80 M€. C’est le montant conséquent de la série B que vient de réaliser Precirix. L’opération a été menée par trois nouveaux fonds, INKEF Capital, Jeito Capital et Forbion aux côtés des actionnaires historiques (1). Cette nouvelle levée porte à 122 M€ les sommes réunies par la biotech belge depuis sa création en 2014. Elle doit lui permettre d’avancer dans la conduite des essais cliniques de phase 1/2 de son candidat médicament le plus avancé (CAM-H2) qui adresse les cancers du sein et gastriques métastasés et de porter, au travers d’une même plateforme, d’autres produits radiopharmaceutiques contre différents cancers au stade clinique. « Nous travaillons sur des anticorps développés naturellement par les chameaux auxquels nous associons une radiotoxine. La spécificité de ces anticorps, c’est leur petite taille qui permet une action ciblée sur les cellules cancéreuses tout en quittant très rapidement ces cellules pour ne pas endommager celles qui aux alentours sont saines », détaille Ruth Devenyns, PDG de Precirix.
Sur le marché, la plateforme se distingue dans le développement d’anticorps à domaine unique (sdAbs) radiomarqués pour diverses cibles, en combinaison avec différents isotopes et applicables dans plusieurs pathologies cancéreuses. « Notre technologie permet également une approche théranostique (qui privilégie le développement simultané des aspects diagnostic et thérapeutique en médecine nucléaire, ndlr), où les patients peuvent être sélectionnés à l’aide d’une version à faible dose/imagerie du produit, suivie d’une dose thérapeutique pour le traitement », précise la biotech.
Focus sur les Etats-Unis
Spin-off de la Vrije Universiteit Brussel (VUB), le centre académique universitaire d’excellence de Bruxelles, l’entreprise a été fondée par cinq scientifiques belges. Elle mène aujourd’hui ses essais cliniques aux États-Unis et au Canada, où est installé son partenaire industriel produisant ses molécules. « Si nous menons ces essais en Amérique du Nord, c’est à la fois une question de logique par rapport à notre partenaire, de coût, mais aussi de marché car il est plus important là-bas », indique Ruth Devenyns. Jusqu’à la fin de l’année, les essais concerneront, comme de rigueur, une phase d’escalade avant d’inclure des cohortes d’expansion dès l’an prochain.
Les investisseurs y croient. « Nous sommes heureux d’avoir codirigé ce financement dans Precirix. Nous continuons à identifier et à investir dans des entreprises qui ont le potentiel de devenir des leaders du marché dans le développement de thérapies de rupture pour des patients atteints de maladies graves et souvent sans alternative thérapeutique », déclare Rafaèle Tordjman, fondatrice et PDG de Jeito Capital précisant que « Precirix a le potentiel d’améliorer de manière significative la vie de nouvelles populations de patients grâce à ses produits radiopharmaceutiques de précision ». Dans cet objectif, la biotech belge qui compte 40 collaborateurs, enrichira ses équipes de « 20 à 30 personnes » supplémentaires au cours des prochains mois.
(1) Gimv, HealthCap, Novo Holdings, Pontifax Venture Capital, V-Bio Ventures, BioMed Partners





