Dans le Monde du 30 juin, Boris Gralak, secrétaire général du Syndicat National de Chercheurs Scientifiques (SNCS), tire le signal d’alarme devant une potentielle accélération de la baisse du nombre de doctorants et l’effet dévastateur que cela pourrait avoir sur la recherche française. Dans la même veine, le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche dans sa publication « L’état de l’emploi scientifique en France -Edition 2023 », montrait, entre autres, que le nombre de premières inscriptions en doctorat avait décliné de plus de 17% entre 2009 et 2021. Certes, les sciences humaines et sociales affichaient un recul encore plus important à -36%, suivies sans une moindre mesure par les sciences exactes et applications en retrait de -7%. Seules les sciences du vivant semblent tirer leur épingle du jeu (+13%). Dans ce tourbillon du déclin, il convient de souligner que les nouveaux contrats doctoraux CIFRE sont globalement en progression +40% et ce dans toutes les matières. Faut-il y voir un besoin d’applicabilité plus important de la part des nouveaux doctorants ? Est-ce un désaveu de la recherche fondamentale qui aurait quelque chose à voir avec l’état actuel du monde ? Est-ce un effet des différentes générations X, Y ou Z qui se succèdent avec des attentes variées du monde du travail ? On constate aujourd’hui que l’âge moyen, à la soutenance de la thèse ne bouge pas à 30,7 ans entre 2007 et 2020, tandis que l’âge moyen des lauréats des concours s’accroit continuellement passant de 31 ans et de 32,7 ans à 34,5 ans et 35 ans respectivement pour les postes de chargé de recherche et d’enseignants chercheurs des universités. En outre, l’attractivité de la recherche publique française est, semble-t-il, à reconstruire, puisque le nombre d’enseignants-chercheurs et de chercheurs étrangers est relativement stable. Comme corollaire, la part de subventions obtenues par la France dans les programmes européens de financement de la R&D est aussi en retrait puisque passant entre le 5ème PCRDT (1998-2002) et H2020 (2014-2020) de 13,5% à 11,1%. Si la France n’a jamais été une grand bénéficiaire des mannes de l’Europe, on peut aussi y voir une forme de recul de la recherche française puisque même le nombre de projets intégrant au moins une équipe française est aussi en léger recul de 1 286 projets en 2019 à 1 182 projets en 2020 (-8%). Il y a certes des éléments positifs comme l’incidence de la LPR sur les effectifs des opérateurs de recherche, les effectifs totaux de R&D, mais aussi d’autres éléments moins positifs comme le ratio personnel de soutien/chercheur en recul de 25% sur les dix dernières années (2010-2020). Le ministère a les chiffres et y a plus qu’à attendre ou…agir (cocher la bonne case) !




