vendredi 12 décembre 2025

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MSD (MERCK & CO) MUSCLE SON INNOVATION EXTERNE

▶️ 5 min

(BiotechFinances n° 995 lundi 25 juillet 2022) Le laboratoire américain a signé plus de 90 accords importants, axés sur la recherche dans l’ensemble de ses aires et modalités thérapeutiques en 2021. Plus de 150 de ses collaborateurs sont dédiés aux activités de Business Development et de licences.

Trouver l’équilibre entre ses innovations propres et celles issues d’alliances a représenté l’une des clés du succès de MSD (Merck & Co). Environ la moitié de son pipeline – et plus de 50 % du chiffre d’affaires de la santé humaine – sont imputables aux traitements et aux brevets issus des partenariats. Fort de ces collaborations fructueuses, le groupe américain compte poursuivre sa recherche dans les domaines les plus innovants, quelles que soient les aires thérapeutiques et leurs provenances, internes ou externes. À un stade précoce, MSD est ouvert à toutes les options qui peuvent l’aider à accélérer sa R&D interne. À un stade plus avancé, la pharma cible de nouveaux actifs dont les caractéristiques claires et différenciées pourraient permettre de traiter des besoins médicaux non satisfaits. Aujourd’hui, le groupe est engagé sur trois axes thérapeutiques principaux : l’oncologie, les vaccins et les maladies infectieuses mais il reste ouvert et agnostique en matière de science de pointe. En 2021, ses dépenses en R&D ont atteint 12,35 Mds$, soit 25,1% de son chiffre d’affaires. MSD figure ainsi dans le top 10 mondial des sociétés pharmaceutiques en termes d’investissements en R&D avec une mise totale de plus de 50 Mds$ depuis 2010.

Un business Development dynamique

L’organisation de développement commercial et de licences (BD&L) de MSD fournit des capacités tout au long de sa collaboration avec ses partenaires, de la recherche à la commercialisation. « Les membres de notre équipe sont basés dans le monde entier, y compris nos unités BD&L qui sont intégrées dans nos centres de R&D de Boston, South San Francisco et Londres. Dans nos hubs, nous travaillons main dans la main avec nos scientifiques et nous nous engageons avec les milieux universitaires, les biotechs, nos pairs de l’industrie pharmaceutique et les investisseurs en capital-risque dans ces épicentres de l’innovation », indique Sunil Patel, senior vice president et Head, Business Development & Licensing chez MSD. Bien que le laboratoire ne dévoile pas le montant investi dans les alliances nouées, il se considère comme l’un des acteurs les plus actifs de l’industrie biopharmaceutique en Business Development. En 2021, BD&L a signé plus de 90 accords importants, axés sur la recherche dans l’ensemble de ses aires et modalités thérapeutiques.

Nouer une relation de confiance réciproque

« Pour MSD, le cœur de chaque collaboration réussie est une relation étroite basée sur la confiance et le respect mutuel. Nous nous engageons à faire en sorte que nos alliances réussissent et prospèrent en mettant l’accent sur la maximisation du potentiel scientifique de la collaboration. La signature de l’accord n’est que la première étape. Nos gestionnaires d’alliance sont mobilisés pour que, tout au long de nos collaborations, le travail collaboratif de nos équipes soit efficace », se félicite Sunil Patel.

Le BD&L participe non seulement activement aux communautés scientifiques des régions les plus actives mais il assiste également à de nombreuses conférences scientifiques axées sur les partenariats à l’échelle mondiale et régionale. « Notre hub installé à Londres couvre l’Europe et le Moyen-Orient pour les programmes d’avant preuve du concept. Notre site Internet BD&L – msdlicensing.com – permet aisément d’identifier un membre de l’équipe spécifique à contacter par région, par intérêt thérapeutique et par stade de développement », précise Sunil Patel. MSD s’engage avec des incubateurs à travers l’Europe. En outre, ses équipes apportent parfois leurs expertises aux start-ups au cours de ses discussions. Et même si le groupe espère que ces biotechs se tourneront vers lui quand il sera temps de s’associer, ces interactions ne sont grevées d’aucune condition.

De part et d’autre de l’Atlantique

Le groupe a mis un pied depuis longtemps sur le Vieux Continent. Il a conclu de nombreuses deals majeurs et réussis de notre côté de l’Atlantique. « Notre accord de 2012 avec l’allemand AiCuris a finalement abouti à l’approbation en 2017 d’un traitement pour prévenir l’infection à cytomégalovirus (CMV) chez les adultes ayant reçu une allogreffe de cellules souches hématopoïétiques (moelle osseuse) », souligne Sunil Patel. « Nous menons des essais cliniques actuellement pour évaluer le potentiel de cette thérapie chez les patients transplantés avec des organes solides. Nous travaillons également activement en partenariat avec la communauté universitaire européenne sur des accords au stade de découverte et portant sur de nouvelles technologies ». C’est le cas notamment, via son fonds MSDAVENIR dédié à la recherche qui a déjà soutenu 60 projets en France pour un montant total de 75 M€. Ainsi, 14 brevets ont été déposés et plus de 280 publications réalisées dans des revues scientifiques internationales, comme Nature ou The Lancet. Une start-up a même déjà été créée et d’autres verront le jour prochainement. Récemment, le groupe a commencé à investir 42 M€ supplémentaires dont 1,7 M€ dans un projet entre l’Institut Pasteur et MSDAVENIR, en vue d’anticiper les réponses à apporter aux futures épidémies virales à transmission vectorielle.

« En Business Development, notre type d’accord préféré est celui qui positionne toutes les parties pour réussir et qui est finalement conçu pour créer de la valeur pour tous, poursuit le dirigeant. Nous offrons flexibilité et créativité dans les négociations. Que l’innovation provienne du milieu universitaire ou de la biotechnologie, nous nous efforçons de rendre notre processus de négociation aussi rationalisé, clair et simple que possible pour parvenir à un accord qui conduira finalement à un succès partagé et bénéficiera aux patients. »

Second bras armé du groupe, son fonds MRL Ventures, détenu à 100 %, dispose d’un encours de 500 M$, dont une partie a déjà été employée. « Le ticket peut aller jusqu’à 20 M$ par investissement. Il s’agit de participations minoritaires dans des entreprises à un stade de développement préclinique », souligne Peter Dudek, Président de MRL Ventures Fund.

Bâtir des collaborations solides et durables est l’une des tâches les plus importantes que MSD s’est donnée pour les années à venir. « Nous avons besoin d’innovation externe pour stimuler notre pipeline et mettre au point des médicaments et des vaccins qui sauveront et amélioreront des vies, prévoit Sunil Patel. Les partenariats resteront partie intégrante de notre succès à l’avenir ».

Christine Colmont,
journaliste pôle scientifique BiotechFinances


Des équipes Etoffées

Plus de 150 collaborateurs sont dédiés aux activités de Business Development et de licences, sans compter celles du fonds MRL Ventures.

Sunil Patel

Senior Vice President & Head, Business Development & Licensing

Elizabeth Naldi-Jacob

Head, Headquarters Transactions

Peter Dudek

President, MRL Ventures Fund


Un renforcement dans les vaccins avec Themis

Themis Biosciences est tombée dans l’escarcelle de MSD en 2020, pour un montant non divulgué. La biotech autrichienne développait, en effet, un candidat-vaccin contre le SARS-CoV-2 avec l’Institut Pasteur. MSD a récupéré aussi dans la corbeille la plateforme vaccinale polyvalente basée sur le virus de la rougeole et développée à l’origine par l’Institut Pasteur. Celle-ci pourrait être utilisée pour d’autres candidats vaccins (Chikungunya, Zika…).

Une nouvelle expertise en oncologie avec Astex

En 2020, MSD a conclu un deal tripartite avec la britannique Astex Pharmaceuticals et le japonais Taiho, filiale d’Otsuka. En échange d’une licence mondiale exclusive sur les candidats inhibiteurs pour MSD, Astex et Taiho ont reçu conjointement un montant de 50 millions de dollars et pourraient percevoir 2,5 Mds$ supplémentaires de paiements d’étapes et de redevances pour les anticancéreux candidats, y compris un inhibiteur de Kras. Merck financera la recherche et le développement et la commercialisation mondiale. Taiho a conservé les droits au Japon et une option dans certaines régions d’Asie du Sud-Est.

Un accès à une plateforme de nouvelle génération avec Curve

En février 2022, MSD a signé un accord avec la britannique Curve Therapeutics portant sur sa plateforme de découverte de médicaments à base de cellules de mammifères. La biotech effectuera un criblage fonctionnel à haut débit basé sur les cellules de mammifères, la caractérisation des résultats, l’exploration et l’analyse des données et l’optimisation du microcycle. MSD optimisera les leads, sera chargé du développement clinique, de la fabrication et de la commercialisation des composés identifiés. Le paiement initial perçu par Curve pourra aller jusqu’à 1,7 Md$ si les cinq programmes thérapeutiques réussissent, sans compter les redevances potentielles.

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