(BiotechFinances n°973 lundi 31 janvier 2022) A l’instar de Blackstone, KKR ou Eurazeo, un autre géant du private equity, cible à son tour l’innovation médicale comme stratégie d’investissement. Pictet démarre en effet la souscription d’un fonds dédié à la Healthtech, avec l’objectif de collecter 350 à 400 M€. Avec la force commerciale de la banque suisse couplée à l’appétence des investisseurs pour la santé, ce hard cap pourrait vite être dépassé. L’équipe menée par Yann Mauron estime toutefois que pour ce premier véhicule thématique, 400 M€ c’est le bon chiffre. En attendant, « un 1er closing est prévu le 8 février », précise le gérant de la stratégie du fonds.
Surexposition aux Etats-Unis et en Europe
60% de l’enveloppe ainsi collectée sera investie dans des fonds de capital-risque spécialisés, et le reste en direct dans des entreprises de santé. « La répartition géographique sera la même, d’abord les Etats-Unis, ensuite l’Europe et l’Asie en fonction des opportunités », indique Yann Mauron. A la question de savoir si les actifs américains ne sont pas devenus trop coûteux, il souligne pragmatique que les prix de sortie sont également très élevés…
Cinq segments clés d’investissement ont été identifiés : thérapeutique, diagnostic, santé numérique, technologie médicale et prestataires de soins et services de santé. A l’arrivée le portefeuille devrait contenir entre 20 à 25 investissements dans des fonds et une vingtaine de participations au sein d’entreprises. Les profils de celles-ci dépendront du secteur. « A priori, les investissements seront plutôt early stage dans la biopharma et le diagnostic, plutôt growth pour la santé numérique et les dispositifs médicaux et enfin buy out dans les services de santé », confie le gérant.
Ticket moyen de 5 à 15 M€
En termes d’aires thérapeutiques, sans surprise, seront privilégiés l’oncologie, l’immunothérapie, le SNC et les maladies rares. « Nous nous attendons à ce que la durée moyenne d’un investissement soit d’environ 6 ans. Ceci étant dit, nous comptons bien soutenir les entreprises sur le long terme, lors de leurs tours suivants de financement suivants », assure Yann Mauron. Le ticket moyen d’investissement sera lui compris entre 5 à 15 M€ environ.
La feuille de route semble donc bien tracée. L’équipe est en place et un comité scientifique qui sera consulté pour les choix d’investissement est en train d’être constitué. Il faut dire que Pictet connaît bien le secteur puisque la banque gère déjà un fonds biotechs dédié aux entreprises cotées. L’idée de ce nouveau fonds healthtech remonte à 2019, avant la crise Covid et la mise en lumière du secteur. « Déjà en 2018, 63% des nouvelles molécules mises sur le marché provenaient de petites biotechs », rappelle Yann Mauron. Le lancement du fonds a juste été décalé en raison de la pandémie. Les LP’s sont nombreux à s’y intéresser, une catégorie se manifeste plus que les autres, celle des anciens cadres de la pharma.





