Un an après l’inauguration officielle du premier biocluster français, son président Eric Vivier dresse un premier bilan à l’occasion de la journée internationale contre le cancer, du 4 février. Le Paris Saclay Cancer Cluster dont l’objectif est d’accélérer la recherche translationnelle en oncologie va lancer son premier appel à projets.
BF : Quelles ont été les étapes franchies au cours de cette première année ?
Eric Vivier : Unique en France, cet oncocluster est le premier biocluster labellisé dans le cadre du plan Santé France 2030. Son ambition : orchestrer des interactions fortes entre chercheurs, patients, professionnels de santé, start-up, PME, Big Pharma et investisseurs au sein d’un écosystème dynamique, intégré et vertueux.
Au cours de cette première année, nous avons constitué une équipe de quatre personnes, monté nos premières instances et en particulier un comité de sélection des projets et surtout nous avons affiné notre offre présentée sur notre nouveau site web. Le Paris Saclay Cancer Cluster (PSCC) est une porte unique pour accéder à l’ensemble des expertises et services en oncologie : obtenir des aides et un accompagnement, accéder à des plateformes technologiques, à des données de patients issues notamment de l’Institut Gustave Roussy, de l’Institut Curie, de l’AP-HP (Assistance publique des hôpitaux de Paris), d’Unicancer et avoir un accès optimisé à des essais cliniques. Ce cluster apporte des expertises pluridisciplinaires, des services d’accompagnement, des équipements de recherches de pointe, des infrastructures favorables à la coopération, et des capitaux. C’est l’ensemble de cette offre intégrée qui est proposée.

BF : Vous avez donc créé un écosystème dédié au cancer près de Paris ?
Eric Vivier : Ce biocluster a été créé par cinq fondateurs : l’Université Paris-Saclay, Sanofi, l’Inserm, l’Institut Polytechnique de Paris et l’Institut Gustave Roussy (IGR). Depuis, des partenaires clés comme l’AP-HP, l’Institut Curie et Unicancer nous ont rejoints. Nous avons ainsi bâti une constellation de plus de 80 entités publiques et privées diverses. A commencer par des biotechs comme Innate Pharma dont je suis le co-fondateur et directeur scientifique ou encore des sociétés spécialisées dans les données de santé comme Arkhn qui accompagne les établissements de santé dans la gestion de leurs données santé ou Owkin spécialisée dans l’Intelligence Artificielle appliquée à la médecine. Des chercheurs académiques, des collectivités territoriales et des laboratoires de taille moyenne comme Servier et Pierre Fabre sont désormais en passe d’intégrer le cluster.
BF : Comment le cluster est-il financé ?
Eric Vivier : Nous allons bientôt recevoir une subvention de l’État, comprise entre 80 et 100 M€, qui complètera les 150 M€ déjà apportés par Sanofi sous différentes formes. Ce financement nous permettra de lancer en France le premier appel à projets pour accéder à l’ensemble des expertises qui sont proposées par le PSCC. Les projets, dont le nombre n’est pas défini, seront examinés au fil de l’eau. Nous voulons désormais trouver d’autres financements pour que l’étincelle de départ soit à l’origine d’un véritable feu d’artifice et contribue à la mise en place d’un cercle vertueux.
Quelle est votre marque de fabrique et vos différenciations par rapport à d’autres clusters ?
Eric Vivier : Le PSCC est spécialisé en oncologie et propose une offre intégrée. Il est localisé au sud de Paris, à Villejuif, à proximité d’acteurs majeurs de la recherche clinique (Gustave Roussy, Institut Curie, AP-HP …) et académique (UPSaclay, IPParis …) dans une zone à forte densité industrielle (sites de Sanofi, Servier, plus de 80 start-ups …) et accessible avec l’extension de la ligne 14 parisienne. La ZAC Campus Gand Parc, dédiée aux sciences et à la santé, pourra accueillir les projets industriels dans des nouveaux bâtiments dédiés à l’innovation : quelque 100 000 m2 de bureaux, laboratoires et espaces partagés pour accélérer le développement de la science.
PSCC est destiné à devenir un navire amiral qui irradie de manière la plus efficace possible tout le territoire français dans un premier temps puis l’international, à commencer par l’Europe. A terme, notre objectif est de devenir un cluster international à l’image de celui de Boston pour augmenter la capacité industrielle dans le domaine de l’oncologie en France, que ce soit dans le médicament, le diagnostic, ou le dispositif médical contre le cancer.
Christine Colmont





