Les illuminations de fin d’année à peine éteintes, les cadeaux rangés ou renvoyés, les billets pour San Francisco pris, l’année s’annonçait sous les meilleurs auspices. Quand patatras : crise majeure au syndicat patronal des entreprises du médicament,
autrement dit, au Leem. Certes, cela ne parlera pas au commun des mortels, ou peut-être même négativement, puisque se trouve accolé ce qui semble bien être un oxymore dans la culture française : syndicat – patronal.
Cette sécession serait donc le symptôme d’un mal bien plus profond : celui d’une industrie pharmaceutique nationale se trouvant face à un véritable point d’inflexion, tout comme les grands labos internationaux. Mais, en premier lieu, c’est l’ampleur de la dissidence qui surprend. Trente laboratoires, et pas des moindres, ont décidé de quitter cette instance aux motifs que…
Mais au fait, quelles sont les récriminations de Guerbet, Ipsen, LFB, Pierre Fabre, Sanofi, Servier ou encore Théa, pour n’en citer que quelques-uns, à l’égard de l’institution ?
Comme au piton de la Fournaise, la crise couvait déjà depuis quelque temps. Les récents atermoiements de la représentation nationale à l’égard du PLFSS ont joué leur rôle, mais c’est probablement l’attitude du Conseil d’administration du Leem qui a mis le dernier coup de burin pour faire sauter le bouchon.
En effet, en refusant de soutenir l’amendement visant à alléger le montant de la clause de sauvegarde pour les entreprises investissant et produisant en France, l’organisation syndicale s’est aliéné les membres du G5 Santé ainsi que bon nombre d’acteurs à qui l’on (le gouvernement) avait fait miroiter les avantages de la souveraineté pharmaceutique sans pour autant en évoquer les inconvénients, notamment les aléas des décisions budgético-politiques.
De là à acter de la non-représentativité du Leem, il n’y avait plus qu’un pas, qui a été allégrement franchi par les PME et ETI de l’AMLIS (Association des Moyens Laboratoires et Industries de Santé). Depuis, les « grands » laboratoires et leurs acolytes ont décidé de pousser le désengagement associatif un cran plus loin, en suscitant la création d’un nouveau syndicat professionnel, qui serait enclin à améliorer l’accès des patients aux innovations et à mieux reconnaître et récompenser, au niveau des politiques publiques, l’implication nationale de ces laboratoires. Est-ce là une réponse française à la pompe aspirante trumpienne ? L’autre objectif est de restaurer une attractivité du territoire, inexorablement perdue au fil des ans, aussi bien en termes de développement que de commercialisation des innovations. Toutefois, il pourrait exister une légère divergence, pour ne pas dire un hiatus, entre les visions industrielles des laboratoires présents internationalement, qui projettent leurs innovations avec fierté, et celles des autres entités localement établies aux portefeuilles constitués de produits plus matures. Une nouvelle quadrature du cercle, telle que celle développée par le presque défunt Leem.
Exergue : « …mais c’est probablement l’attitude du Conseil d’administration du Leem qui a mis le dernier coup de burin pour faire sauter le bouchon. »





