseignement supérieur et enfin celui de la Recherche et de l’Innovation. La recherche d’opacité reste décidément une marque de fabrique systémique. Viendra ensuite et très certainement l’arbitrage final du ministre ayant le plus de poids dans ce dossier. Jusqu’à ces dernières semaines, avant que ne soit annoncée la nomination de Bruno Bonnell en tant que secrétaire général pour l’investissement en charge de France 2030 et des plans d’investissement d’avenir, un calme relatif régnait autour du dossier AIS. Mais depuis, l’affaire censée être gérée à l’aune de la froide logique des serviteurs de l’Etat dans les couloirs feutrés de la haute administration, connaît des débordements d’intrigues et d’ambitions. Les noms des trois candidats* ont filtré – nos confrères de la lettre A s’en sont fait l’écho – et les passions pour ou contre sont au pinacle.
Un outil d’influence hors normes
La mission de l’agence est connue. Au centre de l’articulation du plan Innovation Santé 2030 elle doit doter la France d’une stratégie et d’objectifs à court et à long terme, avec tous les acteurs de la recherche et de l’innovation. Elle sera en deuxième lieu le guichet unique des porteurs d’innovation et permettra un accompagnement personnalisé des entreprises en forte croissance ou dont l’empreinte industrielle en France est significative. Son rôle sera enfin de poursuivre le pilotage du plan Innovation Santé, en lien avec le comité de suivi. Il est aisé d’imaginer la sphère d’influences dont cet outil jouira tant au niveau national qu’européen.
Chacun des trois candidats dispose d’arguments de poids et coche des cases de valeur pour monter sur la plus haute marche du podium. On y trouve notamment la connaissance des us et coutumes des administrations centrales, expérience ministérielle, direction d’entreprise de biotech et medtech, ou d’association professionnelle. Il sera donc difficile de les départager à moins finalement que d’autres lignes de forces prévalent. L’importance des vainqueurs se mesure souvent au nombre de leurs ennemis. En coulisses d’aucuns évoquent la parité pour faire pendant à la nomination de Bruno Bonnell et misent sur Lyse Santoro, certains soulignent la proximité de Franck Mouthon avec Olivier Véran, et d’autres encore parient sur la position privilégiée de Jean-Christophe Dantonnel roué au fonctionnement des agences gouvernementales. Faut-il exclure l’arrivée d’un outsider ? Rien n’est joué et dans tous les cas honor victori !
* Lyse Santoro, DG de THAC et personnalité qualifiée du CSIS 2021.
Franck Mouthon, DG de Theranexus et président de France Biotech
Jean-Christophe Dantonnel, directeur du programme santé, biotechnologies au SGPI.






