Créée en 2020, StromaCare fonde sa promesse sur l’universalité de la découverte : celle d’une cible dans le milieu extracellulaire (stroma) qu’il s’agit d’inhiber. Après une première levée de fonds de 1,5 M€ en février 2022, l’ambition est d’en réaliser une prochaine de 15 M€ qui permettra de lancer début 2024 une phase 1 d’essai clinique pour un produit dans différents types de cancers.
Commun à tous les cancers solides (pancréas, sein, ovaire, foie, etc.), le stroma “gonfle”
avec l’excrétion de facteurs solubles produits par l’inflammation liée au processus de mort cellulaire des cellules cancéreuses. “La réaction stromale est plus ou moins importante en fonction des tissus et peut représenter jusqu’à 90% du volume tumoral dans le cas du cancer du pancréas” explique Anca Hennino, biologiste immunologiste, directeur de recherche (Inserm/ Centre Léon Bérard) à l’origine de la découverte et co-fondatrice de StromaCare dont elle est CSO. “Le stroma n’est pas un milieu inerte mais agit comme une barrière physique contre le système immunitaire (SI)” précise-t-elle, indiquant par la même que moduler le stroma peut réarmer le SI pour lui laisser jouer son rôle dans l’élimination de la tumeur. La stratégie développée, brevetée au niveau mondial, consiste à utiliser des anticorps monoclonaux mAbs 18B3 dirigés contre la protéine βig-h3 sécrétée en excès [voir schéma]. L’effet est double : normalisation du microenvironnement et rétablissement de l’activation immunitaire des lymphocytes CD8+ grâce à une meilleure pénétration de la tumeur.
Projet de classe mondiale
“Historiquement, les travaux de recherche ont ciblé le cancer du pancréas mais la preuve de concept a été réalisée dans différentes indications thérapeutiques et sur plusieurs modèles animaux”, déclare Pierre-Olivier Goineau, CEO de la société, séduit par l’universalité du mécanisme. Aussi, l’essai de phase 1 qui doit démarrer d’ici 18 mois, inclura entre 80 à 100 patients, dont une vingtaine pour chacune des 4 indications choisies. Outre le cancer du pancréas, 3 autres pistes seront sélectionnées parmi l’hépatocarcinome, le mélanome, le cancer du sein, de l’ovaire ou de la vessie.
“Nous attendons avec intérêt le retour de l’EMA qui validera la stratégie globale” déclare Pierre-Olivier Goineau, confiant pour son tour A à venir au regard des résultats accumulés. Le fort challenge de StromaCare a rapidement permis de fédérer business angels et VCs [Voir encadré] autour de l’équipe (actuellement de 6 personnes) dont Pierre-Olivier Goineau, ancien CEO/COO Erytech Pharma et Anca Hennino, qui affiche 20 ans d’expérience dans la recherche en immunologie et s’est distinguée iAward Sanofi, iLab. “Il s’agit d’un projet de classe mondiale car nous avons identifié un mécanisme unique dans le microenvironnement tumoral qui fonctionne dans la plupart des cancers solides de la même manière”, insiste le CEO, soulignant que la stratégie ne repose pas sur une micro-cible mais sur un mécanisme ubiquitaire. “Nous agissons sur la composante stromale pour booster le système immunitaire contre la tumeur et non sur la tumeur elle-même avec un traitement cytotoxique” précise Anca. Si StromaCare bénéficie d’un fast-tract, un premier produit pourrait arriver sur le marché à l’horizon des 6 ans ! Une opportunité qui pourrait allécher directement l’industrie.
Nathaly Mermet
Sur les rails
Le premier tour de table clôturé en février 2020 a permis une levée de fonds totale de 3,6 M€, dont 2,1 M€ de prêt long terme non dilutif et 1,5 M€ d’augmentation de capital dilutif auprès des principaux VCs (Turenne Capital, Kreaxi) et Business Angels (Roland Sackers, Luca Bolliger, Thierry Bernard). L’essai qui doit démarrer d’ici 18 mois est donc conditionné par la levée de 15 M€ attendue mi 2023, sachant que la fabrication de lots cliniques est en phase de finalisation et que le plan de tox est prêt.


