C’est une rentrée en fanfare pour les medtechs françaises ! Tissium dont la technologie est issue du MIT à Boston a dévoilé cette semaine une levée de 50 M€. Cette série C lui permettra d’aller jusqu’à la commercialisation de ses premiers polymères biomorphiques dédiés à la reconstruction de tissus humains. Le tour de financement entre dans le palmarès des plus belles opérations à porter sur le compte d’une medtech française. Il été bouclé en à peine 3 mois.
Best of both world
Un risque calculé propre au secteur de la medtech et les potentiels de valorisation et de diversification des plateformes généralement associés aux biotechs ont emporté la conviction des participants à l’opération.
Cathay Health figure parmi les nouveaux entrants et prend le lead. Sofinnova Partners engagé quasiment dès l’origine de la société reste majoritaire et entraine les actionnaires historiques avec lui. S’y ajoutent une dizaine de nouveaux investisseurs internationaux venus de Suisse, d’Asie, du Moyen-Orient et des Etats-Unis. « Tous partagent notre vision long terme et l’envie de soutenir une plateforme qui doit permettre de changer tout un pan de l’industrie de la reconstruction des tissus humains en créant plusieurs familles de produits » note Christophe Bancel, Pdg et co-fondateur de Tissium.
Un marché adressable de 8 Mds$
La solidité du modèle et les potentiels de la société dont le marché adressable initial serait de 8 Mds$ au regard du business plan a de quoi susciter l’enthousiasme. « Il s’agit d’un moment important pour Tissium » souligne Antoine Papiernik, Président de Sofinnova Partner. « L’entreprise change d’échelle et de complexité, elle doit recruter des personnes qui savent faire le late-stage règlementaire et la précommercialisation », ajoute-t-il. Le tout devra être mené tambours battants. « Nos équipes sont mobilisées en parallèle sur trois verticales dans le nerf périphérique, la réparation des hernies ventrales et le cardiovasculaire avec pour chacune d’entre-elles 2 programmes en développement au minimum », souligne Christophe Bancel. Et d’ajouter : « l’objectif est de déposer la demande d’autorisation auprès de la FDA en 2022 pour notre produit axé sur le nerf périphérique afin d’entamer la commercialisation en 2023. Nous espérons enchaîner avec les ventes des produits en cardiovasculaire en 2024 et pour les hernies ventrales en 2025 ». Une commercialisation qui devrait suivre un modèle hybride en direct pour le nerf périphérique et via des partenariats pour les deux autres produits.
Au-delà, d’autres ambitions se profilent pour cette entreprise qui dispose de son unité de production à Roncq dans les Hauts de France et emploie 75 personnes. Côté programmes, elle pourrait ainsi se déployer dans le temps en neurochirurgie, en ORL et en chirurgie digestive. Mais elle travaille également sur les évolutions de ses polymères pour répondre à des problématiques sur d’autres organes. De quoi remplir un planning déjà intense en attendant l’IPO qui ne manquera pas de se produire à moyen terme.
Plan financier
119,50 M€ de levées
Déc. 2013 : 8 M€ série A
Mars. 2016 : 22,5 M€ série A2
Nov. 2019 : 39 M€ série B
Août. 2021 : 50 M€ série C





