La société alsacienne financera ainsi la phase préclinique de son traitement. Une innovation permettant d’améliorer l’observance du traitement sur le temps long.
C’est un stent intranasal. Une petite poche faite d’un polymère résorbable. Il mesure trois centimètres de long et un centimètre de diamètre à peine. A l’intérieur est encapsulé un principe actif (corticoïde) déjà connu pour ses capacités à traiter la rhinite chronique. Baptisé ARIS-R, pour active Resorbable Intranasal Scaffold – Rhinitis, “ce traitement permet de délivrer petit à petit le principe actif avec des doses inférieures à ce que l’on administre avec un spray nasal dont l’usage pose des problèmes en termes d’observance”, expliquent Philippe Bastide, CEO, Marc Augustin président de Dianosic.

Créée en 2017, cette entreprise installée à Strasbourg annonce lundi 6 février la levée de 4,7 M€. Cette somme servira à amener ce nouveau médicament au stade clinique. Le tour de table est composé de ses investisseurs historiques (Paf Kapital et des business angels), de nouveaux investisseurs privés, d’investisseurs particuliers sur la plateforme de financement participatif Wiseed, de la Fondation Force pour l’innovation (Cf encadré) et la recherche en santé, pour un montant de 2,2 M€ ; et de 2,5 M€ non dilutif composé d’un mix d’avance remboursable (1,4 M€), de subventions (600 k€) et de 500 k€ de prêt d’amorçage investissement, émanant de Bpifrance.
Un parcours règlementaire accéléré
Ce tour de financement est le second opéré par Dianosic qui avait déjà rassemblé 1,5 M€ d’argent frais depuis sa création, portant ainsi l’effort de ses financeurs à 6,2 M€ depuis la création de l’entreprise.
Bien que des principes actifs connus soient déjà mis sur le marché pour lutter contre la rhinite chronique (notamment sous forme de spray), Dianosic doit passer par le parcours réglementaire obligé des Phase I, II, et III, comme tout médicament. Un chemin toutefois accéléré du fait qu’il s’agit là d’une nouvelle formulation et non d’une nouvelle molécule par ailleurs déjà génériquée.
“Nous ne travaillons pas pour l’heure avec un laboratoire mais un fournisseur de principe actif européen”, explique Philippe Bastide qui souhaiterait intégrer un industriel à son capital pour pouvoir accélérer davantage encore le développement d’ARIS-R.
Un geste simple
A ce jour, au moins deux autres sociétés dans le monde travaillent à la diffusion d’un médicament ORL administré par voie intranasale et diffusé via un polymère. Il s’agit des sociétés américaines : Intersect (rachetée en 2021 par Medtronic), qui commercialise déjà son médicament, et Lyra Therapeutics, qui est en phase III. Nuance de taille, ces deux sociétés sont à ce jour concentrées sur le traitement de la sinusite chronique (que Dianosic souhaite adresser dans un second temps), et non la rhinite chronique… En sus, leur médicament n’est pas délivré sur un temps aussi long et nécessite un geste chirurgical pour être implanté (Intersect) quand celui imaginé par Dianosic promet d’être positionné par un geste simple.
L’espoir de l’entreprise alsacienne, qui pense déjà les phases suivantes, est de trouver rapidement d’autres partenaires financiers pour pouvoir espérer une mise sur le marché rapide. Dès 2026 pour son médicament contre la rhinite chronique et 2028 contre la sinusite.
Guillaume Mollaret
La Fondation Force investit dans les labos alsaciens
En entrant au capital de Dianosic, la Fondation Force pour la recherche et l’innovation en santé fait preuve d’une initiative singulière pour une fondation française, qui plus est installée en région. « Initialement, nous accordions des subventions suite à notre appel à projets annuel. Étant ouverts à de nouvelles formes de partenariats, nous avons répondu à la demande de monter au capital de deux sociétés, en l’occurrence Dianosic et Brightsense Diagnostics », explique Lila Mirabet directrice générale de la Fondation Force. L’établissement reconnu d’utilité publique a ainsi investi 600 k€ euros dans ces deux sociétés en passant par le véhicule de financement « Wiclub Santé » créé par la plateforme de crowdfunding Wiseed en partenariat avec l’incubateur d’excellence Sémia. Par ailleurs, Force avait également par le passé investi 350 k€ en souscrivant aux fonds d’amorçage Cap Innov’Est. Entre ses actions de mécénat et d’investissement, la fondation a irrigué l’écosystème santé alsacien de 1,3 M€ l’an dernier.





