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mardi 17 mars 2026

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SATT : L’HEURE DE LA MATURITÉ A SONNÉ

▶️ 7 min

Créées en 2012 dans le cadre du PIA mis en place par l’Etat pour soutenir l’innovation de rupture, les 13 SATT réparties sur le territoire français sont désormais reconnues pour leur professionnalisme et leur utilité, particulièrement dans le domaine de la santé, qui représente plus de la moitié de leur activité. L’harmonisation des pratiques pour améliorer plus encore leur lisibilité est à l’ordre du jour une condition sine qua non pour accroître leurs performances.

Laurent Baly, président du réseau SATT

Voilà déjà 10 ans que les SATT (Sociétés d’Accélération du Transfert de Technologies) ont été créées. L’occasion pour le secteur de dresser le bilan de ces sociétés qui assurent le relais entre les laboratoires de recherche publique et les créateurs d’entreprises ultra-innovantes. “Avec 18 000 inventions détectées, 3 800 brevets déposés, 650 M€ investis, 1 700 accords de licences signés avec plus de 1 200 entreprises, et 750 startups créées qui ont levé 1,5 milliard d’euros et généré 3000 emplois, les SATT ont réussi, en une décennie, à prouver leur efficacité dans le transfert de technologies”, se réjouit Laurent Baly, président du réseau SATT, qui fédère depuis 2014 les 13 SATT réparties sur le territoire français.

D’un côté, les SATT se mobilisent pour valoriser la recherche publique française : on sensibilise les chercheurs, on va dénicher leurs innovations à fort potentiel technologique, on intervient même auprès des étudiants et des doctorants pour les acculturer au plus tôt à l’innovation. De l’autre côté, elles fédèrent les porteurs de projets d’innovation de rupture, accompagnent les TPE et les PME de nos territoires et leur apportent des solutions technologiques dérisquées ainsi qu’un accompagnement complet en phase de pré-amorçage”, résume Laurent Baly, également président de la SATT Sud-Est. “Si bien qu’aujourd’hui, les SATT ont un accès privilégié à 80% de la recherche publique française et 65% des start-up deeptech créées en France en sont issues”, abonde-t-il.

Les SATT au coeur des plans deeptech et France 2030

Créées dans le cadre du Programme Investissements d’avenir (PIA) mis en place par l’Etat en 2010, les SATT ont bénéficié des quatre programmes successifs et d’un fonds exclusif de 856 M€. Filiales d’un ou plusieurs établissements publics et détenues à 33% par Bpifrance, elles sont devenues les interlocuteurs privilégiés dans le cadre du “plan deeptech” confié par l’Etat à Bpifrance en 2019, puis du récent plan “France 2030”, qui vise la création de 500 start-ups deeptech par an d’ici 2030 pour accélérer la reconquête industrielle et renforcer la souveraineté du pays dans des domaines stratégiques, en renforçant la mise en place de Pôles Universitaires d’Innovation (PUI).

Dans ce cadre, l’Etat vient de consacrer 275 M€ pour financer les phases de pré-maturation et de de maturation des résultats issus des stratégies d’accélération. Les SATT sont ainsi impliquées en tant que chefs de file sur l’ensemble des 17 consortiums lauréats sélectionnés, comme le projet Catriem, dont la mission consiste notamment à prévenir et contrôler les Maladies Infectieuses Émergentes (MIE), avec Inserm Transfert qui chapeaute la prématuration et la SATT Pulsalys qui pilote la maturation.

Les SATT, des acteurs clés dans le domaine de la santé

Au sein des SATT françaises, la santé (au sens large) représente plus de la moitié de leurs activités. “Les biotechs et les medtechs sont des domaines où les SATT, dont la mission principale consiste à financer les phases de maturation des inventions, proposent un modèle particulièrement pertinent. En effet, plus encore que dans d’autres secteurs, les start-ups de la santé nécessitent de longs et coûteux investissements en R&D avant de pouvoir imaginer bénéficier de retours sur investissements et les fonds de capital-risque restent très prudents, tout comme les grands groupes pharmaceutiques qui préfèrent investir une fois que les projets ont atteint une certaine maturité. Concernant les start-ups propulsées par les SATT, ils attendent le plus souvent la phase de tests sur les humains pour se positionner”, explique Hervé Ansanay, responsable de la filière Biotech à la Direction des partenariats industriels du Réseau SATT. Une analyse partagée par Pascal Breton, référent Innovation santé animale/santé humaine au sein de la société de conseils Tech Transfer Innovation : “Les SATT apportent financement et accompagnement au moment où il n’en existe pas. Elles permettent, une fois passées en pré-maturation auprès des universités via l’Inserm Transfer ou le CNRS Innovation, de transformer l’invention en preuve de concept”.

Nous apportons des ressources humaines, matérielles et financières pour cadrer le projet avec des objectifs en termes de compétitivité mais aussi en matière d’impact socio-économique et de protection juridique”, détaille Laurent Baly. Sur ce dernier point, l’efficacité des SATT est unanimement reconnue : “les SATT disposent d’ingénieurs Brevets et de juristes en propriété intellectuelle hyper compétents”, souligne Pascal Breton, “ce qui est de nature à vraiment sécuriser les projets”. Pour Laurent Baly, les SATT sont devenues “un véritable tiers de confiance : nos études permettent d’affirmer qu’une start-up qui utilise une technologie issue de la recherche publique et qui est valorisée par une SATT lève plus facilement et plus massivement des fonds pour avancer, particulièrement dans la santé”. Ainsi dans le domaine des dispositifs médicaux, où la France compte 1 500 entreprises (dont 93% de startups et de PME) et 90 000 emplois pour un chiffre d’affaires global de 30 Mds€, les SATT ont accumulé un portefeuille de 400 titres de propriété intellectuelle et investi plus de 35 M€ sur quelque 300 projets en pré-maturation ou maturation. Parmi ces pépites, figurent VB-Tech, qui développe la technologie du cerveau virtuel avec une première application pour l’épilepsie ou AcuSurgical, Grand Prix du concours i-Lab 2020, qui veut proposer une solution robotique de haute précision visant à assister la micro-chirurgie rétinienne. Du côté des biotechs, la SATT Sud-Est s’est par exemple investie auprès d’Emergence Therapeutics qui développe à Marseille de nouvelles immunothérapies pour le traitement du cancer de la vessie, du sein et du pancréas. Créée en 2019, la start-up a déjà levé 87 millions d’euros.

Une filière professionnelle désormais reconnue

Après un démarrage difficile, les SATT sont ainsi parvenues à construire une filière professionnelle désormais reconnue. “Quand elles ont été créées, les SATT ont été perçues comme une énième couche qu’on venait ajouter au mille-feuille bureaucratique français. En effet, dans toutes les universités, à l’INSERM, à l’INRA, au CNRS ou au CEA, il y avait déjà des structures de valorisation de transfert de technologie,” recontextualise Pascal Breton, qui cumule 35 années de carrière dans l’innovation dans la santé et qui revendique la création de 5 start-ups. “Mais il faut reconnaître qu’il y avait un vrai besoin de renforcer leur potentiel, et avec le temps, les SATT ont su trouver leur place et apporter de la valeur ajoutée dans le secteur du transfert de technologie”.

Matthieu Coutet, managing partner chez Adbio Partners

En créant plus d’une dizaine de SATT d’un coup, sans en avoir harmonisé le fonctionnement ni les process, les messages n’étaient pas très clairs au départ. Et les SATT se sont montrées plus ou moins efficaces. “La SATT Grand Centre a constitué un échec”, rappelle Pascal Breton. “Elle a fermé en 2019. L’équipe locale n’a pas su aller chercher l’innovation ni s’intégrer à l’écosystème”. “Au bout de 10 ans d’expérience et en réussissant les audits menés tous les trois ans, les SATT ont su écarter un grand nombre de difficultés et consolider les bonnes pratiques”, assure Hervé Ansanay. “En une décennie, les SATT se sont vraiment professionnalisées. La qualité et la fluidité des échanges s’est considérablement améliorée”, assure Matthieu Coutet, managing partner chez Adbio Partners, un VC dédié à l’investissement early-stage dans les start-ups spécialisées dans les sciences de la vie.

La mutualisation des bonnes pratiques

Depuis fin 2022 et, à la faveur d’un soutien financier par l’Etat de 18 millions d’euros sur trois ans pour favoriser les actions mutualisées inter-SATT, le réseau SATT a créé une Direction nationale des partenariats industriels, composée de 4 pôles (greentech, numtech, biotech et medtech). “Maintenant que les SATT sont bien ancrées dans nos territoires, il est temps de mettre en commun nos ressources et nos expertises, de travailler davantage en transversal, de centraliser les meilleures pratiques et de partager des outils communs”, expose Hervé Ansanay, qui coordonne cette filière auprès des 13 SATT. “C’est un très bon signal de rationaliser l’activité des SATT. Même s’il est important que les SATT maintiennent une certaine autonomie, harmoniser certaines pratiques apporterait une lisibilité qu’il manque encore”, juge Pascal Breton. Notamment en matière de financements. “Toutes les SATT ne fonctionnent pas de la même façon. Certaines vont négocier une prise de participation dans les start-ups, d’autres un upfront puis des milestones et des royalties… Cependant, on sent que les SATT souhaitent trouver les meilleures solutions pour préserver leurs intérêts”, estime Matthieu Coutet. La Bpifrance vient en ce sens de publier un guide de bonnes pratiques. “Il vise à conseiller les start-ups deeptech dans leurs négociations de licences sur le pacte d’actionnaires, la répartition du capital et dans leurs relations avec les acteurs du transfert de technologie et les investisseurs”, précise Sonia Falourd, responsable du service programme et expertise deeptech au sein de Bpifrance et administratice au sein du réseau SATT.

En effet, à leur création, les SATT devaient viser l’équilibre budgétaire à 10 ans. Un objectif “inatteignable”, selon nos interlocuteurs unanimes, instaurant une forme de pression qui a pu, parfois, se répercuter sur les start-ups. “Le Covid puis la géopolitique en Europe et ses répercussions à l’échelle de la planète ont démontré l’absolue nécessité de retrouver une souveraineté nationale sur des domaines stratégiques, dont la santé fait partie, afin de rester maître de notre avenir. Notre objectif n’est pas l’équilibre budgétaire à tout prix mais bel et bien de favoriser l’émergence de projets à haute valeur ajoutée technologique au service de l’économie française”, tranche Laurent Baly, tout en assurant que toutes les SATT sont sur une trajectoire pour atteindre l’équilibre de leur structure, tout en opérant des fonds de maturations et de propriété intellectuelle. Les SATT françaises poursuivent ainsi la construction d’un modèle unique, qui suscite l’intérêt des pays étrangers comme la Belgique, l’Allemagne, l’Angleterre, l’Irlande, la Suède, l’Espagne ou le Canada.

            Marine Rabreau

 

 

Treefrog Therapeutics, la success story d’Aquitaine 

Quand les normaliens Maxime Feyeux, docteur en neurobiologie, et Kevin Alessandri, docteur en physique, bouclent leurs thèses en 2014 à Genève, ils choisissent l’université de Bordeaux pour monter leur projet d’industrialisation des thérapies cellulaires. Dès 2015, le CNRS Aquitaine leur alloue une bourse de 300 000 € pour une prématuration. Puis ils sont rapidement mis en contact avec la SATT Aquitaine Science Transfert, qui réalise, entre mars et décembre 2017, son plus gros investissement dans un programme de maturation, d’un montant d’1,2 M€ dont 400 000 € dédiés à la propriété intellectuelle (7 brevets déposés) et l’objectif de réaliser une preuve de concept pré-industrielle de production de cellules souches. En juillet 2018, les deux associés sont lauréats du Grand Prix de l’innovation i-Lab et en décembre 2018, ils fondent Treefrog Therapeutics et développent leur plateforme technologique C-Stem™ pour la culture de cellules souches en 3D, visant à réduire de 100 fois les coûts de production. Après avoir levé plus de 10 M€, ils inaugurent leurs premiers locaux industriels en juin 2020 puis débloquent encore 64 M€ en 2021, avec comme premier investisseur BPI et son fonds Large Venture, pour industrialiser leur technologie et viser un premier essai clinique dans la maladie de Parkinson en 2024. Des objectifs toujours valables, alors qu’il y a 6 mois, Treefrog Therapeutics a annoncé la livraison d’un encapsuleur cellulaire, conforme aux normes de bonnes pratiques de fabrication (BPF). Une machine conçue avec le spécialiste australien de l’automatisation des procédés pharmaceutiques Invetech et qui pourra être utile pour d’autres indications (foie, diabète, régénérescence rétinienne…).

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