La vente de son Priority Review Voucher (PRV, bon d’examen prioritaire) pour 95 millions d’euros apporte une bouffée d’argent frais à Valvena, qui en avait bien besoin. D’ailleurs, la bourse a accueilli la nouvelle plus favorablement puisque le titre a enregistré une hausse spectaculaire. Si vous n’êtes pas familier de ce mécanisme de la FDA, quelques explications s’imposent. Tout d’abord, le bon d’examen prioritaire est accordé à une société qui vient de se voir accorder une autorisation de mise sur le marché. Ce qui est le cas de Valneva, qui en novembre dernier a reçu le feu vert de l’agence étatsunienne pour IXCHIQ, le premier vaccin vivant atténué à injection unique contre le chikungunya. Consécutivement à cette autorisation accélérée, Valneva a pu bénéficier d’un bon de revue prioritaire, sorte de « gros plus » initialement destiné pour les industriels pour les inciter par cette mesure facilitatrice à développer des médicaments dans les maladies tropicales négligées. Actif depuis 2007, ce programme qui a été amendé en 2012, pour y introduire les maladies pédiatriques rares, donne lieu aujourd’hui à une véritable bourse d’échange des PRV, puisque les PRV sont transférables. Le prix du bon est certes fixé par l’offre et la demande, mais plusieurs éléments concourent à sa valeur, notamment la durée de vie effective du brevet et la prolongation apportée par le PRV, l’accélération de ventes consécutives à l’utilisation du PRV ainsi que la précocité d’entrée sur le marché consécutive à l’usage du PRV. En effet sur les quelque 31 PRV accordés fin 2019 par la FDA, près d’une vingtaine ont été vendus à des tiers pour des montants oscillants entre $67 et $350 millions de dollars (cf. GAO, Government Accountability Office US). Ainsi le gain de temps apporté par le PRV au détenteur du bon, qui rappelons-le offre la possibilité d’entrer dans une procédure accélérée, peut permettre de gagner des millions de dollars. Pour la FDA, l’accélération induite par le PRV est une incitation économique peut-être suffisante pour amener l’industrie pharmaceutique à s’intéresser à des pathologies trop souvent délaissées. Comme nous l’évoquions dans ces mêmes colonnes, il y a quelques semaines, avec des outils de ce type, la FDA apparaît bien plus comme un partenaire que comme un simple arbitre.




