2 7
mardi 20 janvier 2026

1141-16-01-2026

[ihc-hide-content ihc_mb_type="show" ihc_mb_who="5,6" ihc_mb_template="-1"][download id="211899"][/ihc-hide-content]
41,00 

BPIFRANCE : UNE OFFRE foisonnante DE FINANCEMENTS

▶️ 7 min

(BiotechFinances n°952 19/07/2021) Aides au fil de l’eau, appels à projet, concours… L’offre de Bpifrance abonde pour les start-up de la santé. L’organisme public vient d’ailleurs, une nouvelle fois d’être sollicité par Emmanuel Macron, pour injecter 2 Mds€ supplémentaires sur ce segment dans le cadre du plan Innovation Santé 2030 (lire Biotech Finances n°950 du 5 juillet 2021). Atout incontesté de notre écosystème, ce soutien continu de Bpifrance en montre aussi les limites financières. Quant aux jeunes pousses de la Healthtech, elles ont aujourd’hui du mal à comprendre l’éventail de solutions qui leur est offert, au point d’embaucher des consultants dédiés à cette tâche. D’après Bpifrance, le meilleur moyen de s’y retrouver consiste à suivre une logique du continuum de financement tout en gardant un œil sur les priorités de l’État.

Bras armé de l’État pour le soutien à l’innovation, la Banque publique d’investissement a été créée en 2012. Elle intervient particulièrement auprès des start-up de la santé. « Cette filière est bien identifiée », assure Virginie Fontaine, responsable technologies de la santé chez Bpifrance, « car elle innove beaucoup, mais aussi parce qu’elle est très capitalistique, et a donc particulièrement besoin d’aide de la part de l’État ».

La banque a deux modalités de financement, qu’elle cumule parfois : la subvention et l’avance récupérable, c’est-à-dire remboursable uniquement en cas de réussite du projet. « C’est un partage du risque », pointe Virginie Fontaine. « Mais », ajoute-t-elle « il y a des livrables précis comme les résultats d’une étude clinique par exemple et une aide ne dépassant généralement pas 50% du coût du projet ».

Si les modalités sont simples, le panel de dispositifs réservés aux biotechs, medtechs et autres start-up de santé numérique apparaît, de prime abord, touffu. Actuellement 224 « solutions » leur sont proposées. Et cette offre est évolutive puisque liée pour une bonne part à des concours, Appels à projets (APP) et à manifestation d’intérêt (AMI). « Nous avons toujours de 15 à 20 appels à projets nationaux en même temps, qui s’ajoutent à ce qui est proposé de manière récurrente », indique Virginie Fontaine. Il est normal que cela paraisse foisonnant : « L’État cherche à couvrir tous les besoins, quitte à ce qu’il y ait des chevauchements », conclut-elle.

Suivre le continuum de financement

Pour s’orienter, les jeunes pousses de la santé peuvent suivre le chemin du continuum de financement. Pour la première étape, un porteur de projets peut solliciter, à tout moment de l’année, une Aide à la faisabilité et l’innovation (AFI) ou une bourse French tech émergence. Cette dernière est l’une des actions du plan Deep Tech, qui apporte un soutien renforcé aux projets d’innovations les plus radicales et pouvant déboucher sur la création de start-up.

Dans ce même cadre, deux autres dispositifs permettent de financer le stade des premières preuves de concept : I-PhD, un concours de jeunes chercheurs, et le concours national d’innovation I-Lab. Ouvert tous les ans entre décembre et février, celui-ci vise des projets de 12 à 36 mois lancés par des entreprises de moins de deux ans, pour une aide inférieure à 600 K€. « Ce concours apporte aussi de la visibilité aux lauréats », assure Virginie Fontaine, « ce qui est également important à ce stade » selon elle.

Pour soutenir le passage à l’étape suivante des projets les plus disruptifs, un autre concours national, I-Nov, est lancé, chaque année, par « vagues » thématiques. « Dans chacune d’elles, il y a toujours un sujet relatif à la santé », assure Virginie Fontaine « comme le diagnostic, le dépistage ou «la surveillance des pathologies dans la dernière édition ». Les PME lauréates bénéficient chacune de 35 à 45% d’aide (sur un budget de 5 M€ maximum), aux deux-tiers en subvention et un tiers en avance récupérable. Mêmes modalités pour « l’Aide au développement » (plafonnée à 2 M€) que le plan Deeptech apporte aux projets ayant un fort contenu technologique.

Biothérapie et santé numérique, prioritaires

Dans le cadre du 3e PIA, un appel à projet baptisé Projets structurants pour la compétitivité (PSPC) a par ailleurs été ouvert, avec un examen au fil de l’eau des dossiers d’entreprises (jusqu’à 2 M€) ou de consortiums (jusqu’à 4 M€). Le soutien apporté – un mix de subvention et d’avance qui peut dépasser 5 M€ pour les projets collaboratifs – permet de supporter plusieurs années de R&D avant la mise sur le marché. Cet APP prend fin au 30 septembre 2021, mais le dispositif qui lui succède, « I-Demo », a été lancé le 18 mai, dans le cadre de France Relance et du 4e PIA. Ouvert jusqu’au 3 mai 2022, il est élargi au financement de démonstrateurs (outil industriel qui permette de faire la démonstration, prothèse de reconstruction mammaire, mini process industriel…) à l’échelle industrielle ou préindustrielle. « I-Demo » est en outre éligible pour des appels à projets européens.

Seul ou en consortium

Certains dispositifs, enfin, sont réservés aux consortiums. Comme les PSPC-Régions, par lesquels la banque co-finançait, jusqu’à fin 2020, des projets labellisés par des pôles de compétitivité. Aujourd’hui deux AMI visant des stratégies d’accélération, l’un en « biothérapies et bioproduction », l’autre en « santé numérique », sont en cours. Ces deux thématiques – point central du plan innovation santé de l’État – font également l’objet d’autres APP, baptisés « Grands défis » car portant sur des domaines où la France pourrait prendre une position de leader. C’est le cas des biomédicaments, où des projets visant l’amélioration des rendements et la maîtrise des coûts de production sont subventionnés à 100 %. Les consortiums candidats, en cours de montage, doivent avoir pour chef de file une entreprise ou un établissement public et compter un intégrateur labellisé.

Face à tous ces appels à projets, « mieux vaut être proactif, pour ne pas en rater », conseille Jérôme Dubos, vice-président de DNA Script, lauréate de plusieurs d’entre eux (lire ci-contre). Et entretenir de bonnes relations avec son chargé d’affaires Bpifrance, sans qui tout cela paraît bien abscons…

COVID 19 : JUSQU’À 100% D’AIDE

(BiotechFinances n°952 19/07/2021) « Des aides très incitatives ont été mises en place dans le cadre de la pandémie de COVID », explique Virginie Fontaine, « pour pousser à la mise en place rapide de solutions technologiques », précise-t-elle. Cet APP « PSPC Covid 19 » a apporté subvention et avance remboursable, à hauteur de 80 ou 100%, à des projets collaboratifs de solutions thérapeutiques ou de vaccins contre la COVID-19. Un AMI baptisé Capacity building a aussi été lancé pour augmenter les capacités de production industrielle des produits liés à la lutte contre ce virus. Mais ces deux dispositifs sont aujourd’hui fermés. « La COVID-19 va devenir une indication thérapeutique comme d’autres », estime Virginie Fontaine. La santé figure cependant parmi les secteurs critiques pour la résilience de l’économie pour lesquels un AAP est encore ouvert, jusqu’au 7 septembre, dans le cadre du plan de relance. Il soutient des projets d’investissements pour relocaliser ou renforcer des unités de production d’au moins 1 M€.


CHIFFRES 2020
(des interventions en santé de Bpifrance)

126 M€

d’investissements en fonds propres

420 M€

de financements, dont :

170 M€

pour l’innovation (ADI, PSPC-Régions, Deeptech, I-Lab, I-Nov, Grands défis)

120 M€

pour la R&D (PSPC : 36 M€, PSPC Covid : 84 M€)130 M€

pour l’industrialisation (Capacity building :103 M€, France relance : 30 M€)


« 1er INVESTISSEUR DANS LES BIOTECHS FRANÇAISES »

(BiotechFinances n°952 19/07/2021) Pour Laurent Arthaud, directeur du pôle biotechnologies et éco-technologies de Bpifrance, la banque publique est un investisseur comme un autre. La seule différence réside, selon lui, dans le fait que « nous intervenons principalement en France ». Au final, « Bpifance est le plus gros investisseur dans les biotechs françaises », reconnaît-il.

Innobio, principal fonds santé

Premier outil, à l’interface entre le financement et l’investissement : French Tech Seed, qui porte sur des obligations convertibles. Mais le principal fonds de Bpifrance en santé demeure le FCPI Innobio, co-créé avec Sanofi et associant d’autres grands laboratoires tels que Boehringer Ingelheim, Takeda, Ipsen et Servier. Bpifrance y contribue à hauteur de 49%. « Nous prenons de 10 à 20% du capital de biotechs qui lancent des essais cliniques sur l’homme avec des médicaments innovants », explique Laurent Arthaud. « À l’étape suivante – entrée en bourse ou acquisition-, nous nous retirons. Et si cela ne marche pas… C’est la vie des biotechs », conclut-il. Innobio 2, qui vient de commencer ses investissements, est doté de 200 M€. Le fonds prendra des participations dans « 15 à 16 entreprises présentant des technologies et des indications différentes », assure-t-il, afin de diluer le risque ». Les tickets pourront être de 4 à 6 M€, des réserves étant prévues pour aller jusqu’à 12 M€ si nécessaire.

Pour les sociétés développant des dispositifs médicaux ou instruments (stents ou valves cardiaques, innovations en imagerie, robots chirurgicaux…), Bpifrance a créé le fonds Medtechs. « Nous ne faisons là qu’un ou deux investissements par an, parce que l’accès au marché est plus compliqué » commente Laurent Arthaud. Mais, précise-t-il « nous y sommes présents car ces entreprises innovent et l’innovation française est notre sujet souverain ».

D’autres fonds existent. Comme Patient autonome, pour les projets d’e-santé : doté de 100 M€, il associe également la Caisse des dépôts, Vivalto Santé et Harmonie Mutuelle. Ou Large venture, qui est un fonds par lequel la banque investit à des stades ultérieurs, par exemple avant une étude clinique de phase 3. Les tickets s’élèvent à 10 – 15 M€. « Nous sortons dès qu’il y a une étape de création de valeur », souligne Laurent Arthaud qui admet que « cela peut prendre plusieurs années… comme ne pas arriver : c’est toujours du capital-risque ».


MERCI BPI ! LES TEMOIGNAGES DE DEUX START-UP


Julien Payen, président de Lattice Médical*

(BiotechFinances n°952 19/07/2021)  « Huit mois après la création de la société, en 2018, nous avons reçu 340 K de subvention dans le cadre d’I-Lab puis, en 2020, 800 Kdans celui d’I-Nov, à 75% en subvention. Même la partie d’avance remboursable représente pour moi de la trésorerie. La France est quasiment le seul État européen à apporter un tel niveau d’aide. Il faut être bien préparé aux entretiens par un pôle – Medicen pour nous-, puis bien suivre ses dépenses en vue du reporting avant le déblocage de la 2e tranche. Cela nous a permis de signer un partenariat avec Cousin Biotech pour installer un site de production dans ses salles blanches. Début mai, nos premières prothèses de reconstruction mammaire sont sorties et nous devrions démarrer les essais cliniques l’an prochain. Nous lançons une levée de fonds, mais le soutien de Bpifrance nous a permis de reporter sa date : la société a ainsi plus de valeur ».

(*) Lattice Medical a été lancée en octobre 2017 et développe une technologie 3D en collaboration avec le CHU Lille-France qui permet au tissu adipeux de se régénérer naturellement.


Jérôme Dubos, vice-président de DNA Script*
(BiotechFinances n°952 19/07/2021)  « Depuis 2015, nous avons été lauréats de plusieurs appels à projet, avec trois cas : subvention pure, un mix de subvention et d’avance, et 100% en avance. Soit 6 M au total, dont un peu moins de 3 M d’avance remboursable. Bpifrance participe par ailleurs à notre capital depuis 2019, avec une extension en 2020, et occupe un poste de censeur au conseil d’administration. Tout ceci n’allège pas la due diligence des investisseurs étrangers, mais nous a apporté des moyens financiers pour la R&D sans entraîner de dilution. Reste que pour la suite, nous pensons explorer davantage les financements de projets collaboratifs ou ceux proposés à l’étranger. La France se limitant à 50% d’aide, nous nous sommes déjà tournés vers le programme européen Horizon 2020, par lequel nous avons obtenu 70%. Puis vers les États-Unis(**), qui ont une politique bien plus volontariste, avec un financement à 100% ».

(*) Créée en 2014, DNA Script a développé la première imprimante à ADN utilisable dans tous les laboratoires. (**) notamment via la Defense advanced research projects agency.

BIOTECHS COTÉES : 2025 UNE ANNÉE QUI A REDONNÉ DE L’ESPOIR !

Après plusieurs années de sous-performance, les biotechnologies cotées ont signé en 2025 un netredressement. Soutenu par un environnement macroéconomique plus lisible, un retour...

RÉDUIRE L’ÉCHEC DES DÉVITALISATIONS : LE PARI À FORT IMPACT DE CEMENTIC

Spécialisée dans les ciments endodontiques de nouvelle génération, la medtech vient de boucler une levée de fonds seed de 4,1 millions d’euros et bénéficie...

SLA HÉRÉDITAIRE V/S SLA SPORADIQUE

Alors que le Téléthon vient de s’achever sur un nouveau record de dons à plus de 83 M€, qu’Axoltis Pharma, startup travaillant dansle domaine...

À LYON, UN PROGRAMME D’ESSAIS CLINIQUES INÉDIT SUR 5 CANCERS RARES

Les Hospices Civils de Lyon pilotent le programme d’essais cliniques Immunorare5, qui évalue l’efficacité d’une double immunothérapie sur cinq cancers rares. Avec des résultats...

THÉRAPIES CELLULAIRES ET GÉNIQUES, LE TEMPS DE LA MATURITÉ

Il est aujourd’hui très difficile d’essayer de tirer des lignes de force pour la stratégie des thérapies cellulaires et géniques. Pour certains acteurs, il...

CANCER DE LA PROSTATE : AVANCÉES SUR TOUS LES FRONTS

De nouveaux traitements plus efficaces ou techniques chirurgicales plus précises dans le cancer de la prostate foisonnent. Le dernier congrès de l’Association Française d'Urologie...

PANORAMA DES BIOTHÉRAPIES ET DE LA BIOPRODUCTION EN FRANCE

Anticorps, vaccins ARN, thérapies géniques et cellulaires… Si les biomédicaments ne représentent encore que 3 % des produits pharmaceutiques commercialisés, ils concentrent 60 %...

EST-CE LE TOCSIN OU LE GLAS ?

« Il est urgent de se réveiller ! La biotech française traverse une grave crise », voilà le titre de la chronique que Bernard...

HEUREUX COMME UN ADC EN FRANCE…

Dans un laps de temps très court, deux nouvelles ont mis en avant un domaine qui avait peu eu les honneurs de la presse...

15h Biotech Express

NexaBiome Life Sciences (FR), Advicenne, Median Technologies

EUROPE(Royaume-Uni/Biotech/Phagothérapie ; Infections du pied diabétique) - NexaBiome Life Sciences décroche un nouveau financement de Scottish Enterprise, l’agence nationale de développement économique, pour accélérer...

Fondation Novo Nordisk, BioInnovation Institute (FR)

(Danemark/Pharma/ innovation–deeptech) – La fondation Novo Nordisk accorde une subvention de 736 M€ au BioInnovation Institute (BII), l’un des incubateurs sciences de la vie...