Lorsqu’en décembre 2021, Francis Collins quitta, après 12 années bien remplies, son poste de directeur des NIH (National Institutes of Health), l’ensemble de l’écosystème se désola. Non seulement pour le départ d’un brillant scientifique, qui avait été l’une des chevilles ouvrières de l’aventure du séquençage du génome humain, mais aussi pour les atermoiements qui n’allaient pas manquer pour la nomination du remplaçant à ce poste hautement politique. Et dans les faits, l’administration Biden mit tout de même une année pour nommer le Dr Monica Bertagnolli comme 17ème directeur de l’institution et seconde femme à occuper ce poste après Bernadette Healy. Cette quasi-absence des femmes dans la gestion des activités scientifiques liées à la santé nous a interpellé et a suscité une interrogation sur la situation française. Malheureusement, nous ne sommes pas mieux lotis, puisque le pendant français des NIH, l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (l’Inserm), n’a vu une femme prendre sa direction que durant un passage intérimaire. En effet en 2018, à la suite d’un scandale, Claire Giry, directrice générale déléguée, devint PDG par intérim pour un court trimestre. Il est tout de même un peu incompréhensible que dans les deux ministères (Recherche, Enseignement supérieur, etc. et Solidarités/Santé), qui veillent jalousement aux destinés de notre Institut, il ne se soit pas trouvé un quelconque conseiller, chef de cabinet ou encore mieux directeur de cabinet pour se questionner tout comme nous. Étrange ! Certes le CNRS a vu se succéder, comme directrices générales, Catherine Bréchignac, Geneviève Berger et dans une moindre mesure Anne Peyroche (PDG par intérim), qui ont toutes marqué l’institution. Alors pourquoi pareille chose n’est-elle pas possible au niveau de l’établissement public à caractère scientifique et technique spécialisé dans la recherche médicale, qu’est l’Inserm ? Les chiffres nous disent qu’en 2019, les femmes représentaient 32% de l’ensemble des personnels de recherche et 28% des chercheurs. Au sein même de l’institution dont nous parlons, elles représentent même 53% de l’effectif des chercheurs. Fi du conservatisme et soyons audacieux ! Il est aujourd’hui plus que temps de se poser la question de savoir non pas si il y aura une femme à la présidence de l’Inserm, mais quand ?




