Europe, Etats-Unis et puis le reste du monde. Le chemin de croissance de la technologie de Sonio, un dispositif qui fait appel à l’IA pour détecter et diagnostiquer les anomalies lors des échographies prénatales, quand aujourd’hui 50% ne le sont pas, est tout tracé. La medtech a finalisé cette semaine une levée de série A de 13 M€. Ce tour de table a été mené par le fonds canadien Cross Border Impact Ventures avec l’EIC Fund, les historiques Elaia, Bpifrance, OneRagtime et les business angels Dominique Gaillard (ancien président de France Invest), Alain Decombe (Dechert) et Yann Fleureau (fondateur de Cardiologs). Cette medtech utilisera les fonds pour le développement de sa solution SaaS, pour son expansion commerciale aux États-Unis et pour adapter sa technologie pour l’usage d’échographes portatifs. Sonio, a été créée en 2020 par Cécile Brosset et Rémi Besson. « La techno est vraiment très robuste, » souligne Céline Passedouet, Investment Manager chez Elaia, un investisseur de la première heure dans la start-up. « Elle est la concrétisation de l’expertise d’une équipe de Necker et apporte beaucoup de valeur ajoutée aux utilisateurs par rapport aux solutions existantes. »

Faire reculer la mortalité maternelle
Le dessein ultime de l’entreprise Sonio est d’offrir des soins de qualité à toutes les femmes et à tous les enfants, y compris dans les régions les plus pauvres, particulièrement touchées par la mortalité maternelle. Sur les 287 000 femmes décédées dans de telles circonstances en 2020, 70% ont été enregistrées en Afrique subsaharienne. Sonio veut mettre à disposition des fabricants d’échographes portatifs sa technologie pour permettre au personnel soignant de réaliser partout dans le monde des échographies sur des standards de qualité élevés et vérifiés. Mais en attendant, le déploiement passe d’abord par l’Europe et les Etats-Unis. « Le marché des experts en Europe leur a permis d’avoir une première légitimité avec des preuves d’efficacité sur les cas les plus compliqués, » note Céline Passedouet. « L’expansion passe par les Etats-Unis qui ne sont pas vraiment équipés aujourd’hui en solutions logicielles pour l’échographie et que Sonio commence à adresser aujourd’hui. Enfin, à plus long terme, l’entreprise peut aussi compter sur les pays émergents avec une offre technologique plus simple d’utilisation et miniaturisée ». De quoi nourrir un business plan conséquent. Reste un point fondamental. Comme toutes les technologies faisant appel à l’intelligence artificielle, la réussite passe en outre par la solidité, la consistance de la base de données et la façon de l’alimenter. Sur ce point Sonio reste discrète dans sa communication.
BG





