La levée de fonds a été réalisée auprès de Calyseed, accompagné de Plateau de Saclay Business Angels, Yes Invest, Capital Cell et Bpifrance. Objectif : obtenir le marquage CE pour son outil diagnostique MSICare d’ici 18 mois.
Après avoir levé 500 K€ en pré-seed depuis 2023 (dont une BFTE, une récompense i-Lab et un prêt d’honneur via Wilco), MSInsight annonce le bouclage d’un tour d’amorçage d’un montant de 1,6 M€, dont 600 K€ levés auprès de business angels, avec Calyseed en lead, suivi par Plateau de Saclay Business Angels et Yes Invest, et complété en crowd equity via la plateforme Capital Cell. Le solde correspond à des prêts bancaires de 500 K€, des obligations convertibles de la part de Bpifrance pour 400 K€ et une subvention européenne de 100 K€ attendue “très prochainement” dans le cadre d’un programme Horizon Europe Mission Cancer, “pour développer et valider des tests non invasifs dans le repérage du syndrome de Lynch”, détaille Arnaud Cutivet, PhD et CEO de la medtech spécialisée dans le diagnostic des cancers avec instabilité des microsatellites (MSI), cette famille de cancers qui représente 5 % de l’ensemble des cas de cancers dans le monde.
Une série A en vue dans maximum 2 ans
“Nous avons mis presque 18 mois à lever, mais nous avons tenu bon sans jamais cessér de croire en notre solution”, confie Arnaud Cutivet. Grâce à ces apports financiers, la spin-off issue du Centre de Recherche Saint-Antoine (Inserm, Assistance Publique des Hôpitaux de Paris, Sorbonne Université) entend “démontrer les performances et initier la validation clinique réglementaire de MSICare”, son logiciel dispositif médical intégrant des algorithmes de bioinformatique et des modèles d’intelligence artificielle qui “permettent de détecter de façon extrêmement fiable le biomarqueur MSI dans différents types de cancers et de guider les cliniciens dans leur prise de décision thérapeutique”. Arnaud Cutivet se fixe un horizon de 18 mois pour parvenir à un marquage CE en tant que DM-DIV (Diagnostic In Vitro). Vers la mi-2026, “notre solution devrait atteindre un niveau de dérisquage suffisant et le moment sera venu de solliciter une série A, ou une pré-série A, de l’ordre de 4 à 5 M€ pour enclencher le développement commercial de notre solution en Europe et entamer les premières démarches auprès de la FDA en vue d’une approbation courant 2028”, pronostique le cofondateur.
Entre-temps, MSInsight prévoit déjà de générer du chiffre d’affaires en proposant des prestations de service à des pharmas ou des biotechs qui ont besoin de caractériser le biomarqueur MSI (ou à l’inverse confirmer un caractère « stable » de la tumeur ou MSS) dans le cadre d’études précliniques et/ou cliniques.
Des premiers résultats exceptionnels
Aujourd’hui, le diagnostic de MSI est systématiquement recommandé pour toute tumeur nouvellement identifiée, quel que soit l’organe d’origine de la tumeur. Cela représente 13 millions de malades éligibles à cet acte diagnostique. “La mise en évidence de ce marqueur dans un cancer représente un critère majeur d’orientation thérapeutique, puisque ces tumeurs peuvent désormais être traitées par immunothérapie, avec des résultats révolutionnaires en termes de survie, y compris pour des tumeurs métastatiques très avancées”, explique Arnaud Cutivet. Sauf que les outils diagnostiques actuels, qui analysent l’ADN en routine clinique à haut débit via la méthode du séquençage de nouvelle génération (NGS), sont bien trop souvent imprécis. “Ils conduisent à des erreurs dans 30 % des cas, selon les cohortes si bien que les médecins prescrivent des traitements inappropriés, avec à la clé, des dépenses inutiles et des conséquences dramatiques pour les patients”, relève-t-il, précisant que ces situations d’échec alimentent en outre “une certaine défiance des médecins prescripteurs pour ces outils”.
Ce sont ces lacunes que MSInsight compte combler. Car son logiciel revendique une précision “inégalée” démontrée notamment par des tests réalisés en partenariat avec l’Inserm et l’AP-HP, dans le cancer colorectal. Et d’ajouter : “Notre outil surpasse largement les méthodes diagnostiques actuelles, et ce dans plusieurs types de tumeurs où l’on retrouve le plus de MSI positifs, pour lesquels les besoins médicaux sont gigantesques”. Des résultats que MSInsight va publier “cette année”.
Aucune inquiétude quant au futur remboursement
“Notre but est de faire de MSICare LE standard mondial de toutes les étapes du parcours du patient, depuis le diagnostic jusqu’à la prédiction de la réponse au traitement”, expose Arnaud Cutivet, précisant que l’outil de MSInsight “est en cours d’expérimentation dans des centres hospitaliers en France. Facilement déployable, il vise à être adopté dans d’autres établissements en France et en Europe, au sein d’un logiciel de diagnostic médical, ce qui en fait une solution immédiatement opérationnelle”.
Un argument différenciant de poids, lorsque l’on sait par exemple que l’un de ses concurrents principaux, l’américain Foundation Medicine, requiert que ses patients lui envoient des échantillons d’ADN, qu’ils analysent ensuite de bout en bout, avant de renvoyer des résultats, pour la modique somme de 3 à 5 000 $ ! De plus, la question de son futur remboursement ne suscite aucune inquiétude chez MSInsight : “Le biomarqueur MSI est déjà reconnu par de nombreux systèmes de santé”, notamment en France, où cet acte diagnostique est déjà remboursé par le RIHN (référentiel des actes innovants hors nomenclature).
Marine Rabreau





