« Les market caps inférieures à 100 ou 200 M€ suscitent globalement la réticence »
Philippe Pouletty, cofondateur et DG de Truffle Capital

“Dans un contexte économique compliqué pour le secteur des biotech et medtech, nous sommes assez contents puisque Truffle a enregistré cette année deux importantes augmentations de capital pour les biotech Abivax (130 M€ en février, ndlr) et Carbios (une biotech non médicale, 141 M€ en juillet, ndlr) qu’il a fondées. Abivax et Carbios sont numéros 1 et 3 des capitalisations boursières européennes des biotechs au stade de R&D. Notre méthode d’entrepreneurs investisseurs porte donc ses fruits. A mon sens, cela montre que les sociétés qui ont des histoires ambitieuses et cohérentes continuent de séduire les investisseurs. Il demeure toutefois un point de vigilance car les market caps inférieures à 100 ou 200 M€ suscitent globalement la réticence. Elles sont plus volatiles et moins liquides. Or, c’est le cas de nombreuses sociétés du secteur qui auront tôt ou tard à se refinancer. Si la situation entamée à présent depuis février 2022 devait durer davantage, certaines risquent d’aller au tapis ou a minima seront forcées de réduire la voilure. Il sera alors d’autant plus difficile pour elles de se rétablir car quand on prend du retard, la durée des brevets s’amoindrit… tout comme par voie de conséquence la valeur et la compétitivité des futurs produits ! Pour Truffle, il apparaît clair que le secteur de l’inflammation est porteur. Le rachat de Prometheus (traitement contre la maladie de Crohn) par Merck (10,8 Mds$ en avril, ndlr) et un an plus tôt d’Arena (rectocolite hémorragique) par Pfizer (6,7 Mds$) le montre et cela augure un bel avenir pour Abivax, notamment.” La cancérologie et la bioEcoTech ont aussi un bel avenir à l’instar de Diaccurate (au portefeuille de Truffle, ndlr) et de Carbios.
Projets à court terme
“D’ici la fin de l’année, nous ferons des refinancements et des prises de participation avec notre fonds late stage. Il pourrait notamment y avoir à la rentrée une augmentation de capital pour Diaccurate (qui cible des cancers incurables, ndlr) dont le produit va entrer en phase 2b-3. Si les conditions de marché le permettent, et nous avons bon espoir d’une sortie de tunnel d’ici la fin de l’année, nous pourrions envisager l’IPO de l’une des sociétés en medtech ou en biotech. Les fondamentaux de la santé restent forts et il y a beaucoup de cash disponible qui ne demande qu’à être investi. Il est plus fructueux d’être optimiste et proactif que de se lamenter !”
Guillaume Mollaret




