Ceux, qui nous lisent, savent que nous avons quelques marottes, notamment la difficile maturation des biotechnologies françaises. Car en observateur attentif du secteur, nous avions constaté la quasi-absence de ces grands mouvements tectoniques de consolidation ou de build-up qui ont très certainement aidé à la structuration des biotechnologies étatsuniennes. Ce processus que certains pourraient voir comme salutaire semble en passe de s’accélérer quelque peu. Nous en voulons pour preuve l’annonce du jour, le rapprochement stratégique entre Erytech et Pherecydes Pharma. La biotech lyonnaise, jusqu’alors active dans l’oncologie et qui s’est recentrée sur ses technologies de modification des globules rouges, s’associe avec l’un des leaders de la phagothérapie. Une opération dont on perçoit qu’elle est grandement facilitée par le niveau de trésorerie d’Erytech. La crise actuelle pourrait encore accroître ce type d’approche. Parmi les plus récents, citons notamment SparingVison et Gamut Therapeutics, Clean Cells et Be Vaccines ou Biodextris mais nous pouvons aussi citer des transactions « historiques » comme Genkyotex et Calliditas Therapeutics, Bioalliance et TopoTarget. Ces mariages de raison indiquent, selon nous, une maturation continue de notre écosystème qui est aujourd’hui capable d’intégrer des opérations de retournement (cf. Erytech), de fusions-acquisitions et même de participation capitalistique (cf. Néovacs et Pharnext). Elles traduisent aussi l’acception des biotechnologies et plus généralement des sciences du vivant comme un secteur économique à part entière. Ce qui signifie que la création de valeur continuera certes à se réaliser par des innovations de rupture, portées par des scientifiques habités mais aussi par des choix capitalistiques construits et réalisés par des chefs d’entreprise. Une tendance qui bouscule la vision traditionnelle de notre écosystème encore basée sur un « continuum » allant du laboratoire à la start-up, le tout pris en main par des scientifiques issus d’une institution avec une idée novatrice et un brevet. Pour certains esprits chagrins, ces évolutions feraient la part belle au business au détriment de la science pure et incorruptible mais c’est oublier ce que nous espérons tous, à savoir que ces innovations amélioreront un jour l’état de santé des patients.






