(BiotechFinances n°994 lundi 18 juillet 2022) Un deal de plus ! Nestlé Health Science partenaire de longue date et actionnaire de poids d’Enterome va apporter 40 M€ en cash supplémentaire et en capital à la biotech parisienne sans compter de potentiels milestones non dévoilés. Ce nouvel apport d’argent frais qui suit une levée de 46,3 M€ effectuée en juin 2020 (1) fait monter le total de fonds levés par l’entreprise depuis sa création en 2012 à 116 M€ et l’enveloppe globale des partenariats industriels signés à 100 M€ soit un total cumulé de 216 M€. Cette fois, l’objectif prioritaire de la collaboration est de codévelopper avec Nestlé, EB1010, un inducteur local d’IL-10 conçu pour fournir une amélioration thérapeutique pour les patients souffrant à la fois d’allergies alimentaires et de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI). En parallèle, l’accord inclut également le développement d’un pipeline de candidats d’AllerMimics qui imitent les allergènes alimentaires pour générer une tolérance immunitaire et l’identification de nouveaux EndoMimics pour réduire l’inflammation causée par les aliments allergiques. Les allergènes d’arachide font partie des cibles privilégiées dans le co-développement qui est envisagé.
Priorité à l’immuno-oncologie
Au-delà de cette signature l’entreprise, qui est en cours de levée de fonds pour accompagner ses développements cliniques déroule un pipeline solide et fait valoir quelques autres perspectives intéressantes. « En dehors de la partie gastro-intestinale, la priorité pour nous aujourd’hui c’est l’immuno-oncologie, » nous a confié Pierre Bélichard, Pdg d’Enterome. « Nous avons actuellement en cours 5 programmes en oncologie. » EO2401, vaccin thérapeutique novateur à base de peptides anticancéreux basé sur les homologies entre les antigènes associés aux tumeurs et les peptides dérivés du microbiome est le plus avancé. « Des datas positives ont été présentées à l’ASCO, » souligne Pierre Belichard. « Dans le glioblastome, nous sommes en train de finir la phase 2 et préparons notre protocole de phase 3. Nous sommes très satisfaits des résultats. Nous avons traité une centaine de patients et nous avons obtenu une immunogénicité majeure. » Ce candidat est aussi testé chez des patients atteints de tumeurs surrénaliennes. Là encore, les résultats sont, semble-t-il, au rendez-vous. « L’un de nos investigateurs nous a fait savoir que c’était la première fois en 20 ans qu’il voyait un signal positif de réduction de la tumeur surrénale chez ses patients, » note Pierre Belichard qui ajoute : « Nous avons démarré une étude de phase 2 randomisée qui normalement devrait être un essai pivotal et nous espérons une mise sur le marché en 2026. » Une procédure qui pourrait être accélérée en raison du caractère orphelin de la maladie. Outre EO2401, trois autres programmes issus de la plateforme OncoMimics poursuivent également leur chemin : EO2463 en phase 2 dans les lymphomes non hodgkiniens, EO2040 qui devrait entrer en clinique dans le cancer colorectal au cours de l’automne prochain et EO4010, une agrégation de 5 meilleurs peptides bactériens qui imitent les antigènes inducteurs de tumeurs impliqués dans différents cancers qui devrait être testé en 3e ou 4e ligne du cancer colorectal dans un premier temps. De quoi largement nourrir le news-flow des prochains mois… en attendant l’annonce majeure d’une prochaine levée de fonds.
(1) Lire « Enterome : une série E et 4 essais cliniques de front » dans BiotechFinances n°905 du lundi 29 juin 2020.

