Alors que la folie GLP-1 déferle sur le monde, projetant une lumière crue sur l’obésité et le diabète, au sein des laboratoires, la science se poursuit, parfois avec succès et se montre toujours édifiante. Il en est ainsi de l’article récemment paru sur l’utilisation des technologies de transfert cellulaire pour traiter le diabète de type 1.
La greffe d’îlots pancréatiques (de Langerhans) issus de donneurs sains (allotransplantation) est aujourd’hui une pratique de plus en plus maîtrisée. Récemment, depuis 2022, à la suite de l’accord de l’ANSM pour l’utilisation de ces techniques en soins courants, plusieurs hôpitaux universitaires (Strasbourg, Lille et Montpellier) ont réalisé leur première greffe d’îlots en routine chez des patients à haute variabilité glycémique. Les résultats de ces interventions chez des patients ne présentant pas de néphropathie diabétique et en l’absence d’une autre greffe se révèlent équivalents à ceux de la transplantation pancréatique (réduction de la tolérance au glucose, réduction du taux d’hémoglobine glyquée, retour de l’insulino-indépendance). Cependant, si ces thérapies cellulaires présentent à ce jour une morbidité bien moindre que la greffe de pancréas entier, elles exigent tout de même une haute technicité et une organisation complexe. C’est pourquoi les travaux de l’équipe chinoise pluridisciplinaire de l’Institut de recherche en transplantation de l’université de Nankin, publiés dans Cell, sont particulièrement intéressants. Il s’agit de l’analyse préliminaire d’un premier essai clinique de phase I chez l’homme, évaluant la faisabilité de la transplantation autologue d’îlots dérivés de cellules souches pluripotentes chimiquement induites (îlots CiPSC).
Leur utilisation constitue une véritable avancée scientifique et potentiellement économique, si une démonstration clinique plus large en termes de patients est apportée. Toutefois, les premiers résultats sur un unique patient montrent que celui-ci est devenu insulino-indépendant dès le jour 75 post-greffe, avec un accroissement de son intervalle glycémique cible, passant de 43,18 % à t0 à 96,21 % à t120 jours post-transplantation. En outre, le taux d’hémoglobine glyquée (HbA1c, un indicateur des niveaux de glucose systémique à long terme) s’est fortement réduit pour atteindre un niveau non diabétique. Après plus d’un an de suivi, le patient présente un contrôle glycémique stable, une HbA1c d’environ 5 %, et aucune indication d’anomalies liées à la greffe. Ces résultats prometteurs suggèrent que d’autres études cliniques évaluant la greffe d’îlots CiPSC dans le diabète T1 devront être conduites. L’utilisation d’îlots CiPSC peut aujourd’hui offrir l’espoir d’une véritable alternative, non seulement à la transplantation pancréatique, mais aussi à la greffe d’îlots humains isolés de donneurs.





