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lundi 19 janvier 2026

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DÉPISTAGE DE LA TUBERCULOSE : EPILAB MONTE EN PUISSANCE AVEC SON KIT PORTATIF ET RAPIDE

▶️ 5 min

Créée en 2020 à Versailles, la deeptech développe un dispositif portable et fiable, pour dépister facilement, et en seulement une heure, la plus mortelle des maladies infectieuses. Epilab, qui vient d’intégrer la première promotion de la French Tech – Health20, finalise actuellement un nouveau tour de table pour industrialiser son kit et viser d’autres indications.

La medtech Epilab répond à un besoin sanitaire particulièrement fort : le diagnostic massif, rapide, simple et pas cher de la tuberculose, qui touche plus de 10 millions de personnes chaque année dont 80% dans les pays en voie de développement (continent africain et Asie du sud est en tête), sous équipés médicalement. La tuberculose est ainsi la maladie infectieuse la plus mortelle au monde au 21e siècle : en 2020, elle a fait 1,5 million de victimes. “Habituellement, on estime que tous les ans 3 millions de cas ne sont pas détectés. Ce sont eux qui contaminent 10 millions de personnes l’année suivante”, explique Clément Dubois, ingénieur de l’Ecole Centrale de Paris et CTO d’Epilab. Or, depuis le Covid 19, la situation s’est détériorée. “La pandémie a tellement occupé le terrain sanitaire que, selon les chiffres de l’OMS, en 2021, ce sont 4,2 millions de personnes qui n’ont pas été diagnostiquées, faisant reculer la lutte contre la tuberculose de 20 ans”, déplore celui qui a co-fondé la start-up versaillaise en 2020 avec Maurice Lubetzki, ingénieur des Arts-et-Métiers (CEO d’Epilab). Par ailleurs, l’OMS a mis en garde l’Europe, fin mars, contre la hausse des décès sur le Vieux continent, sur lequel la tuberculose reprend du terrain. Une première depuis… 20 ans.

De gauche à droite : Clément Dubois, Murielle Rochelet, Elodie Barbier, Maurice Lubetzki, co-fondateurs d’Epilab, qui emploie désormais
15 personnes et qui recrute des profils ingénieurs R&D.

Première cause de ce manque de dépistage : les tests actuels – la microscopie et le test X-pert principalement- sont coûteux et peu déployables car ils nécessitent une infrastructure de soins et le recours à du personnel médical. En développant un kit de dépistage portatif de la tuberculose, à la fois petit, léger, autonome en électricité, mais aussi simple d’utilisation, fiable, et très rapide, Epilab entend contribuer à limiter la transmission de la maladie, en testant en masse et in situ les populations touchées, y compris les plus isolées. Et faire sa place dans un marché estimé à 1 milliard de dollars. “Notre prototype de boîtier ultra-technologique, dont le procédé scientifique, breveté en 2018, combine microbiologie, électrochimie analytique et microfluidique, répond aux spécifications définies par l’Organisation Mondiale de la Santé. Nos premières données analytiques indiquent que nos tests totalisent 78% de spécificité et 89 % de sensibilité”, se félicite Clément Dubois.

Un nouveau tour de table en cours, bouclé d’ici la mi-2023

Ce procédé innovant, mis au point par les enseignantes chercheuses Murielle Rochelet et Elodie Barbier, à l’université de Bourgogne et l’INRAe (également co-fondatrices d’Epilab), puis détecté et maturé par la SATT Sayens, permet de vérifier la présence ou l’absence de mycobactéries dans un prélèvement respiratoire grâce à une réaction enzymatique couplée à une détection électrochimique. Une innovation désormais intégrée dans des puces microfluidique, testées avec succès à l’Ecole Polytechnique. “Lorsqu’on teste une personne, on récolte son expectoration, on la fluidifie, puis on insère l’échantillon dans une puce microfluidique de la taille d’une carte bleue, qui réalise automatiquement le procédé breveté et soumet un résultat en seulement une heure. Envoyé dans un cloud, le kit permet aussi la traçabilité des cas en vue de leur prise en charge”, détaille Clément Dubois.

Après avoir déjà levé 1 M€ fin 2021 auprès de la Bpifrance, du CIC et de business angels, Epilab – qui a été nominé en finale du prestigieux prix Galien USA en fin d’année dernière -, finalise actuellement un nouveau tour de table pour industrialiser son test. “Avec la précédente levée de fonds, nous avons choisi de nous concentrer sur notre performance en matière de temps de résultats (Time to results). On visait d’abord 2 heures mais nous avons compris qu’il était important de répondre au besoin sanitaire, formulé par les acteurs locaux et les instances internationales, de ‘tomber’ à une heure”, relate Clément Dubois, expliquant que “les gens risquent de quitter les lieux de dépistages si les résultats sont trop longs, ce qui complique la tâche ensuite pour effectuer un bon traitement et suivi, surtout dans les zones reculées”.

En levant à nouveau des fonds dès la mi-2023, la medtech veut “lancer la plateforme technologique à partir de la puce microfluidique développée et finir le design du produit”. Epilab prévoit en outre de “lancer une étude clinique, validée par les autorités camerounaises et le comité éthique, sur 270 personnes, auprès du centre Pasteur de Yaoundé, d’ici fin 2023 ou début 2024 en vue d’une industrialisation avec un partenaire que nous avons déjà identifié”, puis d’une commercialisation en 2025. Enfin, il s’agit “d’approfondir les recherches sur les futures indications que notre technologie microfluidique est prête à dépister, avec le cancer des poumons et les inflammations pulmonaires en ligne de mire”. Pour ce faire, il suffit d’adapter le substrat (réactif principal) de la réaction biochimique, à un marqueur d’une autre maladie.

Nous avons déjà trouvé un investisseur intéressé”, confie Clément Dubois, qui se dit “extrêmement fier qu’Epilab ait été sélectionné pour rejoindre la toute première promotion de la French Tech – Health20” (Voir encadré). Un programme qui va “nous offrir une grande crédibilité auprès de partenaires internationaux” et “nous aider à nous différencier par la qualité” dans le bouillonnement de concurrence qui est né depuis le Covid 19, à la faveur du développement des tests antigéniques portatifs. En la matière, “nous avons certes un coup d’avance, mais nous sommes petits, et des géants comme Abbott sont sur le coup. Néanmoins, dans ce marché intraitable où l’OMS et les acteurs de la lutte contre la maladie choisiront les meilleurs produits, nous en proposons un qui est vraiment portable, qui n’a pas besoin d’être raccordé à l’électricité, qui est vraiment simple d’utilisation et automatisé, ainsi que sensible, efficace et surtout, stable thermiquement : pas besoin de le stocker au frais”.

            Marine Rabreau


Le nouveau programme “Health20” de la French Tech 

Alors que la France couve plus de 2 600 start-ups de la santé, la French Tech a lancé son tout premier programme d’accompagnement de healthtechs qui développent des innovations de rupture au fort potentiel technologique et industriel dans les domaines prioritaires ‘Innovation Santé 2030” (biothérapies-bioproduction, maladies infectieuses émergentes, santé numérique et dispositifs médicaux).

Le jury, composé notamment de Franck Mouthon, président de France Biotech et de Lise Alter, DG de l’Agence de l’innovation en santé, a reçu quelque 400 candidatures, avant de mener 50 auditions, et finalement sélectionner 21 lauréats, dont la biotech StemInov, la medtech Epilab (kit de dépistage de la tuberculose) ou encore la numtech Qubit (une plateforme qui valide et optimise les candidats-médicament en un temps record). Sélectionnées pour leur caractère territorial, leur maturité économique ainsi que leur potentiel de déploiement, de création de valeur et d’aptitude à développer de nouvelles activités, elles ont pour mission de contribuer à l’objectif de l’État de faire émerger 100 nouveaux sites industriels par an d’ici 2025.

Sur le modèle de l’accompagnement proposé aux entreprises du French Tech Next40/120, les start-ups bénéficieront pendant un an de l’accompagnement de la Mission French Tech, c’est-à-dire l’accès au réseau d’experts dans plus de 60 services publics (dont Business France, l’Inpi, l’Urssaf ou l’Afnor) pour accélérer dans des domaines stratégiques tels que le financement, le recrutement, la propriété intellectuelle ou les enjeux réglementaires. Et de profiter d’une visibilité renforcée en France et à l’international via la participation à des événements de l’écosystème et l’intégration dans des actions de diplomatie économique.

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