La Cour des Comptes a publié le 23 janvier un rapport sur la gestion de l’Inserm (Institut National de Santé et de la Recherche Médicale) et de sa filiale de transfert de technologie, Inserm-Transfert. Si la juridiction de la rue Cambon reconnaît l’excellence de la recherche produite par l’institution, elle n’hésite pas à interroger sur certains aspects financiers, organisationnels, stratégiques et notamment le positionnement de l’Inserm. En effet, depuis plusieurs années, les agences en charge de l’innovation, du cancer, de certaines maladies rares se sont multipliées et parfois au sein même de l’institution (AVIESAN, ANRS | Maladies infectieuses émergentes…) quand ce ne sont pas des instituts de recherche thématiques (ICM, Ecoute et voir…), qui ont tous peu ou prou détricoté la légitimité pluridisciplinaire de santé de l’Institut. La question se pose aujourd’hui avec plus d’acuité dans une ère post-Covid où le gouvernement cherche à pallier certaines défaillances qui tenaient bien plus à l’absence des politiques de recherche et de stratégies de développement qu’à une quelconque organisation déficiente de l’Inserm. Certes, nous reconnaissons avec la rue Cambon que la gestion des ressources humaines laisse bien souvent à désirer, par manque de moyens financiers, qui sont éparpillés entre les différentes agences que les gouvernements successifs ont mises en place. Là encore, nous sommes face au saupoudrage tant décrié par le rapport de la Cour. Mais entendons-nous bien, l’Inserm, qui a bien le mot santé dans son intitulé depuis sa création en 1964, verra parait-t-il pour la première fois des fonds émanant du Ministère de la Santé participer à son budget dans le cadre du nouveau contrat de plan 2021-2025. Tout de même un peu surprenant tout comme la remise en question de l’institut parce qu’il y a de « la nouveauté dans l’air », alors que l’Inserm se classe deuxième institut de recherche mondial derrière les NIH dans les classements relatifs à la santé (cf. Scimago Institutions Ranking 2019) et de manière répétée. En faisant preuve de bon sens, il aurait peut-être mieux valu capitaliser sur la marque Inserm reconnue mondialement et construire autour plutôt que d’envisager une réduction des compétences et des prérogatives de l’institution au profit de nouveaux outils à la renommée et à la reconnaissance encore incertaines. Cela rappelle les principes de management de la haute fonction publique qui créée une commission pour solutionner un problème : ici nous avons créé des agences autonomes dont chacune va labourer son pré carré en espérant être reconnue ; d’ailleurs souvenons-nous lors de la création de l’INCa, futur opérateur de recherche, l’Inserm avait été tout aussi menacé.
La Cour des Comptes ausculte l’Inserm
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