(BiotechFinances n°945 – 31 05 2021) Créé fin 2019 par Rafaèle Tordjman, Jeito Capital signe un quatrième deal dans la biopharma. Après ses prises de participations successives dans la société néerlandaise Neogene et les strart-up françaises Innoskel et Sparing Vision, le fonds d’investissement entre en effet au capital de Pulmocide. Cette biotech britannique développe en clinique des traitements innovants contre les maladies pulmonaires. Jeito Capital dirige la série C de 75 M€ qui lui permettra de financer une phase 3 dans le traitement de l’Aspergillose Pulmonaire Invasive (IPA). À ses côtés se trouvent de nouveaux investisseurs, Adjuvant Capital et Asahi Kasei, ainsi que les actionnaires existants, SV Health, SR One, IP2IPO, F-Prime Capital, Johnson & Johnson Innovation et Longwood Capital. « Le dossier nous est parvenu par l’intermédiaire des fonds britanniques avec lesquels nous collaborons régulièrement », indique Sabine Dandiguian, la managing partner de Jeito Capital. « Plusieurs critères nous ont très vite convaincus du potentiel de Pulmocide », ajoute-elle « comme la qualité de l’équipe de chercheurs ex-GSK, le stade de développement avancé du produit proche de la commercialisation ou l’indication de 2e ligne pour des patients réfractaires aux autres thérapies et qui représente un accélérateur de mise sur le marché ».
Solidité des brevets aux USA
Généralement, Jeito Capital investit des tickets moyens compris entre 10 et 25 M€ dans les biotechs mais la mise peut monter jusqu’à 80 M€. Peu importe l’aire thérapeutique, seuls compte le potentiel des candidats médicaments, avec une attention toute particulière portée sur la solidité des brevets en Europe et surtout aux Etats-Unis. « C’est l’un des critères principaux sur lequel repose notre décision d’investissement, et c’est aussi souvent un point méconnu des dirigeants de start-up. Il faut choisir le bon moment pour déposer les brevets, éviter de le faire trop tôt, savoir définir le bon champs, pas trop large mais suffisamment pour se prémunir de la concurrence », commente Sabine Dandiguian. « Nous passons énormément de temps avec nos équipes spécialisées américaines sur cet aspect du deal, quelle que soit notre position dans le tour de table », précise-t-elle.
Priorité aux dossiers français
Jeito Capital qui avait levé 200 M€ l’an dernier tout en visant 500 M€ pour son closing cet été, a de bonnes chances d’atteindre son objectif. Labellisé TIBI, le fonds compte parmi ses principaux souscripteurs Bpifrance, des institutionnels français tels que CNP, AXA, Aviva ou BNP Paribas Fortis ainsi que Sanofi. Rien d’étonnant à cela, ce label sous la houlette d’Emmanuel Macron a pour but de créer des champions nationaux. Pourquoi dès lors réaliser deux investissements sur quatre au Royaume-Unis et aux Pays-Bas ? « Nous regardons en priorité les dossiers français y compris des biotechs qui sont à un an de la phase clinique sur l’homme », assure la Managing partner, « mais raisonnons aussi en termes de portefeuille. Or après des investissements early stage dans Innoskel et Sparing Vision, Pulmocide proche du marché nous permet de rééquilibrer le risque global », explique-t-elle. Jeito Capital dispose encore de deux ans et demi pour constituer un portefeuille de 12 à 15 participations. Avis aux candidats.
Un portefeuille en construction
- Sept 2020 – Neogene Therapeutics (thérapie cellulaire) Série A de 93 M€, co-lead avec les fonds britanniques EcoR1 Capital et Syncona
- Oct 2020 – Sparing Vision (thérapie génique) : Série A bis de 44,5 M€, co-lead avec les fonds britannique 4BIO et UPMC Enterprises et l’espagnol Ysios.
- Dec 2020 – Innoskel (thérapie génique) : Série A de 20 M€, lead






