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jeudi 23 avril 2026

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Q1 2023 : LES PERFORMANCES DES FONDS BIOTECHS TOUJOURS DANS LE ROUGE

▶️ 6 min

Après une année noire en 2022, les performances des fonds investis sur les actions biotechs cotées s’améliorent. Elles sont toutefois toujours négatives depuis le début de l’année, en moyenne d’un peu moins de -4%, car pénalisées par la hausse des taux d’intérêts. Pour les spécialistes, ces sociétés devraient plutôt se tourner vers les fonds privés que vers les marchés pour trouver des capitaux.

Après une année 2022 particulièrement difficile, la performance des fonds investis sur les sociétés de biotechnologies cotées semble se redresser. Elle reste toutefois inférieure à celle de l’ensemble des marchés actions. « L’an dernier, les sociétés françaises de biotechnologies ont corrigé d’environ 50% », rappelle Clément Bassat, analyste financier chez Portzamparc, filiale de BNP Paribas. « Depuis le début de l’année, les performances des biotechs évoluent en ordre dispersé avec environ 40% de valeurs en hausse. Ainsi, pour 2023, l’indice européen Next Biotech affiche une performance de -2,80% au 14 avril contre +7,39% pour le CAC Mid & Small et un beau parcours de +16,01% pour le CAC40 qui pulvérise son record jour après jour ».

Clément Bassat,
analyste financier chez Portzamparc

Les fonds disponibles à la commercialisation en France affichent des performances en ligne avec les indices spécialisés. Ces dernières ressortent à la fin du premier trimestre à, en moyenne, -3,82%, selon le fournisseur de données Six Financial Information. Le meilleur fonds sur la période étant celui proposé par la société de gestion américaine Janus Henderson qui a généré une performance très légèrement négative au premier trimestre de -1,17% et le moins bon est celui géré par un autre groupe américain JP Morgan Asset Management, un fonds spécialisé dans les thérapies génétiques, qui a perdu un peu plus de 6% sur la période. Les écarts de performance entre les fonds s’expliquent par les choix de sélection des gérants. En dehors de deux fonds indiciels investis sur l’indice Nasdaq Biotech, les fonds biotechs commercialisés en France sont, en effet, gérés de façon active en fonction des convictions et des paris des gérants. Le fonds de Pictet, par exemple, dont la performance est de -6% sur le trimestre en dollar et de -4% en euro, a été pénalisé par la contre-performance de plusieurs titres. « Cytokinetiks (- 23,2%) par exemple a souffert d’un avis négatif de la FDA pour son médicament contre l’insuffisance cardiaque », explique la société de gestion. En revanche, certains de ces investissements ont bien performé depuis le début de l’année, c’est le cas par exemple de Seagen (+57,6%) qui a fait l’objet d’une offre public d’achat de Pfizer.

Un contexte macro-économique négatif

Outre les paris, la sous-performance à court terme des fonds biotechs par rapport à l’ensemble des marchés actions s’explique par les conditions macro-économiques. « Les hausses de taux d’intérêt des banques centrales exercent une pression sur les valorisations, précise Clément Bassat. Il devient également plus difficile pour les biotechs de lever des fonds avec de faibles valorisations et un coût du capital en hausse, un exercice pourtant indispensable pour des entreprises qui investissent massivement dans des programmes de recherche et qui ont ainsi besoin de se refinancer régulièrement auprès des marchés ». En attendant un changement d’orientation des politiques monétaires – qui n’interviendra pas a minima avant la fin de l’année – nombreuses sont les sociétés qui ont entrepris une restructuration de leurs activités. « Nous observons depuis plusieurs mois une rationalisation des pipelines au sein de nombreuses biotechs qui se concentrent désormais sur leurs programmes les plus avancés » avance Clément Bassat. Elles répondent à un changement de comportement des investisseurs qui ne sont plus prêts à prendre tous les risques. « Deux levées de fonds importantes réalisées en 2022 pour financer des essais cliniques de phase 3, à savoir 194 millions pour DBV dans l’allergie à l’arachide et 130 millions pour Abivax dans la rectocolite hémorragique, conforte notre vision d’un arbitrage des investisseurs vers les programmes les plus avancés », souligne Clément Bassat.

Mais pour les experts, ces restructurations pourraient s’avérer insuffisantes à convaincre à court terme les investisseurs en actions. « Du fait de la volatilité accrue sur les marchés, les investisseurs ont affiché en 2022 une baisse de l’appétit avec des retraits de près de 73 milliards d’euros sur les encours des fonds français en actions (environ 18% de baisse). Cette tendance touche également les fonds dédiés aux sociétés de biotechnologies, avance Christian Finan, associé chez Largillière Finance.

Christian Finan,
associé chez Largillière Finance

La bourse joue de moins en moins son rôle de financement sur ce segment avec très peu de nouvelles sociétés de biotechnologies cotées en 2022. Cette réalité n’est heureusement pas le cas en privé pour les fonds de private equity, de venture capital et de family offices qui disposent encore de liquidités importantes à investir. Les sociétés de biotechnologies peuvent, aujourd’hui, plus facilement trouver des financements sur les marchés privés que sur les marchés cotés. Les sociétés françaises, qui bénéficient de la forte qualité des études scientifiques et des recherches académiques, disposent de plus d’une très bonne réputation auprès des fonds anglo-saxons ». D’ailleurs, plusieurs grosses levées de fonds ont eu lieu récemment sur les marchés privés. « Jeito vient de diriger un financement de série C de 96 millions d’euros pour Alentis Therapeutics aux côtés de Novo Holdings et de RA Capital Management et ce ne sont pas les seuls fonds d’investissement à être actifs ces dernières semaines », souligne Christian Finan. Si cette tendance est encore à confirmer dans les prochains mois, le secteur pourrait bénéficier à plus long terme d’une réglementation plus adaptée à l’innovation et attirer ainsi à nouveau des investisseurs en action. « La pandémie aura eu pour conséquence d’entraîner un environnement réglementaire plus favorable à l’innovation dans le domaine de la santé, avec des régulateurs, tels que la FDA aux États-Unis, qui devraient continuer à offrir des voies de commercialisation plus rapides pour les thérapies transformatrices. De plus, la loi sur la réduction de l’inflation (Inflation Reduction Act) offre désormais une plus grande visibilité sur la fixation des prix des médicaments », conclut Chris Mellor, responsable de la gestion des produits ETF actions et matières premières EMEA chez Invesco.

            Sandra Sebag


Un intérêt marqué pour les « neurotechs » ou encore pour les applications de l’ARN

L’innovation est au cœur des sociétés de biotechnologies. Parmi les thèmes d’investissement porteurs, selon les spécialistes figurent de longue date, l’oncologie, mais il n’est pas le seul. « Les medtechs développent des dispositifs qui peuvent être rapidement opérationnels, c’est le cas par exemple de Biocorp avec son stylo dédié à l’insuline et qui digitalise les prescriptions », indique Clément Bassat, analyste chez Portzamparc. Les investisseurs s’intéressent aussi aux travaux sur les maladies neurodégénératives. « Depuis plusieurs mois, nous assistons à une forte attraction de la thématique des « brain ou neurotechs » qui attirent les investisseurs compte tenu du potentiel de personnes concernées et d’un retour sur investissement plus rapide que dans les biotechs classiques », souligne de son côté Christian Finan, associé chez Largillière Finance. Les thérapies géniques devraient aussi délivrer de nouvelles solutions dans les prochaines années et sont surveillées à ce titre par les investisseurs. « L’élargissement des applications de l’ARNm au-delà des maladies infectieuses, les nouvelles thérapies cellulaires pour le myélome multiple, les thérapies géniques avancées facilitées par les nouvelles techniques de séquençage des gènes, et les thérapies émergentes pour l’obésité font parties des innovations qui ont été accélérées par les dépenses d’investissement engagées depuis la pandémie », explique Chris Mellor, responsable de la gestion des produits ETF actions et matières premières EMEA chez Invesco.


Les fonds spécialisés sur les valeurs de santé européennes surperforment largement les fonds biotechs.

Depuis le début, le thème de la santé affiche une meilleure performance que celui des fonds investis sur les biotechs cotées. Selon le fournisseur de données Six Financial Information, la performance moyenne des fonds commercialisés en France sur le thème de la santé est de -0,95%. Mais ce qui caractérise le classement de cet univers d’investissement est l’écart important entre les fonds investis sur les valeurs européennes et ceux investis aux Etats-Unis. Ainsi les fonds en euro ont -ils pour leur très grande majorité une performance positive. Les 20 meilleurs ont une performance positive comprise entre 4,86% et 2,15% au premier trimestre. Ce thème rencontre d’ailleurs la faveur des investisseurs car les valeurs de santé sont traditionnellement considérées comme défensives et donc indiquées dans les périodes où les perspectives macro-économiques sont incertaines. Notons également un grand nombre de fonds indiciels figurant en tête des classements. Le meilleur fonds sur la période est un ETF d’Invesco qui a délivré une performance de 4,86%, il est suivi par un ETF d’Amundi dont la performance est de 4,5%. Le premier fonds du classement géré activement arrive en 6ème position. Il est proposé par une société de gestion britannique Perinvest et offre une performance de 4,08%. En queue de peloton figure a contrario, des fonds indiciels investis sur le secteur de la santé aux Etats-Unis dont les performances sont négatives de l’ordre de -6%. De l’autre côté de l’Atlantique, les valeurs de croissance ont surperformé au premier trimestre dans un contexte où les investisseurs avaient commencé à anticiper la fin de la hausse des taux d’intérêt.

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