La société de gestion vient d’annoncer un premier closing d’un montant initial de 140 M€ pour Biofund IV, son nouveau fonds dédié aux thérapies innovantes. Elle vise une levée totale de 250 M€, voire davantage, et espère convaincre en mettant en avant les sorties réalisées par les fonds des générations précédentes.
Ce 3 octobre, Kurma Partners a annoncé un premier closing pour un montant de 140 M€ pour Biofund IV, son nouveau fonds biotech. La société de gestion de capital-investissement, spécialisée dans la santé, vise un closing final de 250 M€ en 2025, voire au-delà. Olivier Millet, membre du comité exécutif d’Eurazeo, la maison mère de Kurma Partners, a même indiqué, lors de la présentation à la presse du nouveau fonds, que cet objectif serait certainement dépassé ! Il s’agit d’un changement d’échelle pour Kurma Partners qui avait déjà levé 55 M€ en 2013 dans le cadre de sa première génération de fonds (Kurma Biofund II) et 160 M€ en 2018 dans le fonds de deuxième génération (Kurma Biofund III). « La taille critique est de 150 M€, il faut pouvoir investir suffisamment dans les entreprises, les soutenir dans la durée et diversifier les investissements », souligne Thierry Laugel, Managing Partner chez Kurma Partners. Avec 250 M€, voire davantage, Biofund IV fera partie des gros fonds de la Place de Paris, un objectif revendiqué par Eurazeo. « Nous sommes à un point d’inflexion. Certes, la France et l’Europe ont du retard par rapport aux États-Unis, mais nous avons réussi à démontrer avec Kurma Partners qu’il était possible d’obtenir de très belles sorties et cette condition est indispensable pour lever de gros fonds », détaille Olivier Millet.
Participer à la création d’entreprises
Plusieurs acteurs de référence ont répondu présent lors du premier closing de Kurma Biofund IV : Eurazeo, bien entendu, qui a scellé un partenariat capitalistique avec Kurma Partners, mais aussi la BPI et une firme pharmaceutique australienne, CSL. À cela s’ajoutent d’autres investisseurs institutionnels et des family offices dont les noms sont tenus confidentiels. Déjà, lors des précédentes levées, des industriels figuraient parmi les investisseurs clefs, à savoir GSK pour Biofund II et Servier pour Biofund III. Les équipes envisagent une vingtaine d’investissements ciblés pour des montants compris entre 15 et 20 M€, dont 80 % seraient situés en Europe (environ la moitié en France) dans des entreprises qui développent des thérapies innovantes. Trois investissements ont déjà été réalisés, à savoir dans SciRohm (spécialiste de l’inflammation), dans Memo Therapeutics AG (transplantation), et enfin le fonds a participé à la création d’Avidicure aux Pays-Bas en 2024, une biotech spécialisée en oncologie. Biofund IV veut en effet investir dans des sociétés créées ex nihilo, une spécificité des équipes de Kurma Partners. « Nous sommes l’un des acteurs les plus actifs en Europe dans la transformation de la science de laboratoire en produits de santé », relève Rémi Droller, Managing Partner chez Kurma Partners. La société de gestion dispose, pour cela, d’un startup studio comprenant une vingtaine de spécialistes entretenant des liens étroits avec des instituts de recherche. L’une de ses précédentes participations, Corlieve Therapeutics, a, par exemple, été essaimée en provenance de l’Inserm. Biofund IV vise un TRI (taux de rendement interne) de 25 % pour une durée d’investissement classique comprise entre 4 et 5 ans.
Sandra Sebag
À noter : Biofund IV relève de l’article 8 du règlement SFDR (Sustainable Financial Disclosure Regulation), et intègre, à ce titre, dans sa sélection de projets, des critères extra-financiers. Une façon aussi de convaincre les investisseurs.





