(BIOTECHFINANCES N°966 Lundi 29 novembre 2021) À l’heure où l’on constate un rebond épidémique dans le monde entier et où la vaccination apparaît comme le seul rempart actuel à la COVID-19, la recherche médicale porte une fois de plus tous les espoirs. En France, les biotechs intensifient leurs efforts avec parfois des essais menés bien loin de nos frontières… au détriment de nos propres patients.
Dans l’actualité, Valneva a signé cette semaine une précommande ferme de 24 millions de doses avec l’Union Européenne pour son candidat vaccin inactivé et adjuvanté. Les lots seront livrés aux 2e et 3e trimestres 2022, sous réserve de l’approbation réglementaire de l’Agence européenne des médicaments (EMA). Actuellement testé en phase 3 pivotale, le vaccin de Valneva s’est avéré, dans les premiers résultats publiés mi-octobre, plus efficace que celui d’AstraZeneca. OSE Immunotherapeutics a pour sa part suspendu cet été son étude de phase 1 avec son candidat vaccin prophylactique CoVepiT. Une décision prise après l’apparition d’« un nombre limité d’effets indésirables ».
Plusieurs essais à l’étranger
En matière de traitement, Signia Therapeutics démarrera début 2022 un essai de phase 2b avec diltiazem. La biotech lyonnaise évaluera l’action anti-virale de son principal composé auprès de patients hospitalisés pour une pneumopathie à COVID-19 de forme légère à modérée. (Lire page 4). Medesis, s’apprête également à lancer début janvier une étude de phase 2 au Brésil pour évaluer son candidat médicament, NanoManganese dans le traitement des formes graves la maladie. Les résultats sont attendus avant l’été, et pourraient déboucher sur une phase 3 en Europe et aux Etats-Unis (Lire page 7). Pour sa part, Biophytis vient d’emprunter sur le marché 10 M€ pour sécuriser la fin de son essai pivot évaluant son candidat Sarconeos dans le traitement des formes graves de la COVID-19. Par ailleurs, Acticor attend au 1er trimestre 2022, les résultats d’une phase 2 avec son traitement antithrombotique Glenzocimab, dans le syndrome de détresse respiratoire aigüe lié au SRAS-Cov2. Et AB Science poursuit une phase 2 en Russie évaluant l’efficacité antivirale de sa molécule phare Masitinib auprès de patients ambulatoires (non hospitalisés) présentant une maladie légère où les patients hospitalisés ne nécessitent pas de ventilation non invasive.
Des résultats imminents
Du côté des projets soutenus financièrement par l’Etat français, la recherche avance aussi. Xenothera a signé au printemps avec le ministère de la santé, un contrat de réservation de 30 000 doses de son anticorps polyclonal glyco-humanisé, XAV-19. La mise en production a démarré. Le candidat est évalué dans deux essais, une phase 2 et une phase 3 dont les résultats sont attendus prochainement. Une demande d’autorisation d’accès précoce au traitement en France est en cours. Inotrem poursuit également le développement de son candidat Nangibotide, un peptide inhibiteur du recepteur TREM-1 dans une étude de phase 2/3 auprès de patients en détresse respiratoire avec des formes sévères de la maladie. On attend enfin les résultats de la phase 2 de Genoscience Pharma pour évaluer l’efficacité antivirale de GNS561, un inhibiteur de PPT1, chez les patients atteints de COVID-19.





