Née en 2019, ce spin-off du CNRS et de l’ENS-PSL, cofondé par Maximilien Levesque et Emmanuelle Martiano, intègre Cathay Innovation à son tour de table.
C’est une nouvelle étape qui marque sans doute l’entrée prochaine en essais cliniques, mais aussi l’internationalisation de l’entreprise. La biotech francilienne Aqemia annonce, mardi 10 décembre, la levée de 38 M€ (37 M$) ; un financement mené par un nouvel entrant au capital, le fonds américain Cathay Innovation, et soutenu par les investisseurs historiques Wendel, Bpifrance Large Venture, Eurazeo et Elaia Partners.
« Lors de la dernière JPMorgan Healthcare Conference, en janvier 2024, j’ai croisé Denis Barrier, cofondateur et CEO de Cathay Innovation. Il m’a fait visiter leurs locaux. Nous n’étions pas dans une recherche de financement car nous venions de boucler une levée de 30 M€. Cathay Innovation dispose d’atouts pour développer les entreprises et les porter à l’échelle mondiale… Ils ont fait une proposition que nous avons acceptée », détaille Maximilien Levesque pour Biotech Finances.
« Nous avons depuis longtemps pris l’engagement de soutenir les entrepreneurs visionnaires qui exploitent le potentiel de transformation de l’IA pour remodeler l’industrie de la santé », déclare pour sa part Jacky Abitbol, Managing Partner de Cathay Innovation. « Notre partenariat va au-delà du soutien en capital ; nous mettons à profit notre expérience dans le développement d’entreprises basées sur l’IA dans le monde entier, en particulier aux États-Unis et en Asie, alors qu’Aqemia accélère son chemin vers la clinique et élargit son impact mondial. L’entreprise incarne le futur de la découverte de médicaments, en associant la puissance de l’IA à la mécanique quantique. La vision de l’entreprise est en parfaite adéquation avec l’ADN de Cathay Innovation, puisqu’elle vise à transformer en profondeur la recherche sur les molécules et l’industrie pharmaceutique dans son ensemble », poursuit le fonds d’investissement.
La plus importante levée opérée en 2024
Dans les faits, cet argent frais représente, pour une biotech française non cotée, la plus importante levée opérée en 2024. Un montant qui lui permet d’atteindre les 100 M$ (95 M€) levés depuis sa création, dont les deux tiers en cette seule année 2024 !
« Il s’agit d’un moment réellement transformateur pour Aqemia », insiste Maximilien Levesque. « Cette nouvelle levée et l’ouverture de notre bureau à Londres marquent des avancées significatives vers notre ambition d’accélérer la découverte de nouveaux médicaments à l’échelle mondiale. S’associer à Cathay Innovation apporte une expertise internationale, notamment aux États-Unis et en Asie, renforçant notre vision et notre mission. Avec cet élan, nous sommes prêts à passer aux essais cliniques. » Une phase 2 qui pourrait, pour les premiers programmes, démarrer en début d’année 2026, voire à la fin de l’année 2025.
« Nous avons d’excellents résultats dans nos programmes internes de recherche, ainsi qu’en collaboration de recherche, notamment en oncologie », avance-t-on au sein de ce spin-off du CNRS et de l’ENS-PSL. Il y a un an, quasiment jour pour jour, la start-up annonçait un contrat commercial de 140 millions d’euros avec Sanofi. Si la biotech parisienne ne peut rien dire sur l’avancée de ses travaux avec le géant pharmaceutique, elle affirme que « la collaboration est très constructive ».
Techniquement, l’invention d’Aqemia réside dans la résolution d’une équation mathématique permettant de se passer de lourdes installations informatiques dotées d’importantes puissances de calcul. Les résultats, obtenus avec une IA générant des molécules, aident ainsi à établir si l’une d’entre elles constitue ou non un potentiel remède contre la pathologie étudiée.
En Grande-Bretagne, Aqemia a fait le choix d’installer ses bureaux dans le quartier King’s Cross de Londres, à deux pas de la gare de Saint-Pancras reliant Paris à la capitale anglaise, certes, mais surtout juste à côté du Francis Crick Institute, l’un des plus grands, sinon le plus grand, institut de recherche biomédicale d’Europe.
« Cette implantation stratégique facilitera l’accès à un vivier de talents britanniques de premier plan, en particulier dans les domaines des sciences de la vie et de la biotechnologie, Aqemia recrutant par ailleurs à l’échelle mondiale à tous les niveaux de l’organisation », défend l’entreprise, qui a justement recruté cet automne Véronique Birault, jusqu’ici directrice au sein du Francis Crick Institute, en tant que vice-présidente.
Guillaume Mollaret




