La biotech strasbourgeoise a bouclé cette semaine, en moins de 24 heures, une levée d’environ 105 M€, très majoritairement auprès de ses actionnaires historiques.
Un mois après la plus grosse levée de fonds pour une biotech française en 2025 (105 M€), signée par la jeune pousse marseillaise Adcytherix, la doyenne alsacienne, fondée en 1980, l’imite en finalisant une opération d’un montant sensiblement équivalent.
Le tour de table record de Transgene se compose d’un
placement privé principalement souscrit par ses actionnaires historiques – dont l’Institut Mérieux, la holding de la famille Mérieux, via TSGH (86 M€), et deux actionnaires existants, dont le Groupe Dassault via SITAM Belgique, pour un montant de 5 M€ chacun – ainsi que d’une offre au public destinée à des investisseurs particuliers, via la plateforme PrimaryBid, pour 1,3 M€.
« Au-delà de la confiance de nos actionnaires partenaires, nous sommes heureux d’avoir pu ouvrir cette levée de fonds aux petits porteurs, mais aussi à de nouveaux investisseurs institutionnels français, européens et même américains, dont certains avec des tickets conséquents, ce qui montre l’intérêt qu’ils portent à notre potentiel, malgré un contexte de marché extrêmement difficile en Europe », se félicite Lucie Larguier, la directrice financière de Transgene.
En outre, la filiale de l’Institut Mérieux (qui contrôlait déjà 69 % du capital de Transgene) a également procédé à une augmentation de capital d’un montant d’environ 39,3 M€, réservée à TSGH. Souscrite au même prix par capitalisation de son avance en compte courant, celle-ci permet ainsi à l’actionnaire majoritaire de Transgene de monter à 78 % du capital, tout en réduisant quasiment en totalité sa dette. Au total, les deux opérations ont donc été réalisées par l’émission d’un peu plus de 141 millions de titres, au prix de 1,02 euro par action, soit une décote de 25 %.
Mise sur le marché après 2030
Désormais financée jusqu’en 2028, la pionnière alsacienne, cotée depuis 1998, compte utiliser le produit de cette levée de fonds à hauteur de 70 % pour accélérer son programme « myvac » de vaccins thérapeutiques individualisés à destination des malades en phase précoce de tumeurs solides avec risque de rechute, tandis qu’environ 20 % seront consacrés à financer les coûts actuels de R&D et à accroître la capacité de production de son site strasbourgeois (160 collaborateurs). « Nous prévoyons en priorité d’achever l’étude randomisée de phase 2 de notre vaccin individualisé dans l’indication du cancer de la tête et du cou, avec les premières données d’analyse d’efficacité d’ici fin 2027 ou tout début 2028 », précise le Pdg de Transgene, Alessandro Riva. « En parallèle, nous préparons également, dès la fin 2027, l’étude pivotale visant à obtenir son enregistrement par les agences de santé, pour une possible mise sur le marché après 2030. »
Le vaccin individualisé néoantigénique TG4050 contre le cancer de la tête et du cou de Transgene concerne à lui seul une population cible d’environ 20 000 patients par an en Europe, aux États-Unis et au Japon, soit un marché supérieur à un milliard d’euros. Mais la biotech s’apprête également à lancer un essai de phase 1 de sa technologie dans une indication « très différente », qui sera précisée au premier semestre 2026. « Nous aspirons à devenir un acteur clef de la thérapie vaccinale individualisée contre les tumeurs solides en phase précoce, un marché significatif, dans une course avec des groupes biotech de premier plan comme Moderna ou BioNTech », anticipe Alessandro Riva.
Pierre Havez
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« Nous aspirons à devenir un acteur clef de la thérapie vaccinale individualisée (…) dans une course avec des groupes biotech de premier plan comme Moderna ou BioNTech. »
Alessandro Riva, le Pdg de Transgene.






