Newton défie la gravité de la crise de liquidités. Après un premier véhicule de 114 M€, le brusselo-tokyoïte Newton Biocapital s’est lancé à la course au closing d’un second fonds. « Nous visons un closing début 2024 à un montant supérieur à 150 M€ », annonce Philippe de Backer, son associé principal. L’opération devrait susciter l’enthousiasme en raison de l’historique de la société fondée par Alain Parthoens et Goro Takeda en 2017 afin d’accompagner de jeunes biotechs européennes et japonaises. Parmi les réussites les plus récentes, l’autorisation par la FDA du traitement contre les bouffées de chaleur de la ménopause d’Ogeda, participation vendue en 2017 au japonais Astellas pour 800 millions d’euros, un record national. La validation de l’entrée sur le marché américain déclenche le versement de 200 millions d’euros aux anciens actionnaires d’Ogeda, dont au premier chef Newton Biocapital.
D’Acticor à Santero : les prochains succès ?

associé principal de Newton Biocapital
En attendant, Newton Biocapital, qui est actionnaire d’Acticor Biotech en France, une société issue de l’Inserm développant un médicament innovant pour le traitement de maladies cardiovasculaires, a par ailleurs annoncé début juin sa participation au tour de table de Santero Therapeutics. La biotech belge a levé 8 millions d’euros, également auprès du fonds souverain belge (SFPI), des fonds WE et Sambrinvest et de business angels. Ses fondateurs, Cédric Govaerts et Abel Garcia-Pino, chercheurs à l’Université Libre de Belgique, ont identifié une enzyme essentielle dans le développement des bactéries. Grâce à ces connaissances, les futurs antibiotiques de cette biotech pourraient soigner tout type d’infection bactérienne, soit un marché potentiellement titanesque. « La technologie de Santero Therapeutics est unique et très sûre. Cette levée de fonds leur permet d’agrandir l’équipe et de débuter, une fois les molécules les plus prometteuses identifiées, le développement clinique. L’objectif est de mener un essai clinique de phase 1 dans les trois prochaines années », détaille Philippe de Backer, ajoutant « avoir la capacité de suivre l’équipe » si elle a besoin de plus de moyens à court ou moyen terme. « La résistance antimicrobienne est un véritable sujet de société », souligne l’ancien responsable de la taskforce covid du gouvernement belge et ex-député européen. Début juin, le Parlement européen a justement appelé à élaborer d’urgence des stratégies nationales en matière de résistance des bactéries aux antibiotiques, identifiée par l’OMS comme l’une des dix principales menaces avec un nombre de décès estimé qui devrait doubler d’ici 2050 à dix millions par an.
Annelot Huijgen


