Dans la foulée des faillites de la SVB, Signature Bank et Silvergate Bank, les mouvements de correction enregistrés sur les marchés financiers n’ont pas particulièrement pénalisé les valeurs biotechs cotées. Celles-ci ont même surperformé en début de semaine les indices généraux. Les spécialistes s’inquiètent en revanche de l’accès au financement des valeurs non cotées.
Depuis le vendredi 10, un vent de panique règne sur les marchés financiers à la suite de la faillite de trois banques américaines : SVB (Silicon Valley Bank), Signature Bank et Silvergate Bank. Quelques jours auparavant, des clients de la SVB alertés quant à la solvabilité de la banque, ont retiré massivement leurs dépôts, entraînant un « bank run ». SVB étant connue pour financer la Tech et celle-ci conservant une partie des réserves de la plateforme Circle, spécialisée dans les stable coins (une cryptomonnaie), sa faillite a entraîné des répercussions en chaîne. Pour enrayer ce phénomène, les autorités américaines sont rapidement intervenues. Le Président Joe Biden a même pris la parole lundi 13 au matin avant l’ouverture des marchés afin d’annoncer que les dépôts de SVB seront intégralement garantis par l’administration. Pour autant, les marchés ont à nouveau corrigé lundi dans la journée avant de se reprendre brièvement en fin de journée. Entre temps, de nombreuses entreprises européennes ont pris la peine d’indiquer qu’elles n’étaient pas concernées par ces faillites. Ce fût notamment le cas de plusieurs biotechs françaises. Innate Pharma, DBV Technologies, Sensorion et Abivax qui ont publié des communiqués pour rassurer les marchés.
Pas d’inquiétude pour les cotées…
De leurs côtés, les spécialistes des biotechs cotées ne se sont pas inquiétés. « Le secteur des biotechnologies ne semble pas avoir été particulièrement affecté par la faillite de SVB et par celles des autres banques américaines. L’indice Nasdaq Biotech a même surperformé l’indice général S&P 500 dans la journée du 13 mars, alors que le secteur financier a manifestement sous-performé », explique Christopher Mellor, responsable de la gestion des produits ETF actions et matières premières, EMEA, chez Invesco. Il est possible toutefois, selon ce spécialiste, que « certaines sociétés biotechs notamment dans les petites capitalisations aient des liens avec l’une des entités bancaires notamment avec SVB dont l’activité était concentrée autour du financement des startups mais pour un indice pondéré en fonction de la capitalisation boursière. La performance est principalement tirée par les sociétés à grande capitalisation plus solidement établies ». Ces sociétés ne devraient non plus rencontrer des difficultés spécifiques en termes d’accès à des financements de marché.
Les levées restent impactées
« Les biotechs cotées disposent déjà de solutions matures. Elles possèdent de bonnes notations de crédit, se situant généralement dans la catégorie notée Investment Grade. Elles représentent moins de 1% des indices du crédit à haut rendement aux Etats-Unis », explique Akram Gharbi, Head of High Yield Investment de La Française Asset Management. En revanche, les conditions financières devraient se durcir pour les entreprises non cotées qu’elles se situent d’ailleurs dans la tech ou dans les biotechs. « Dans un contexte de hausse des taux d’intérêt et d’incertitude, les opérateurs financiers deviennent plus regardants quant aux projets financiers. Ils sont à la recherche de structures rentables et/ou qui ont fait la preuve de leur capacité à être rentables. Ils ne sont pas en mesure dans le contexte actuel de faire des paris sur les prochaines molécules ou solutions sur lesquelles les biotechs travaillent », avance Akram Gharbi. France Biotech signalait déjà en début d’année un net ralentissement des levées de fonds en 2022, la situation ne devrait donc pas s’arranger dans les prochains mois…
Sandra Sebag
Lire aussi en page 8 : Faillite de la SVB : la fin d’un cycle ?





