La biotech dijonnaise apporte à la société belge cotée son programme contre la fibrose pulmonaire en échange de l’émission d’actions nouvelles.
Changement de cap pour TheraVet et accélération pour H4Orphan. Société belge cotée, orientée vers la santé animale, la première nommée, valorisée à moins d’un million d’euros, est à court de cash, tandis que le laboratoire dijonnais, qui mènera l’an prochain un essai clinique de phase II contre la fibrose pulmonaire idiopathique en Belgique, a trouvé, au travers des équipes et de la localisation de TheraVet, une opportunité d’installation outre-Quiévrain, avec un apport d’actifs estimé à 14 M€.
« Nous avons été très bien reçus par la communauté médicale et de recherche en Belgique. Il y a là pour nos projets l’opportunité de conduire un développement très efficace, mais aussi de sortir de l’anonymat« , explique à Biotech Finances Gaëtan Terrasse, PDG d’H4Orphan.
Pour TheraVet, dont 95 % du capital appartiendra à H4Orphan et dont le management devrait également lâcher les rênes de l’entreprise, c’est la fin d’une aventure dans la santé animale. Une fois l’opération validée par ses actionnaires, la société changera de nom pour devenir Egeiro Pharma.
Repositionner des molécules thérapeutiques au profil de sécurité très élevé
Société dont l’objectif est de développer des médicaments pour des maladies rares telles que la fibrose pulmonaire idiopathique et la maladie de l’œil sec, H4Orphan a, depuis sa création en 2016, adopté la stratégie de repositionner des molécules thérapeutiques ayant un profil de sécurité très élevé. Pour son programme le plus avancé, dans la fibrose pulmonaire idiopathique, qui entrera en phase II dès 2025, elle a synthétisé la Noscapine, une substance active tirée du pavot, aux qualités antitussives reconnues depuis plusieurs décennies dans d’autres applications. H4Orphan entend désormais la destiner à cette pathologie rare qui touche un peu plus de 220 000 patients en Europe et aux États-Unis, et pour laquelle il n’existe actuellement aucun traitement curatif.
Boehringer et Roche commercialisent deux médicaments, respectivement baptisés Ofev et Esbriet, mais, selon les éditions Vidal, « leur efficacité sur les critères fonctionnels est limitée, et peu claire sur les critères cliniques (délai d’aggravation, mortalité…)« . Il y a donc une place à prendre sur un marché d’un montant de 4,5 Mds$ environ, avec une perspective de croissance « de 8 à 12 % au cours des cinq prochaines années« , selon H4Orphan.
« Nous espérons une mise sur le marché d’ici 2028/2029« , poursuit Gaëtan Terrasse, dont l’entreprise n’a pas vocation à porter elle-même ce projet de médicament administré par voie orale jusqu’aux pharmacies hospitalières.
Biotech à part sur le plan financier, H4Orphan a jusqu’ici financé son développement grâce à ses cofondateurs, qui détiennent 91 % du capital, ainsi qu’à un family office. Le tout pour un montant d’environ 3 M€, répartis entre les actionnaires, des subventions et des avances remboursables de Bpifrance. Pour financer sa phase II, les fondateurs-actionnaires — tous pharmaciens et médecins, à l’exception d’Emmanuel Huyn, par ailleurs directeur général de la société de communication financière Newcap — ne comptent pas davantage ouvrir le capital, mais réinvestir, tout en comptant sur des financements publics belges, notamment.
Guillaume Mollaret





