Treize ans après sa création, Poxel, spin-off de Merck Serono spécialisée dans les traitements de maladies métaboliques, annonce des résultats positifs concernant son étude de phase II, DESTINY-1, pour le PXL065 dans la stéatohépatite non-alcoolique (NASH).
Cette dernière portait sur l’efficacité et la sécurité de l’énantiomère R de la pioglitazone (PXL065) stabilisé par substitution au deutérium dans la NASH. Elle a atteint son critère principal d’efficacité relatif à la réduction du taux de masse grasse dans le foie après 36 semaines de traitement pour toutes les doses. Les résultats histologiques, issus de biopsies hépatiques appariées, montrent une amélioration importante de la fibrose sans aggravation de la NASH.
Partenariat industriel
Fort de ces résultats, Poxel envisage de lancer prochainement la phase III, un cap particulièrement délicat sur lequel nombre d’acteurs de la biotech ont connu l’échec. « Notre différence avec nos concurrents, c’est que nous nous appuyons sur la pioglitazone, qui a déjà démontré ses bénéfices dans de multiples études » nous a confié Thomas Kuhn, directeur général de Poxel. « Nous pensons donc avoir une approche plus « dérisquée » que d’autres ». L’entreprise envisage de nouer un partenariat industriel en vue de cette étape cruciale qui concernera environ un millier de patients et dont le coût est estimé à plus de 100 M€. Des discussions ont déjà été entamées avec des acteurs du diabète (Lilly, Novo, Pfizer, Astra Zeneca, etc.) dont les programmes dans la NASH sont plus ou moins avancés.
Visibilité assurée jusqu’en février 2023
Au niveau financier, au 30 juin 2022, la trésorerie et les équivalents de trésorerie de Poxel s’élevaient à 16,1 millions d’euros, contre 32,3 millions d’euros au 31 décembre 2021. En août, la société a annoncé la restructuration de sa dette avec IPF Partners (IPF). Elle travaille aussi sur la monétisation de royalties avec le laboratoire japonais Sumitomo Dainippo Pharma qui détient les droits sur sa molécule phare, l’Imeglimine. Sur la base de ces éléments, Thomas Kuhn estime que « les ressources de Poxel seront suffisantes pour financer ses opérations et ses investissements au moins jusqu’en février 2023 ». Pour le moment, « l’environnement et les solutions non dilutives sont priorisées, mais nous ne nous interdisons pas de travailler sur des solutions dilutives », conclut-il.

