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samedi 21 mars 2026

1150-20-03-2026

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ANDERA LIFE SCIENCES : LES SECRETS D’UNE RÉUSSITE

▶️ 8 min

Devenu en deux décennies l’un des premiers fonds européens en Life Sciences, Andera Partners mise sur des profils complémentaires et multiculturels pour perpétuer sa croissance.

En un peu plus de 22 ans, Andera Partners a déjà connu plusieurs existences. Créée en 2001 au sein du Groupe Edmond de Rothschild sous le nom d’EdRIP (Edmond de Rothschild Investment Partners), la société de gestion lance son premier fonds BioDiscovery 1 la même année, pour 26 M€. « Nous avions à l’époque co-créé ce fonds avec l’Institut Pasteur, en vue d’accompagner ses spin-offs, rappelle Raphaël Wisniewski, associé chez Andera Partners, présent dès les premiers pas de l’équipe d’investissement. L’un de nos premiers deals a ainsi concerné Cellectis, spécialisé en cancérologie, aujourd’hui côté sur Euronext. »

Des encours doublés depuis son indépendance

Trois ans plus tard, l’équipe franchit un premier cap en lançant un second fonds de 80 M€, collectés auprès d’institutionnels (mutuelles, instituts de prévoyance et BPI) majoritairement. Sous l’impulsion notamment de Gilles Nobécourt (qui vient de prendre sa retraite), elle passe d’un statut de fonds minoritaire « suiveur » à celui de chef de file, grâce à des tickets d’investissement plus élevés. Une politique couronnée de succès lors de la cession d’U3 Pharma aux Japonais Daiichi Sankyo en 2008, pour 150 M€.

Au fur et à mesure, les fonds se succèdent (voir encadré) et la société de gestion s’agrandit pour atteindre une quarantaine de collaborateurs et près de 2 Mds € sous gestion. En 2018, une petite trentaine de collaborateurs et d’associés reprennent alors les 51 % de la société détenus par Edmond de Rothschild en même temps que leur indépendance. La nouvelle société est baptisée Andera Partners, en référence à ce collectif (and) et à la nouvelle période qui s’ouvre (era). Depuis la levée de son fonds BioDiscovery 5 (345 M€) en 2017, l’activité Life Science de la société de gestion autonome – qui représente environ un quart de l’activité totale d’Andera Partners – devient l’une des plus importantes en Europe. Sans rien changer de sa recette initiale, ses encours ont ainsi doublé en un peu plus de 5 ans, à 4,1 Mds€ sous gestion.

Une question de timing

« Nous avons bien entendu bénéficié de l’accélération de l’investissement dans la santé depuis quelques années et de la crise du Covid, concède Raphaël Wisniewski. Mais nous avons aussi su conserver une grande cohérence dans notre politique d’investissement, ce qui nous a permis d’enchaîner une cinquantaine de belles sorties industrielles et d’IPO en Europe et aux États-Unis, comme l’illustrent encore récemment la participation au placement privé d’Inventiva, la cotation d’Abivax au Nasdaq fin 2023, la cession d’Amolyt Pharma à AstraZeneca au 3e trimestre 2024 pour plus d’un Md$, ou encore celle de JenaValve à Edwards Lifesciences en juillet. »

Pour cela, Andera Life Sciences n’a jamais dévié de ses thèses d’investissement : deux tiers en biotechnologie et un tiers en medtech, dans toute l’Europe, à tous les stades de maturité mais de préférence à des stades de preuve de concept du produit, à l’image de l’investissement de série A de 63 M€ dans SciRohm (maladies auto-immunes) en juillet dernier, ou dans la série B de 118 M$ de Mineralys Therapeutics, spécialisé dans l’hypertension, en juin 2022, tous deux au sein du fonds BioDiscovery 6 (456 M€), ou encore de la cession d’Amolyt Pharma, en phase 3, mi-2024. « L’innovation médicale crée nécessairement de la valeur car elle s’avère indispensable pour adresser les besoins croissants des patients. Mais il faut de la patience pour pouvoir trouver le bon timing, en particulier pour les sociétés les moins matures, qui peuvent parfois au départ présenter davantage de risques que de revenus », explique Raphaël Wisniewski. Avec les mêmes principes, Andera Life Sciences prépare actuellement une nouvelle levée de fonds (au-dessus de 500 M€) pour le lancement de son septième fonds en 2025.


2001 BioDiscovery 1 : 26 M€

2004 BioDiscovery 2 : 80 M€

2008 BioDiscovery 3 : 155 M€

2012 BioDiscovery 4 : 192 M€

2017 BioDiscovery 5 : 345 M€

2021 BioDiscovery 6 : 456 M€


PORTRAITS DE PARTNERS

Très hétérogène en termes de formation, de nationalité, d’âge ou de genre, l’équipe actuelle d’Andera Life Sciences doit son succès à ce multiculturalisme renforcé par des bureaux à Paris, Anvers, Milan et Munich. « Nous devons être en phase avec notre secteur, qui est complètement global », affirme Olivier Litzka, associé. « Cette dimension européenne rassure les co-actionnaires et apporte de la sécurité, en particulier en Europe où chaque pays est trop petit, à la différence des États-Unis où le marché intérieur peut parfois suffire. »

Jan van den Bossche, le spécialiste de la valorisation

« Mes investissements sont guidés par une stratégie financière claire, avec des perspectives de sorties déterminées. »

C’est le dernier arrivé dans l’équipe des associés. Économiste de formation, Jan van den Bossche rejoint d’abord la banque d’affaires belge Degroof Petercam après une thèse à l’Université de Louvain sur… la valorisation des biotechs. Au début des années 2000, il participe au développement de ce secteur au sein de l’établissement, en pleine émulation à la suite des discours de Bill Clinton et Tony Blair prônant l’accès libre au génome. Douze ans plus tard, après un passage chez le chimiste néerlandais DSM, il devient l’un des 4 associés du nouveau fonds de capital-risque belge Fund + (125 M€), en 2015. « Avec la particularité d’investir très en amont, avec une durée indéterminée, auprès de family offices en Flandre et en Belgique, nous avons connu de belles réussites, avec la cession de la biotech wallonne Ogeda au géant japonais Astellas Pharma pour 800 M€, le partenariat d’iTeos Therapeutics avec GSK, ou, plus récemment, la vente de l’Allemand Cardior à Novo Nordisk pour 1,1 Md€ », précise-t-il.

Recruté par Andera Life Sciences début 2022, il y apporte son réseau dans tout le Benelux et l’Allemagne, et s’intéresse en particulier aux domaines de la thrombolyse (AVC), de l’oncologie, de l’immunologie et du cardio-métabolique. « L’investissement doit, pour moi, toujours être une combinaison de 3 facteurs : une science solide, validée par la société ou par des concurrents en avance clinique selon que l’on se place dans une logique stratégique de first-in-class ou de best-in-class, une équipe expérimentée capable de transposer des études pré-cliniques en clinique, et une stratégie financière claire avec des perspectives de sorties déterminées », précise l’associé.

Aneta Sottil, l’œil sur les medtechs

« En 2017, après le Brexit, la France est devenue plus attrayante. »

Associée depuis 2024, cette franco-polonaise polyglotte (elle parle également l’anglais et l’espagnol) est plongée dans le grand bain du secteur dès le début de son parcours, alors qu’elle participe en 2006 à l’acquisition de Guidant par Boston Scientific pour 27 Md$ ! Ce mega deal marque le début d’une carrière de près de 20 ans dans la santé, en M&A, chez Bank of America à New York d’abord, puis chez Rothschild à Londres, de 2008 à 2013, avant d’intégrer le family office londonien Norgine Ventures, de 2013 à 2018. « Cette expérience m’a permis de réaliser divers investissements en dette et en equity dans des medtechs et biotechs européennes, plus petites et précoces », résume-t-elle. Puis en 2017, après le Brexit, la France est devenue plus attrayante, au moment même où Andera lançait son cinquième fonds, le plus important dans les sciences de la vie en Europe… »

Son profil financier très anglo-saxon vient alors renforcer l’équipe multiculturelle d’Andera Life Sciences. « Du fait de mon parcours, j’ai un intérêt particulier dans les medtechs, comme l’illustrent ma dernière levée de fonds de 196 M€ en syndicat pour Kestra Medical, en juillet 2024, ou encore, précédemment, l’opération avec Fire 1, ajoute la dynamique associée. J’interviens généralement dans des entreprises où un point d’inflexion majeur de création de valeur – comme la première preuve d’efficacité chez l’humain – peut être atteint dans un délai de 3 à 5 ans. Mais j’investis également en financement growth ou late-stage pour soutenir des sociétés plus matures, capables de mener leur développement jusqu’à des phases avancées. »

Sofia Ioannidou, la scientifique touche-à-tout

« Au-delà du retour financier, je m’intéresse aux découvertes scientifiques transformatrices qui ont un vrai impact pour la vie des patients. »

En dix ans, elle a gravi un à un tous les échelons de la société de gestion. Arrivée dans l’équipe d’Andera Life Sciences en tant que chargée d’affaires en 2009, cette chercheuse surdiplômée (PhD en biologie cellulaire du Cancer Research UK et Master en biochimie à Oxford) a été promue associée en 2019. D’origine grecque, Sofia Ioannidou a beaucoup voyagé : elle quitte son pays à 18 ans pour suivre ses études en Angleterre, avant de débuter sa carrière à Boston, en R&D, chez Eyetech Pharmaceuticals, de 2003 à 2006. « À la fin de ma thèse, j’ai tout de suite été passionnée par les aspects business des biotechs », s’amuse la jeune associée. « C’est pour cela que j’ai ensuite rejoint LEK Consulting en Life Sciences, à Londres jusqu’en 2008, pour conseiller des sociétés de capital-investissement ou de grands labos pharmaceutiques dans leurs acquisitions. »

En une décennie au sein d’Andera Partners, cette chercheuse a touché à tous les domaines – oncologie, Alzheimer, maladies respiratoires ou encore valves cardiaques – et s’intéresse actuellement aux domaines de l’inflammation et de l’IA appliquée à la biologie. « Personnellement, en raison de mon parcours scientifique, je m’intéresse particulièrement, au-delà du retour financier, aux découvertes scientifiques transformatrices qui ont un vrai impact pour la vie des patients », concède-t-elle. Au-delà de la science, ses investissements reposent notamment sur la qualité des porteurs de projets. « Mais l’équipe parfaite n’existe pas, surtout dans les sociétés précoces », prévient-elle, réaliste. « C’est pourquoi nous insistons beaucoup sur la structuration des équipes : par notre présence au board, aux comités de rémunération et de recrutement, nous travaillons ainsi à constituer l’équipe la plus optimale, en fonction du stade de développement et des ambitions. »

Olivier Litzka, le pilier académique

« J’aime l’impact que les médicaments peuvent avoir sur la vie des gens, mais aussi l’approche complémentaire – mécanique ou physique – des dispositifs médicaux. »

Le cœur de ce docteur en microbiologie moléculaire balance depuis toujours entre la France et l’Allemagne : né à Aix-en-Provence, il grandit à Munich avec une moitié de sa famille en France, fait son service militaire dans l’Hexagone, puis retourne finir ses études en microbiologie moléculaire à Munich, avant de poursuivre une partie de sa thèse à Oxford. En 1998, il entre chez Mercer Management Consulting, en Santé, à Paris, aux États-Unis et en Asie. « Mais, attiré par le bouillonnement des biotechnologies en Europe, j’ai intégré l’équipe Sciences de la Vie de la société de private-equity 3i, à Munich, de 2000 à 2004, puis à Paris pendant deux ans, avant de rejoindre Edmond de Rothschild Investment Partners, en 2006 », précise-t-il.

Depuis, ce pilier scientifique a participé à la construction des fonds 3, 4 et 5 d’EdRIP, au spin-off d’Andera Partners en 2018, puis au lancement de BioDiscovery 6 (456 M€) en 2021, et il s’est réinstallé à Munich pour y ouvrir un bureau pour Andera Partners. Mais l’ancien chercheur, partagé entre ses deux pays, l’est tout autant entre ses centres d’intérêts professionnels. « En tant que biologiste moléculaire de formation, j’aime l’impact que les médicaments peuvent avoir sur la vie des gens, mais aussi l’approche complémentaire – mécanique ou physique – des dispositifs médicaux », admet-il. Pour résoudre ce dilemme, Olivier Litzka mise sur les deux tableaux. « Dans la lutte contre l’hypertension artérielle, qui est un problème de santé majeur, nous avons par exemple investi à la fois dans Mineralys Therapeutics, qui développe un médicament contre l’hypertension réfractaire, en série B, jusqu’à son introduction en Bourse au Nasdaq en février 2023, et, peu après, nous avons soutenu la medtech SoniVie, dont le cathéter permet de dénerver l’artère rénale où se régule la tension », explique-t-il.

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