Cofondé par Aloé Private Equity, Audacia, et Sorbonne Université ce fonds d’investissement dédié à la deep tech-santé entend rassembler rapidement 100 M€.
C’est un nouveau fonds qui compte s’appuyer sur l’excellence de la recherche menée par les universités parisiennes en matière de deeptech et de santé. Cofondé par Audacia, Aloé private Equity et Sorbonne Université, Sorbonne Venture compte s’appuyer sur l’excellence de recherches menées au sein des différentes composantes de l’université parisienne et de la vivacité des start-ups qui en naissent pour faire progresser l’écosystème français alliant santé et sciences de la donnée.
« Avec Sorbonne Université, nous disposons de possibilités d’investissements très importantes et diversifiées« , plaide le Dr Florence Allouche-Aknin, associée d’Aloé Private Equity au côté de Jean-Pascal Tranié. « Au classement de Shangaï, elle se classe troisième en mathématiques, 16ème en physique ou encore troisième en océanographie« , renchérit-elle, tout en précisant que les entreprises issues de la Sorbonne ou de ses partenaires ne seront pas les seules accompagnées par ce fonds.
Pour Charles Beigbeder, président d’Audacia, très investi dans le financement de la deeptech, « ce partenariat d’exception est solidement ancré dans une vision partagée. Au travers des avancées technologiques issues des instituts et centres d’excellence académique, Sorbonne Venture est prêt à jouer un rôle majeur dans la promotion de l’innovation Deeptech en santé et contribuer à la réduction de l’impact environnemental de l’industrie de la santé. »
Pour Sorbonne Université, qui mettra également la main à la poche pour nourrir le fonds d’investissement, il s’agit d’une opportunité de voir son expertise ainsi reconnue par le monde du capital risque, mais également une manière de valoriser sa politique jusqu’ici mise en œuvre pour valoriser l’entrepreneuriat chez ses enseignants-chercheurs maison ou issus de laboratoires associés, mais aussi d’étudiants.
En quête de labellisation « Tibi 2 »
L’ambition de Sorbonne Venture est de lever 100 M€ d’ici la fin de l’année 2024, ce qui lui permettra de financer une quinzaine d’entreprises depuis la pré-seeds et d’aller jusqu’à poursuivre l’investissement, de façon minoritaire, jusqu’en Série A. Ainsi, en fonction de l’état d’avancée de la société accompagnée, Sorbonne Venture pourra investir des tickets « allant de 300 k€ à 7 M€« , détaille Florence Allouche-Aknin.
Outre des family office, les fonds d’investissement fondateurs de Sorbonne Venture se sont mis en quête d’investisseurs institutionnels et discutent notamment avec des établissements bancaires. Ils espèrent ainsi recevoir une labellisation « Tibi 2 » accordée par le gouvernement français et lancée cet automne. Cette initiative portant le nom de Philippe Tibi, l’économiste porteur de ce projet au ministère de l’Economie et des Finances, vise « à accroître notre capacité de financement des entreprises technologiques, en mobilisant l’épargne des investisseurs institutionnels, au premier rang desquels les assureurs« , annonce le ministère.
Entre 2020 et 2022, dans le cadre de l’initiative « Tibi 1« , 23 investisseurs institutionnels avaient ainsi engagé 6 Mds€ dans 67 fonds de capital-investissement late stage et dans des fonds d’actions cotées établis en France. Mobilisant 7 Mds€, l’initiative « Tibi 2« , outre des entreprises avancées dans leur développement, vise également à valoriser cette fois des fonds early stage.
Sorbonne Venture espère la labellisation, d’autant qu’elle coche également les cases « santé » et « deep tech » que l’Etat français affirme vouloir soutenir dans un souci de souveraineté… A suivre.
A ce jour, « une dizaine de millions d’euros » a été sécurisée par Sorbonne Venture qui entend se rapprocher de Limited partners, c’est-à-dire des investisseurs qui ne seront pas en charge de la gestion. Il n’attendra pas la levée totale de 100 M€ pour investir.
D’ores et déjà, chacun des fonds cofondateurs apporte au sein de Sorbonne Venture deux entreprises qu’ils ont déjà accompagnées à ce jour. Il s’agit de Polygon Therapeutics, une biotech en cardio-immunologie, spin-off de l’Inserm, qui ambitionne d’améliorer la prise en charge des pathologies cardiovasculaires en ciblant et régulant les réponses immuno-inflammatoires et d’Austral DX, une medtech développant un dispositif médical basé sur les ultrasons aéroportés aux fins d’améliorer le diagnostic et le suivi des maladies pulmonaires et cardiaques.
Guillaume Mollaret






