(BiotechFinances n°991 lundi 20 juin 2022) Venant de boucler un investissement dans MITEM Pharma, son cinquième en trois ans, TechLife Capital est un fonds de growth venture spécialisé dans les secteurs de la santé et de la tech. Il cible des sociétés leaders sur leur marché en France et déjà rentables avec l’ambition d’en faire des champions européens.
Il y a quelques semaines, TechLife Capital investissait 10 millions d’euros dans MITEM Pharma, un laboratoire pharmaceutique dédié aux médicaments d’intérêt thérapeutique majeur. Fondée il y a trois ans par Jacques Rossignol (ex Alpha Private Equity, 21 Invest, Ekkio…), Grégoire Cayatte (ex Lazard, Devoteaem…) et Henry Huyghues Despointes (ex Alstom, 21 Invest…), ce fonds d’investissement français a bouclé à cette occasion sa cinquième prise de participation après celles réalisées dans X Path (diagnostics en anatomie et cytologie pathologiques), Flash Therapeutics (CDMO), MyData-TRUST (protection des données dans le domaine des sciences de la vie) et Maxxing (éditeur de logiciels de solutions de fidélisation et de gestion de campagnes dans le retail). Une sixième opération est en voie de finalisation.
Des investissements sous-leveragés
TechLife Capital est positionné sur trois secteurs : la santé, la santé-tech et tech-santé, et la technologie pure. « Ce sont des domaines stratégiques qui s’imbriquent de plus en plus et dans lesquels la France dispose d’un savoir-faire reconnu et de véritables pépites », justifie Jacques Rossignol. Alors que la compétition entre les investisseurs a gagné en intensité sur ces marchés ces dernières années (Mérieux Equity Partners, ArchiMed…), surtout depuis le début de la crise sanitaire, le fonds a choisi de ne s’intéresser qu’à des entreprises déjà rentables ou en passe de le devenir. Celles-ci doivent en outre déjà disposer d’une position de leader au niveau domestique. « Notre objectif est de les faire grandir et d’en faire a minima des champions à l’échelle européenne, indique le co-fondateur. En cela, notre politique consiste à sous-leverager nos investissements pour privilégier la croissance, quitte ensuite à ajouter de la dette afin d’accélérer le développement de l’entreprise. » Ne faisant que du growth equity, TechLife Capital n’investit pas, par exemple, dans des biotechs. Il vise des prises de participation, minoritaires comme majoritaires, d’au moins 7 millions d’euros.
Une approche par filières
Pour repérer ses cibles, TechLife Capital s’appuie sur une équipe de 10 operating partners spécialisés dans la santé et la tech, qui suivent une approche top-down. « Nous avons identifié une dizaine de filières dans lesquelles nous croyons fermement, prévient Jacques Rossignol. Nous commençons systématiquement par analyser de façon très granulaire leurs fondamentaux avant de rechercher les meilleures opportunités dans chacune d’entre elles. » Peu disert sur ses secteurs de prédilection, le fonds concède regarder de près l’industrie pharmaceutique. Après avoir déjà investi 70 millions d’euros, collectés auprès de family offices et d’entrepreneurs ayant réussi dans la santé ou la tech, TechLife Capital compte porter ce montant à 150 millions d’euros, voire 200 millions, dans les prochaines années.
Arnaud Lefebvre,
Journaliste Pôle Finances BiotechFinances

