Pionnier mondial, Alnylam commercialise aujourd’hui cinq traitements ARN interférents et traite plus de 6 000 patients. Elle a conclu de nombreux deals et recèle un pipeline très prometteur.
« Créée en 2002, notre société est parvenue à transformer une révolution scientifique, liée à la découverte des ARNi et récompensée par un prix Nobel en 2006, en une nouvelle classe thérapeutique. Celle-ci a fait ses preuves en termes d’efficacité et de tolérance, à la fois dans des maladies rares mais également dans des maladies prévalentes », se félicite Jean-Baptiste Caquelin, Directeur Général d’Alnylam France.
Ainsi, Onpattro (patisiran) a été approuvé aux États-Unis et en Europe mi-2018 dans l’amylose héréditaire à transthyrétine (ATTRv). Givlaari (givosiran) est commercialisé depuis 2020 aux États-Unis et en Europe dans la porphyrie hépatique, ainsi qu’Oxlumo (lumasiran), dans l’hyperoxalurie de type 1, dès 2021. La deuxième génération de traitements de l’ATTRv, Amvuttra (vutisiran), a été lancée en 2022 et devrait bientôt l’être dans l’ATTR cardiaque. En parallèle, le pipeline recèle des molécules dans les troubles du système nerveux central, l’obésité, le diabète et d’autres pathologies avec l’objectif de compter 20 programmes cliniques, dont 10 en phase avancée, d’ici fin 2025.
5 Mds$ levés depuis 2004
En mai 2004, Alnylam Pharmaceuticals a réalisé son introduction en bourse (IPO) en émettant 5 millions d’actions ordinaires à 6 dollars chacune, levant ainsi 30 M$. Et en avril 2020 elle s’est assuré le soutien de Blackstone qui a investi quelque 2 Mds$ comprenant l’achat de 50 % des redevances sur les ventes mondiales de l’inclisiran pour 1 Md$, un prêt à terme de 750 M$, un financement de 150 M$ pour le développement de programmes cardiométaboliques, et l’achat de 100 M$ d’actions ordinaires d’Alnylam. Au total, l’entreprise a levé 5 Mds$ depuis son introduction en Bourse en 2004. Reflet de l’intérêt que portent les Big Pharma à sa technologie, Alnylam a noué de nombreux partenariats au fil de son histoire. Chaque deal a une forme bien spécifique. Dans la recherche, des alliances ont été conclues dès 2005 avec de nombreuses entreprises. En 2014, Sanofi (Genzyme) a acquis 12 % du capital d’Alnylam et renforcé ses droits sur plusieurs médicaments pour 700 M€. À l’issue de ce partenariat, Alnylam a gardé les droits sur ses traitements de l’amylose héréditaire, tandis que Sanofi s’octroyait ceux du fitusiran dans l’hémophilie A et B (en phase III, avec une commercialisation espérée en 2025). La Big Pharma s’engage à verser à son partenaire des royalties à deux chiffres sur les ventes à venir.
L’entreprise a signé un autre deal en 2013 avec Medicines Company (rachetée depuis par Novartis en 2023 pour 9,7 Mds$) pour co-développer Leqvio (inclisiran), un anti-PCSK9 dans l’hypercholestérolémie. Novartis possède 100 % des droits de commercialisation en échange d’un upfront de 120 M$, plus des paiements supplémentaires et des royalties sur les ventes.
Le rapprochement avec Regeneron a débuté, quant à lui, en 2019 pour développer plusieurs cibles thérapeutiques exprimées dans l’œil, le système nerveux central et le foie. Les deux partenaires collaborent au développement. Puis, d’un commun accord, l’un d’entre eux peut décider de prendre le lead à 100 % sur l’une des molécules. C’est le cas d’Alnylam pour un traitement ayant démarré les essais cliniques, le mivelsiran, ciblant deux maladies du système nerveux central : l’Alzheimer et l’angiopathie amyloïde cérébrale. De même, depuis 2023, Alnylam co-développe zilebesiran, un traitement de l’hypertension avec Roche. Elle a reçu un montant initial de 310 M$ et sera éligible à des paiements supplémentaires, la valeur potentielle de l’accord pouvant atteindre 2,8 Mds$ en cas de succès. L’accord prévoit qu’Alnylam participe à hauteur de 40 % à la suite du développement clinique (les 60 % restants étant assurés par Roche). Lorsque le médicament sera disponible, Alnylam touchera 50 % des bénéfices engrangés aux États-Unis dans le cadre d’un co-lancement avec Roche, tandis qu’en Europe, la commercialisation sera uniquement assurée par son partenaire suisse. Alnylam s’est également alliée avec Vir Biotechnology dans l’hépatite B. À l’avenir, elle compte poursuivre sa politique active de partenariats.
Christine Colmont




