La medtech spécialisée dans la restauration du mouvement, suite à des lésions de la moelle épinière, a fait son entrée à la Bourse de Paris ce mardi 24 septembre. Elle espère pouvoir lancer son premier dispositif médical à la fin de l’année aux États-Unis.
Déjà cotée à Amsterdam et à Bruxelles, l’action Onward Medical a été introduite sur le marché parisien ce 24 septembre. Toute la direction d’Onward Medical était présente ce matin-là pour assister à la cérémonie de la cloche, ainsi que les co-fondateurs : les professeurs Jocelyne Bloch, neurochirurgienne franco-suisse, et Grégoire Courtine, neuroscientifique français. Tous deux ont d’ailleurs été récemment désignés parmi les 100 personnalités scientifiques les plus influentes au monde par le Times.
L’opération n’a pas été dilutive pour les actionnaires, car elle ne s’est pas accompagnée d’une augmentation de capital. « Notre entreprise entretient un lien particulier avec la France », a souligné Dave Marver, CEO d’Onward Medical, un ancien de Medtronic, arrivé à la direction générale en juillet 2020. « Cette cotation offre un meilleur accès aux investisseurs français, soutenant ainsi nos efforts pour répondre aux besoins importants non satisfaits des personnes souffrant de lésions de la moelle épinière en France et dans le monde entier. » L’ancrage en France d’Onward est déjà fort, avec plus d’un quart des collaborateurs de l’entreprise qui sont français.
Fondée en 2014, la medtech développe trois dispositifs innovants pour restaurer le mouvement. En février 2024, la société a reçu la dixième désignation de dispositif innovant (Breakthrough Device Designation) par la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis pour sa plateforme ARC Therapy. La technologie consiste en une stimulation ciblée et programmée de la moelle épinière, conçue pour être administrée par les dispositifs externes ARC-EX ou implantables ARC-IM. ARC Therapy peut également passer via l’ARC-BCI d’Onward, qui associe le système ARC-IM à la technologie d’interface cerveau-machine pour restaurer le mouvement.
Premières ventes attendues en 2025 aux États-Unis
Le développement de la société s’est accéléré cette année. En avril 2024, Onward Medical avait soumis sa demande d’approbation réglementaire à la FDA pour son dispositif externe le plus avancé ARC-EX Therapy transcutané, dédié à la rééducation du bras après une lésion cervicale de la moelle épinière. Son CEO attend l’aval des autorités américaines pour le quatrième trimestre 2024. Le dispositif devrait alors être commercialisé dans des centres de rééducation aux États-Unis, puis en Europe (après l’obtention de son marquage CE), à compter de l’année prochaine. L’équipe commerciale pour le commercialiser devrait être réduite. Quant à son deuxième produit, l’ARC-IM (implantable), il fera l’objet d’une étude pivot dès début 2025, incluant quelque 70 patients.
Pour son troisième dispositif, dont le développement est moins avancé qu’ARC-EX Therapy et ARC-IM, Onward a obtenu, en septembre 2024, une subvention supplémentaire de la Fondation Christopher & Dana Reeve pour financer une étude clinique. ARC-BCI représente un pont digital entre le cerveau et la moelle épinière, ou « Brain-Spine Interface ». Il combine son système ARC-IM Therapy avec l’implant français WIMAGINE BCI (non invasif pour le cerveau) développé par le CEA-Clinatec. La collaboration avec ce centre de recherche français est considérée par son CEO, Dave Marver, comme « cruciale en matière de recherche sur les interfaces cerveau-machine ». D’ailleurs, mi-septembre 2024, le Pr Jocelyne Bloch a implanté en Suisse le système ARC-BCI à un patient afin de restaurer sa mobilité après une lésion de la moelle épinière (SCI). En 2023, Nature Medicine a publié les détails d’une étude préliminaire de faisabilité clinique dans laquelle la thérapie ARC-IM a été utilisée pour traiter les troubles de la marche liés à la maladie de Parkinson. « Nous assistons à un changement de paradigme dans la prise en charge des personnes qui ont eu une lésion de la moelle épinière », se félicitent Jocelyne Bloch et Grégoire Courtine.
Afin de couvrir ses besoins de financement, l’entreprise a levé 20 M€ en mars auprès d’institutionnels français et d’actionnaires individuels, puis obtenu, fin juin, un prêt sécurisé allant jusqu’à 52,5 M€ auprès de Runway Growth Capital. Au total, l’entreprise a engrangé près de 150 M€ auprès d’investisseurs. Elle dispose actuellement d’une trésorerie de 30 M€, qui devrait lui permettre de financer son activité jusqu’à mi-2025, avant de dégager du chiffre d’affaires après le lancement de son premier dispositif médical.
Christine Colmont




