La biotech belge Augustine Therapeutics, issue du VIB-KU Leuven boucle ce lundi une extension de série A de 60,2 M€ qui porte à 77,7 M€ (84,8 M$) le total du tour. Ce tour est co-dirigé par Novo Holdings et Jeito Capital, suivis des historiques Eli Lilly, AdBio Partners, Asabys Partners, PMV, V-Bio Ventures, VIB, Gemma Frisius Fund, Newton Biocapital et de la Fondation américaine pour la recherche sur la CMT.
C’est un tournant pour cette biotech prête à entrer en clinique avec AGT-100216, un inhibiteur sélectif de HDAC6 développé contre la maladie de Charcot-Marie-Tooth (CMT). Elle avait déjà levé 17,5 M€ en janvier 2024 lors d’une première tranche de la série A, dirigée par Asabys suivi d’Eli Lilly and Company et Newton Biocapital ainsi que par les investisseurs fondateurs AdBio Partners, V-Bio Ventures, PMV, VIB et le Gemma Frisius Fund. L’extension officialisée ce lundi porte à 77,7 M€ la levée totale. De l’argent frais qui « vise à conduire une étude de phase 2 chez des patients atteints de CMT afin d’établir une première preuve d’efficacité clinique d’AGT-100216 », souligne Mehdi Ainouche, Senior Principal chez Jeito Capital. « Il offre également à Augustine les moyens d’élargir son pipeline avec deux autres programmes en préclinique, dans le système nerveux central et en cardio-métabolique ».
Un nouveau paradigme thérapeutique
HDAC6 est une histone désacétylase cytosolique atypique, impliquée dans la déacétylation de substrats clés comme l’α-tubuline, Hsp90 ou cortactin. Son activité régule des fonctions critiques : transport axonal, homéostasie protéique, autophagie ou encore réponse au stress oxydatif. Son inhibition a été identifiée comme levier potentiel pour restaurer l’intégrité neuronale dans plusieurs pathologies chroniques. « Ce qui est intéressant, c’est que les inhibiteurs d’HDAC6 sont une classe de médicament très connue, historiquement explorée par l’industrie pharmaceutique mais dont les challenges demeurent le profil de sécurité et de sélectivité pour la cible des molécules développées . » souligne Mehdi Ainouche qui ajoute : « Aujourd’hui, Augustine propose ce que nous considérons potentiellement comme la meilleure qualité de chimie disponible avec un chimiotype de nouvelle génération, non hydroxamate et non hydrazide, qui combine un profil attractif de sélectivité, sécurité et activité dans les tissus cibles ». Une innovation qui repose sur la plateforme de chimie médicinale du laboratoire de Neurobiologie (VIB-KU Leuven) du Pr Ludo Van Den Bosch, à Louvain. « Cette plateforme est pour nous unique. C’est aussi ce niveau d’excellence qui a contribué à l’arrivée de Gerhard Koenig à la tête d’Augustine avec ses 30 ans de pharma et une grande expertise dans le domaine de la neurologie », précise Mehdi Ainouche.
Guidés par l’accès au marché
Au-delà des actifs, l’enjeu du tour est aussi marqué par la co-direction de Novo et Jeito qui entrent au board et le soutien de tous les historiques. Une cohésion qui augure d’une propulsion des plus dynamique pour les programmes d’Augustine. « Côté Jeito, nous abordons les cas d’investissement en partant de la fin de l’histoire : quelle est la place du médicament dans le parcours de soin du patient ? Cela permet de construire rétrospectivement un plan de développement clinique optimisé dès la phase 2, en calibrant précisément le design, les doses, et le nombre de patients », indique Mehdi Ainouche. «Ce qui fait la force de notre partenariat avec Novo est intervenu sur ce tour A, c’est la complémentarité : Novo apporte de son côté une approche industrielle et de long terme, tandis que Jeito Capital mobilise une expertise clinique poussée, incluant le développement réglementaire jusqu’à l’accès au marché. C’est une double lecture, à la fois industrielle et clinique ». Reste à dérouler le plan d’exécution jusqu’aux prochains jalons de valeurs de la finalisation des études précliniques réglementaires, entrée en phase 1/2 chez l’homme dans la CMT aux premières validations translationnelles dans les aires thérapeutiques cardio-métabolique et neuro centrale. Des étapes clés pour démontrer la robustesse du modèle.
Jacques-Bernard TASTE




