La médecine digitale a le vent en poupe et pourrait peser quelque 100 milliards de dollars à l’horizon 2026, avec un rythme de croissance de plus de 40% par an. Retour sur les trois investissements de la Strategie Médecine Digitale de Sofinnova lancée cette semaine.
Kiro lève 13,8 M€ pour sa série A

« La biologie médicale est au centre du parcours de soins : à eux seuls, les examens contribuent à 70% des décisions de diagnostic ou de traitement », indique Alexandre Guenoun, fondateur et président de Kiro. Partant de ce constat, Kiro a développé une plateforme d’IA pour valoriser les résultats des examens de biologie médicale afin de les rendre plus compréhensibles pour les patients et plus pertinents pour les professionnels (médecins généralistes, spécialisés, laboratoires). Kiro a annoncé avoir levé 13,8 M€ en tour A, mené par Sofinnova partners et auquel ont aussi participé BPI France (via son fonds Ambition amorçage angels), Kurma Partners, le fonds canadien Propulia Capital et des entrepreneurs et business angels européens et américains (l’avocat Alain Decombe, Sylvain Gariel de DNA Script ou encore Jean-David Zeitoun). Cette somme permettra à Kiro – qui revendique 150 000 utilisateurs uniques mensuels – de renforcer ses équipes (de 15 personnes à une cinquantaine fin 2024), de conforter sa position en France et de se lancer sur le marché européen, puis américain. « Depuis 2021, une nouvelle réglementation impose aux laboratoires américains de communiquer directement aux patients les résultats de biologie médicale. Cela amène de nouvelles manières de réfléchir à la prise en charge et crée des opportunités », pointe Alexandre Guenoun. L’entreprise pourra notamment s’appuyer sur le réseau international de Sofinnova pour l’accompagner dans ses ambitions de développement.
« Aux Etats-Unis une nouvelle réglementation impose de communiquer directement aux patients les résultats de biologie médicale »
Alexandre Guenoun, fondateur et président de Kiro
BioCortex : 5 M€ pour développer CarbonMirror, sa plateforme techbio

La société britannique BioCortex a annoncé le bouclage d’un seed de 5 M€ – mené par Sofinnova partners et Hoxton ventures- pour poursuivre le développement de sa plateforme CarbonMirror. L’objectif de cette plateforme « techbio » est de modéliser les interactions entre le microbiome d’un patient et un traitement. « Nous avons déjà exploré plus de 150 des produits pharmaceutiques parmi les plus vendus du marché ainsi que plusieurs candidats-médicaments en cours de développement. Nous avons même exploré l’impact bactérien sur les médicaments en vente libre. Pour démontrer la pertinence de notre approche, nous nous concentrons en premier lieu sur l’immuno-oncologie », indique le Dr Nik Sharma,r cofondateur et directeur général de BioCortex. Si la solution est validée dans des modèles précliniques et cliniques, elle pourrait permettre de prédire les bénéfices et/ou les risques d’un traitement chez un patient. « Nous sommes convaincus que CarbonMirror redéfinira l’ensemble du domaine grâce à ses techniques de simulation approfondies reconstituant la relation complexe entre le microbiome, la santé et le traitement », ajoute Nik Sharma. BioCortex ambitionne d’ailleurs de ne pas se limiter au champ des médicaments, mais envisage que sa plateforme pourra avoir également un intérêt dans les champs de la santé des consommateurs ou même de l’agriculture.
« Modéliser les interactions entre le microbiome d’un patient et un traitement »
Nik Sharmar, cofondateur et directeur général de BioCortex
12 M€ en série A pour deepc et sa plateforme d’IA déstinée aux radiologues

Et de 12 (millions d’euros) pour deepc ! Avec cette levée lors d’un tour de financement en série A mené par Sofinnova partners, l’entreprise va pouvoir poursuivre le développement de sa plateforme d’IA et étendre sa commercialisation.
« Avec deepcOS®, le radiologue reçoit le scan pré-annoté par de multiples outils d’IA qui apportent des informations supplémentaires, lui permettant ainsi d’être plus efficace et précis dans son interprétation et son diagnostic. Cela représente un gain de temps et une capacité à fournir des réponses plus précises aux soignants », précise le Dr Franz Pfister, cofondateur et directeur général de deepc. Avec deepcOS®, la société allemande ambitionne ainsi « d’améliorer la qualité du diagnostic et du work flow ».
Parmi les chantiers d’évolution de la plateforme d’IA : le développement d’applications logicielles qui se superposent à la plateforme de base, le renforcement des capacités d’intégration avec les systèmes cliniques existants.
« Notre scan pré-annoté par de multiples outils d’IA, c’est un gain de temps et des réponses plus précises pour tous les professionnels de santé »
Franz Pfister, cofondateur et directeur général de deepc
Marie Albessard





