64 M€ pour son tour B à peine trois ans après sa création avec, entre temps, un seed de 600 K€ bouclé en décembre 2019, une série A de 6,5 M€ en mai 2019 et près de 2,9 M€ de fonds non dilutifs décrochés en septembre 2019(1) ! La bordelaise Treefrog therapeutics qui opère dans la production à grande échelle de cellules souches pluripotentes (iPSC) grâce à sa technologie exclusive d’encapsulation en trois dimensions, C-Stem, vient de conclure une superbe levée.
Une levée qui aurait pu doubler
Le road show aura pris à peine plus de 6 mois auprès d’investisseurs long terme et à poches profondes. Pour ce nouveau financement, on retrouve le français Bpifrance Large Venture, lead sur le tour, l’américain Leonard Green & Partners, Bristol Myers Squibb via son fonds corporate stratégique et les actionnaires historiques Xange, Aquiti gestion, Irdi Capital Investissement, Galia Gestion, la SATT Aquitaine Science Transfert et BNP Paribas Développement. L’enthousiasme autour de la technologie de cette start-up qui a réussi – en avril dernier – le tour de force de produire 15 milliards de d’iPSC à partir d’un seul lot de 50 millions de ces mêmes cellules en 6 jours et demi avec une qualité de premier ordre était tel qu’elle aurait pu collecter plus du double des sommes annoncées. Mais à raison gardée, elle a choisi la solution la plus équilibrée lui permettant de construire des bases solides avec ses trois cofondateurs Kevin Alessandri, Maxime Feyeux et Jean-Luc Treillou. Ces derniers restent les plus gros actionnaires après cette série B qui est aussi l’occasion d’annoncer la nomination d’un nouveau Président, Frédéric Desdouits jusqu’alors membre du board.
Implantation aux Etats-Unis
Ses nouvelles capacités financières devraient permettre à Treefrog, 50 salariés, de renforcer ses effectifs et sa production en France. Il est aussi question d’ouvrir deux laboratoires à l’international. Le premier sera lancé début 2022 aux Etats-Unis à Boston. Placé sous la direction de Kevin Alessandri, il emploiera une dizaine de personnes et devrait être spécifiquement orienté sur la thématique iPSC et immuno-oncologie. Le second ouvrira au Japon à Kobe et pourrait recruter jusqu’à 5 personnes avec un champ d’interaction différencié de celui de Boston.
Au-delà, Treefrog entend surtout se concentrer sur ses programmes propriétaires, notamment dans la maladie de Parkinson (Lire aussi le grand angle pages 6-7). Ce dernier devait entrer en préclinique réglementaire l’année prochaine et mobilisera entre 15 et 20 M€ de budget pour aller chez l’homme en 2024 avec l’inclusion espérée d’un premier patient à cette date. L’entreprise souhaite également décrocher de nouveaux partenariats de co-développement. « Nous signons toutes les semaines des accords de confidentialité » assure Frédéric Desdouits, qui ajoute : « A ce jour, nous avons deux projets en cours avec deux industriels qui testent notre technologie. Le graal serait d’avoir dans trois ans un portefeuille thérapeutique avec 2 programmes en propre, Parkinson compris et par ailleurs deux partenariats industriels confirmés ».
Une feuille de route chargée passant aussi par le renforcement permanent du device C-Stem qui devrait obtenir sa qualification GMP d’ici quelques mois. De quoi retenir l’attention d’un acteur – un partenaire producteur – capable d’exploiter la technologie pour servir le marché de cellules souches en masse et décupler plus encore la puissance de feu de Treefrog.
(1) 450 K€ i-nov innovation challenge / 2,4 M€ EIC accelerator.





