La consolidation est en route et fera date dans la longue histoire de la biotech française ! Erytech Pharma (ERYP) et Pherecydes Pharma (ALPHE) ont entamé une procédure de rapprochement. Il s’agira d’une fusion par absorption de Pherecydes au sein d’Erytech qui permettra à la nouvelle entité basée à Lyon d’étendre sa visibilité financière jusqu’au 3e trimestre 2024, avec une position de trésorerie consolidée d’environ 41 M€ au 31 décembre 2022. A l’issue de l’opération prévue pour la fin du deuxième trimestre 2023, Jean-Paul Kress, président d’Erytech sera remplacé par Didier Hoch actuel président de Pherecydes.

Thibaut du Fayet, actuellement Dg de Pherecydes, deviendra Dg d’Erytech, tandis que Gil Beyen prendra la vice-présidence du conseil d’administration d’Erytech et restera président exécutif de Erytech Pharma inc aux Etats-Unis. Ce rapprochement soutenu par les principaux actionnaires des deux sociétés (1) vise à créer un acteur mondial de la phagothérapie, à capitaliser sur les ressources financières et les équipes d’Erytech pour accélérer et étendre les programmes de développement en phagothérapie existants de Pherecydes. Au passage, l’horizon s’éclaircit très nettement pour Pherecydes dont la visibilité financière s’éteignait en juin prochain. Erytech, toujours sous le coup d’une “Lettre de Notification” du Nasdaq indiquant qu’elle ne satisfaisait plus à la règlementation Nasdaq Listing Rule 5450 prend une nouvelle dimension qui potentiellement va totalement changer la donne.
Un agenda soutenu
« Nous sommes extrêmement complémentaires en termes de positionnement géographique et scientifique et ce mariage va aussi accentuer très fortement notre capacité de différenciation sur plusieurs terrains », souligne Thibaut du Fayet. « Notre avance dans les phages est importante avec des formulations stables à température ambiante quand celles de nos challengeurs nécessitent un stockage à -80°. Au-delà, l’ingénierie des protéines développée chez Erytech va nous permettre de déployer des endolysines et d’accéder à une technologie qui n’est pas au catalogue de nos 4 principaux compétiteurs. Enfin, les plateformes dont nous allons disposer nous serviront pour proposer des solutions de formulation et de drug delivery de nos produits vers de nouveaux secteurs industriels hors santé humaine tels que l’alimentation, la cosmétique et la santé animale. » En attendant, le programme à court terme est on ne peut plus consistant. La future entité a, en effet, prévu d’élargir l’étude de phase II PhagoDAIR en cours chez des patients souffrant d’infections de prothèses articulaires du genou ou de la hanche dues au Staphylococcus aureus par l’ouverture de nouveaux centres cliniques en Europe. Les résultats sont attendus pour le 1er trimestre 2024. Il est aussi question d’étoffer le portefeuille clinique de Phérecydes en phagothérapie avec deux études de phase II supplémentaires qui necessiteront d’ouvrir des centres cliniques aux Etats-Unis. L’une ciblera des patients atteints d’endocardites dues au S. aureus et devrait démarrer mi-2023. La seconde s’adressera à des patients atteints d’infections urinaires complexes dues au Escherichia coli. Elle devrait débuter au 1er trimestre 2024. Enfin, il est encore question d’ajouter deux nouveaux phages complémentaires aux trois déjà existants (S. aureus, P. aeruginosa, E. Coli), essentiels pour développer un portefeuille de cibles complet dans la lutte contre les infections bactériennes résistantes et de capitaliser sur l’implantation d’Erytech aux États-Unis afin de faciliter l’accès aux investisseurs et aux acteurs cliniques et réglementaires nord-américains. De quoi sécuriser les prochaines étapes.
Jacques-Bernard Taste
(1) Auriga Partners (agissant au nom d’Auriga Ventures III) et Recordati SpA du côté d’Erytech et Elaia Partners (agissant au nom d’Auriga IV Bioseeds), Go Capital (agissant au nom d’Ouest Ventures III) et un pool d’actionnaires représenté par M. Guy Rigaud du côté de Pherecydes.




