
Fondée par Truffle Capital, en avril 2021, SpikImm est née d’une licence exclusive et mondiale portant sur plusieurs anticorps monoclonaux, issus de l’Institut Pasteur. SPK001, son traitement le plus avancé, est développé en prophylaxie pré-exposition contre le SARS-COV-2, pour les patients immunodéprimés (transplantés et atteints d’un cancer). Les besoins sont élevés et le marché important. « Quelque 10 millions de malades en Europe et aux Etats-Unis sont immunodéprimés, faiblement répondeurs ou non éligibles à la vaccination Covid-19, et à hauts risques d’être infectés et de développer une forme grave de la maladie. D’où l’importance de les protéger », souligne Philippe Pouletty, directeur général de Truffle Capital, co-fondateur et président de la start-up. Pour l’heure, seul l’anticorps monoclonal Evusheld d’AstraZeneca a obtenu une autorisation de mise sur le marché français en prophylaxie du SARS-CoV-2. Les premiers résultats de la phase 1 (24 volontaires sains) sur SPK001, qui devrait bientôt s’achever, s’annoncent prometteurs, sans aucun effet secondaire. La phase 2 incluant 300 patients immunodéprimés devrait débuter en février.
Accès précoce en vue
« En fonction des résultats, escomptés au printemps 2023, l’entreprise pourrait demander une autorisation d’accès précoce en France », précise Philippe Pouletty. C’est le LFB qui assure la production des lots des anticorps pour la phase 1 actuelle, de même que la phase 2 à venir. Après une mise de départ de 8 M€ par Truffle Capital, des demandes de subventions auprès de Bpifrance sont en cours d’examen. L’ouverture d’un prochain tour de table, à hauteur de 15 à 20 M€, est prévu dans les mois à venir. Parallèlement, « des discussions sont initiées avec de grands laboratoires pharmaceutiques pour un partenariat de long terme, » précise son président. La biotech, qui a aussi noué un contrat de collaboration avec le laboratoire d’Immunologie Humorale de l’Institut Pasteur, dirigé par le Hugo Mouquet, entend évaluer le développement de la combinaison du SPK001 et du SPK002 afin de couvrir largement les variants d’aujourd’hui et de demain, et de nouveaux anticorps monoclonaux contre d’autres virus respiratoires.
Christine Colmont.

