(BIOTECHFINANCES N°954 Lundi 30 août 2021) Aussi bonnes élèves que le CAC 40, les biotechs françaises cotées n’ont pas à rougir de leur gouvernance, bien au contraire ! C’est en tout cas, la conclusion du cabinet d’audit KPMG dans une enquête publiée cet été. Cédric Adens, associé et François Delrot Senior Manager ont analysé les pratiques en 2021, des 41 entreprises cotées sur Euronext. Dans l’ensemble, les règles sont respectées, estiment les deux auditeurs.
Board resserré, réactif et indépendant
Ils décrivent des conseils d’administration restreints à « 7 membres en moyenne », les rendant de facto plus réactifs que ceux du SBF 120 composés de 13 personnes. En matières d’administrateurs indépendants, « les biotechs vont même au-delà des préconisations avec 4 membres soit une proportion moyenne de 58% », observe KPMG. Quant à l’âge moyen des membres du board, il est à peine plus élevé qu’au sein des grands groupes, 61 ans contre 59 ans. La fréquence des réunions, liée au niveau de risque de l’activité, surpasse celle du CAC 40 avec 10 meeting en moyenne par an. Et 95 % des membres du conseil y assistent.
En termes de parité en revanche, les biotechs peuvent mieux faire ! Selon le cabinet « les femmes sont encore sous représentées dans les conseils d’administration avec une part moyenne de 30% contre 46% pour le CAC 40 ». Au final, 15% seulement des biotechs respectent la parité.
Enfin le profil des mandataires reste majoritairement (84%) orienté santé. Ce sont d’ailleurs souvent des médecins et scientifiques. Curieusement, note KPMG, « la part issue des grands laboratoires pharmaceutiques reste minoritaire ».
Le jeton de présence à 3000 €
Concernant les équipes dirigeantes, la dissociation des fonctions de président et de directeur général est largement répandue dans le secteur. Suivant en cela la tendance des grands groupes internationaux. Dans cette configuration, KPMG estime que « le président non exécutif demeure le garant de la vision d’entreprise à long terme et du plan de développement » tandis que le directeur général occupe une fonction opérationnelle « avec en ligne de mire une perspective plus court terme ». En termes de rémunération, si la part variable pour les deux fonctions oscille entre 20 et 30%, les montants en jeu diffèrent. Le revenu fixe annuel pour un président du conseil tourne en moyenne autour de 83 000 €, celui d’un directeur général est presque 4 fois supérieur et atteint 321 000€. Du côté des administrateurs, KPMG relève également des écarts. Le jeton moyen de présence par réunion s’élève ainsi à 3000 €, ce qui annuellement correspond à un montant de 162 000 € de rémunération par administrateur.
Ces jetons s’envolent en revanche à 24000 € par réunion lorsqu’il s’agit de sociétés cotées à la fois sur Euronext et au Nasdaq. Conséquence, le montant annuel versé aux administrateurs de ces biotechs atteint 273 000 €. Une différence jugée « cohérente » par les auteurs de l’enquête et justifiée « par une plus grande fréquence de réunion et la présence accrue d’administrateurs étrangers au board ».
Les biotechs françaises cotées en chiffres (source KPMG)
41
sociétés cotées à Paris dont 20 sur Euronext Growth.
9
listées à la fois sur Euronext et au Nasdaq (Valneva, Biophytis, Nanobiotix, Inventiva, Innate Pharma, Genfit, Erytech Pharma, Cellectis, DBV technologies)
55 ans
c’est l’âge moyen des DG et 61 ans, celui des présidents de conseil d’administration.
2/3
des sociétés disposent de comité d’audit et de rémunération





