L’annonce a surpris l’écosystème : à l’issue du board du 11 février, Paul Hudson, l’actuel directeur général de Sanofi n’a pas été reconduit comme administrateur. En termes beaucoup moins diplomatiques, il a été remercié. Assez sèchement d’ailleurs, puisque ses cartons devront être faits pour le début de la semaine prochaine (le 17 février au soir sera donc son dernier jour : pot de départ ou non ?). Les retards et les échecs (amlitelimab dans l’asthme, balinatunfib dans le psoriasis, itepekimab dans le BPCO) accumulés, à propos de molécules sensées atténuer le « patent cliff » du Dupixent, ont lassé le board, qui a donc tranché dans le vif. Selon le communiqué de presse, le Conseil d’administration de Sanofi a décidé d’aller chercher de la « rigueur » ailleurs, en Allemagne pour être précis, puisque le remplaçant sera une remplaçante, le Dr. Belén Garijo, deuxième femme à prendre les rênes d’un labo du top 10. La situation semblait si urgente qu’un intérim sera assuré par Olivier Charmeil, Vice President Exécutif Médecine Générale jusqu’au 29 avril 2026, date de la prochaine AG du groupe, qui devrait nommer l’actuelle PDG de Merck KGaA, DG de Sanofi. Toutefois, sa nomination nécessitera la modification des statuts visant à relever la limite d’âge applicable au Directrice générale lors de sa nomination, madame Garijo a plus de 65 ans. Si l’on en croit les termes du CP, elle est venue pour rester et transformer en profondeur le labo français, apportant certes plus d’exigences, mais aussi pour préparer l’avenir du groupe en renforçant sa productivité, sa gouvernance et sa capacité d’innovation de la Recherche & Développement. Un vaste programme, qui n’est pas sans rappeler la propre feuille de route du déjà regretté Paul Hudson, si l’on en croit la bourse. Reconnaissons que Paul Hudson avec ses six années et quatre mois aura duré bien plus longtemps que certains de ses prédécesseurs. On se souvient des passages éclairs de Gérard le Fur, Olivier Baudricourt qui avaient péniblement dépassé l’année en poste, tandis que Chris Viebacher, qualifié d’éphémère avait duré 5 ans et 11 mois, bien loin derrière les 19 années de Jean-François Dehecq. Sanofi serait-elle particulièrement difficile à manager avec un plafond de verre à la sixième année ? Il est vrai que plusieurs patrons de laboratoires comme Albert Bourla chez Pfizer, Vasant Narasimhan chez Novartis, soit débutent ou terminent leur sixième année, mais dans des contextes nettement plus favorables. L’exception serait Pascal Soriot qui entame sa 14ème année à la tête d’AstraZeneca. Souhaitons donc la bienvenue et bon retour à madame Garijo, qui a été VP des Opérations Pharmaceutiques de Sanofi pour l’Europe et le Canada. Sa tâche si grande mérite tout le succès possible et il lui faudra une opiniâtreté à toute épreuve !
Exergue : « … le remplaçant sera une remplaçante, le Dr. Belén Garijo, deuxième femme à prendre les rênes d’un labo du top 10. »




