La nouvelle a de quoi surprendre. Selon le site d’APMnews, Novartis serait à la recherche d’un repreneur pour son site essonnien des Ulis, où la production de son Kymriah (traitement à bases de cellules CAR-T) se déroulait. Faut-il y voir une démotivation à l’égard des thérapies cellulaires de la part du laboratoire suisse, une décision stratégique tombant de Bâle ou encore tout autre chose ? Méfiance envers les CAR-T ? Probablement pas, car malgré des revers subis par Novartis avec notamment l’échec de l’essai BELINBA ou l’enregistrement surprise en 3L dans le lymphome diffus à grandes cellules B (DLBCL) en 2018, l’engouement demeure. Ceci-dit, les potentialités se réduisent car si Yescarta et Breyanzi sont désormais prêts à grimper à la ligne supérieure de traitement, Kymriah devrait rester cantonné en troisième ligne. D’ailleurs, à la suite de problèmes de fabrication qui avaient déjà entravé le lancement de Kymriah dans le lymphome diffus à grandes cellules B (DLBCL) en 2018, Novartis avait annoncé en 2021, la mise en place d’une nouvelle plateforme T-Charge avec l’ambition avérée de « révolutionner les thérapies à CAR-T ». Avec T-Charge, issue de la recherche interne, des Instituts Novartis pour la recherche biomédicale (NIBR), la majeure partie de l’expansion cellulaire des CAR-T se réaliserait au sein du patient, ce qui réduirait le temps passé par les cellules ex vivo et contribuerait à préserver les cellules T naïves et les cellules T à mémoire de cellules souches. En outre, le processus réduirait le délai de fabrication des cellules immunitaires à moins de deux jours ainsi que d’au moins la moitié le délai global « de la veine à la porte » comme aime à le dire Jeff Legos, responsable mondial du développement en oncologie et en hématologie chez Novartis. Les résultats des premières thérapies CAR-T issus de T-Charge™, YTB323 (anti-CD19) et PHE885 (anti-BCMA) ont respectivement démontré des efficacités exceptionnelles en phase I dans le DLBCL (taux de réponse complète 73%) et dans le myélome multiple (taux de réponse complète 100%). Si ces données permettent d’envisager la décision stratégique de Novartis, elles n’expliquent pas celle de se séparer de l’entité que fut CellforCure, à moins de considérer l’impossibilité de cette structure de s’intégrer dans T-Charge. Voilà donc un véritable caillou dans la chaussure de France Biolead et quand on débute la marche, cela risque de devenir gênant pour ne pas dire douloureux. France BioLead, la nouvelle association pour la production de biomédicaments, aura fort à cœur de corriger ces situations où l’on voit partir certains fleurons (CellforCure, Yposkesi…) sans véritable contrepartie ou même vision stratégique de long terme.




