Gleamer est déjà bien connu des radiologues français. Sa plateforme IA, qui les assiste au quotidien dans leurs diagnostics, est implantée dans plus de 65% des 32 CHU de France, et couvre plus de 40% du marché tricolore. Une notoriété qui dépasse largement nos frontières : la medtech se déploie dans environ 2 500 établissements de santé répartis dans 45 pays du monde, participant à l’analyse de quelque 35 millions d’examens depuis la commercialisation de ses services en 2020. De quoi lui assurer des revenus confortables et réguliers : “En 2024, nous avons atteint les 20 M€ d’ARR (contrats récurrents signés), dont 30% en France, 30% dans le reste de l’Europe, 22% aux Etats-Unis et 18% dans le reste du monde”, se félicite Christian Allouche, cofondateur et CEO de Gleamer, précisant que “sur ces deux dernières années, notre activité a doublé”.
95% des examens routiniers d’ici trois ans
Spécialisée jusqu’alors dans les rayons X, la mammographie et les scanners CT, Gleamer est montée d’un cran en ajoutant l’ultime corde à son arc : l’IRM. Pour ce faire, la société vient d’acheter deux pépites françaises. La première, Pixyl, créée en 2015 à Grenoble, a développé un outil d’IA marqué CE et certifié par la FDA qui décrypte les anomalies subtiles – type troubles neuro-inflammatoires et neurodégénératifs comme Alzheimer – sur les images IRM cérébrales. Tandis que la seconde, la parisienne Caerus Medical, créée en 2020 par David Vittecoq, est spécialisée dans l’analyse musculosquelettique par IRM et propose un produit qui détecte les pathologies lombaires – hernie discale, sténose, spondylolisthésis, œdème, etc. Avec ces acquisitions, dont le montant n’est pas dévoilé, “nous comptons plus de 100 salariés, soit environ un quart de plus, répartis dans 7 pays différents”, indique Christian Allouche.
Cette montée en puissance intervient alors que Gleamer est en train d’obtenir – dans une quinzaine de jours – le marquage CE pour son produit d’imagerie scanner oncologique OncoView, qui a bénéficié l’an dernier d’un financement de 4,5 M€ dans le cadre du programme France 2030. Lors du lancement initial d’OncoView, Gleamer proposera deux applications d’IA, LungCT et BoneCT, pour la détection des lésions pulmonaires et des métastases osseuses. Il y a trois semaines, la société a également lancé son outil de diagnostic par tomosynthèse (mammographie 3D).
Au total, Gleamer prétend « couvrir 70% des besoins et des spécialités des professionnels de l’imagerie médicale ». Cela en fait « le portefeuille d’imagerie IA propriétaire le plus complet du marché, dans le monde entier ». Gleamer vise maintenant à « couvrir 95% des examens de routine des radiologues d’ici trois ans ». Pour Christian Allouche, c’est cette vision holistique dont les hôpitaux et les radiologues ont besoin alors qu’ils font face à une demande croissante d’examens et à une pénurie de personnel. « Avec une interface unique, les professionnels gagnent du temps, de l’énergie et de la cohérence diagnostique », commente Christian Allouche, qui voit déjà en Gleamer LE futur “standard de l’industrie” dans ce domaine.
Marine Rabreau
36 M€ levés depuis la crÉation
Depuis sa création il y a huit ans, Gleamer a levé 36 M€ dont 1,5 M€ en seed en 2018 avec XAnge, Elaia et Bpifrance, 7,5 M€ en série A en 2020, puis 27 M€ en série B en 2023, soutenue par Supernova Invest et Heal Capital, en plus des historiques.





