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vendredi 20 mars 2026

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SERVIER : LES LIAISONS HEUREUSES AVEC LES BIOTECHS

▶️ 5 min

(BIOTECHFINANCES N°962 Lundi 25 octobre 2021)  Le laboratoire français a entrepris une démarche proactive de recherche de partenariats. Il privilégie les accords de licence exclusive pour la commercialisation voire le co-développement de molécules mises au point par des biotechs mais s’autorise aussi des acquisitions d’entreprises. Une mécanique bien rôdée qui mobilise plus de 160 collaborateurs dans le monde.

L’équipe d’éclaireurs de Servier parcourt sans relâche l’Europe, l’États-Unis et la Chine. Leur objectif : repérer les pistes les plus prometteuses dans les axes thérapeutiques de prédilection du laboratoire français : l’oncologie, les neurosciences et l’  immuno-inflammation. Résultat : la pharma compte aujourd’hui plus de 70 alliances nouées avec des laboratoires, des biotech et le monde académique.

650 contacts par an en vue d’un partenariat

« Sur les 1 500 sociétés identifiées, nous avons étudié 580 projets », décrit Eric Falcand VP global business developement de Servier. « Certaines biotechs nous envoient spontanément leurs propositions et nous en rencontrons de nombreuses lors d’évènements comme Bio International Convention, JP Morgan Healthcare Conference ou encore Jefferies London Healthcare Conference », indique-t-il. « En moyenne, nous établissons 650 contacts par an à l’exception de 2020, une année moins soutenue en raison de la pandémie (365 contacts) mais où nous avons tout de même signé 20 partenariats, dont de nombreuses collaborations de recherche », précise cet expert du BD.

En règle générale, « nous privilégions les accords de licences exclusives avec différentes options en fonction du stade de développement des composés, de la maturité de la société partenaire et de différents autres critères, comme la preuve de l’efficacité et la sécurité du traitement », détaille Eric Falcand. « Nous décidons alors d’accompagner le développement en conservant l’entièreté des droits. Un accord peut aussi être noué en phase 2b. Mais la conclusion de contrats d’option plus sophistiqués est également envisageable, dès la phase de preuve de concept ou la phase 1. Aussi, si le partenaire souhaite poursuivre le développement du produit, en s’appuyant sur son expertise et/ou s’il a gardé des droits sur certains territoires, un co-développement du produit peut être envisagé. L’avantage pour nous d’être une société de taille moyenne, c’est notre proximité avec les partenaires, qui nous font entrer dans une vraie collaboration », observe-t-il.

Après avoir noué plusieurs partenariats avec des sociétés américaines, européennes (françaises, allemandes, belgo-néerlandaise et britanniques) et une chinoise (MJJ Biotech), le laboratoire regarde désormais sérieusement le marché de l’Empire du Milieu dans laquelle les biotechs émergent à vitesse grand V.

Digérer les récentes acquisitions

En parallèle, Servier ne s’interdit pas des acquisitions. Le laboratoire français a ainsi réalisé trois rachats majeurs ces dernières années : la branche oncologie de Shire en 2018 pour 2,4 Mds$ (1,9 Md€) la société de biotechnologie danoise Symphogen en juin 2020 et enfin la division cancérologie d’Agios Pharmaceutical à Boston en avril 2021. Le but : reprendre les médicaments commercialisés ou en développement des sociétés acquises et/ou leurs équipes de recherche. C’est une autre manière pour le laboratoire français d’avoir accès à l’innovation.

Ainsi le rachat des actifs d’Agios lui a permis de constituer à Boston un hub dans la médecine de précision en oncologie. Outre la reprise de l’équipe scientifique, la transaction comprenait le transfert à Servier de l’ensemble du portefeuille et du pipeline R&D en oncologie de la société américaine, en particulier de Tibsovo (ivosidenib), Idhifa (enasidenib), co-promu avec Bristol Myers Squibb aux États-Unis, ou encore Vorasidenib, un double inhibiteur expérimental à pénétration cérébrale des mutations IDH1 et IDH2, actuellement en phase 3. Selon les termes de l’accord, Agios a reçu un versement initial de 1,8 Md$ (1,5 Md€) de la part de Servier et pourrait toucher en paiement d’étape réglementaire 200 M$ (172 M€) supplémentaires, ainsi que des redevances sur les ventes.

Bien garnie aussi, la corbeille de Symphogen comprenait un pipeline de programmes oncologiques et d’immuno-oncologie, ainsi qu’une plateforme technologique de découverte et de développement d’anticorps. Cette biotech danoise, fondée en 2000, comptait 95 employés dont 81 % en R&D. Intégrée à 100 %, elle est devenue aujourd’hui le centre d’excellence de Servier, dans les anticorps monoclonaux et bi-spécifiques pour la cancérologie, une expertise que le management souhaitait internaliser.

A ce stade, Servier, qui investit chaque année en R&D plus de 20 % de son CA (hors génériques), ne prévoit pas d’importants rachats sur un périmètre mondial, en tous cas dans un avenir proche…    


Trois partenariats au crible 

Le syndrome de Sjögren avec OSE

Le partenariat avec OSE Immunotherapeutics remonte à décembre 2016. Il porte sur une option de licence en deux étapes pour acquérir les droits mondiaux exclusifs d’OSE-127, un anticorps monoclonal, jusqu’ à la finalisation d’une étude de phase 2. Le montant total pourrait atteindre 272 M€ en fonction des étapes de développement clinique, d’enregistrement et de ventes.

Newsflow : En août a eu lieu l’inclusion du premier patient dans l’essai de phase 2 du candidat médicament OSE 127/S95011 dans le syndrome de Sjögren. Le partenariat porte aussi sur le développement de cette molécule dans la rectocolite hémorragique.

Parkinson avec Oncodesign

La collaboration avec Oncodesign date de 2019. La société biopharmaceutique a touché 2 M€ en juin 2021, portant à 13M€ le total perçu par la biotech jusqu’ ici. Le partenariat avec Servier, prévoit un montant maximum de 320 M€ en paiements d’étapes, hors redevance sur les ventes.

Newsflow : Le candidat médicament, actuellement en phase pré-clinique, pourrait entrer en phase clinique dès 2022. Il est destiné aux patients atteints de la forme familiale de la maladie de Parkinson, porteurs des mutations de LRRK2.

Maladies neurodégénératives avec MJJ Biotech

L’accord de recherche et option de licence exclusive avec Guangdong Maijinjia Biotechnologies (MJJ Biotech) a été conclu le 7 octobre 2021. Il s’agit de développer une nouvelle thérapie pour le traitement des maladies neurodégénératives rares. La biotech chinoise recevra jusqu’ à 35 M€ pour le droit d’option ainsi que des paiements d’étapes, de développement et réglementaires.

Newsflow : MJJ Biotech est propriétaire d’une technologie exclusive utilisant des oligonucléotides courts fortement modifiés (Blockmirs). Après la sélection de candidats Blockmirs actifs réalisée par MJJ Biotech en collaboration avec Ranger au Danemark, Servier aura la possibilité de développer et de commercialiser de nouvelles solutions thérapeutiques basées sur cette technologie.


 Kurma, un autre vecteur D’INNOVATION 

A date, Servier a fait le choix de ne pas être propriétaire d’un fonds d’investissement coprorate. Le laboratoire est partenaire de la société de capital-risque Kurma Partners, (Lire Biotech Finances n° 958 du 21 septembre 2021, « KURMA RACHETE PAR EURAZEO »). Cela lui permet d’investir dans des start-ups à travers notamment Kurma Biofund III dans lequel Servier a souscrit. L’objectif du groupe pharmaceutique consiste à suivre de près les sociétés du portefeuille de Kurma, avant d’envisager éventuellement la signature d’un partenariat en ligne avec sa stratégie.

160 collaborateurs dédiés aux allianceS

Côté organisation, l’activité de business development de Servier, en charge des licences, acquisitions, intégration des actifs, est scindée par domaines thérapeutiques : oncologie, cardiovasculaire, neurosciences et immuno-inflammation. Des responsables de transaction sont chargés de l’exécution des licences, des opérations de M&A, ou encore des alliances. Travaillant de concert avec les départements juridique et financier, chacune des grandes fonctions (franchise par domaine thérapeutique, R&D, médical…) compte des personnes dédiées à la due diligence, à l’analyse et l’évaluation des projets. Au total, cela réprésente une communauté mondiale de 160 collaborateurs.


Au côté, d’Eric Falcand, VP global business developement :

Olivier Ma dec, Global Head of M&A and Venture Investments

Frédéric Scaerou, Head of Global Business Development Oncology

Barbara Van Wissen-Boschet, Alliance Management Director

Chloé Leprêtre, Research Transactions Director

Shane Maloney, Global Head of Transactions

 

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